La prévention spécialisée intervient sur des secteurs géographiques déterminés. Ces secteurs ont pour caractéristique commune de comporter ou d'accueillir de façon régulière des groupes de jeunes marginalisés ou en voie de marginalisation, vivant des situations de ruptures familiales, scolaires, sociales, professionnelles et/ou culturelles. 

La prévention spécialisée se distingue de l'ensemble des interventions sociales ou éducatives par une démarche et une méthodologie spécifiques d'intervention basée sur une pratique de terrain appelée "travail de rue", point de départ des accompagnements sociaux et éducatifs dans une approche globale du public visé.

Le partenariat est une conséquence logique de l'exercice de la mission lui incombant. Il est une nécessité pour les acteurs de prévention spécialisée. Les associations, promoteurs de projets, cherchent le relais sur le quartier et/ou la collaboration avec d'autres parttenaires pour leur réalisation.

La population suivie par les équipes de rue doit à terme s'intégrer dans le dispositif destiné à tous (école, emplois, loisirs...). L(action éducative des équipes de prévention est donc conduite avec l'ensemble des professionnels et partenaires pouvant être concernés. Cette caractéristique ("aller vers") implique le respect de trois principes fondamentaux, complémentaires les uns des autres :

  • La libre adhésion : acceptation mutuelle de la relation socio-éducative proposée pour aider les jeunes à trouver ou retrouver une identité, devenir acteur de leur vie et réaliser leur choix de vie au sein de la société.
  • Le respect de l'anonymat : l'exigence de discrétion du travailleur social à l'égard des pouvoirs de contrôle garantit la crédibilité et l'efficacité d'une action basée sur la confiance. La mise en oeuvre de politiques transversales demande une négociation permanente du respect de l'anonymat des jeunes avec les autres acteurs qui interviennent sur la même population. Ce principe doit protéger le jeune et la relation de confiance entamée, essentielle à la construction de sa personnalité; il ne doit pas entraver sa promotion et son insertion souhaitée. Il ne doit pas non plus être utilisé pour soustraire l'action des travailleurs sociaux à toute évaluation ni être reporté sur les travailleurs sociaux eux-mêmes qui ne peuvent alors s'engager dans aucun partenariat constructif.
  • Le mandat non nominatif : les personnes rencontrées ne sont pas désignées nominativement, ni par une instance administrative, ni par une instance judificaire. Le travail de prévention spécialisée repose sur un mandat "collectif" donné par les pouvoirs publics. 

Les intervenants de la prévention spécialisée (salariés et bénévoles) observent ces règles fondatrices dans le cadre des lois en vugueur (notamment celles relatives au secret professionnel et à la lutte contre la maltraitance). 

La prévention spécialisée - qui contribue à l'autonomie et à la socialisation des junes ainqi qu'à la rpévention des conduties à risques et de la délinquance - se distingue de la prévention "généraliste" car elle s'adresse à des catégories spécifiques de la population, à des groupes sociaux menacés, vulnérables et non à l'ensemble des habitants d'une zone géographique.

Son action est inscrite dans le temps car les évolutions individuelles des adolescents ne peuvent se réaliser que dans la durée.