Le Bureau

Le Bureau du Comité de la Prévention Spécialisée de Paris est composé, après son renouvelement à l'Assemblée générale du 12 juin 2017, de :

  • Président : Jean-Marc Steindecker
  • Vice-Président : Jean Rouche
  • Secrétaire :  Bernard Monnier
  • Trésorière : Annie Léculée
  • Représentant du Comité des Directeurs (CST) : Muriel Bouchet

Jean-Marc Steindecker, président de la Fondation Jeunesse Feu Vert a été élu, le 12 juin 2017 au soir, à la présidence du Comité de la Prévention Spécialisée de Paris (CPSP), à la suite de Jean Rouche.

Professeur agrégé de Physique, enseignant à l’IUT de Cachan, Jean-Marc Steindecker connaît bien la Prévention Spécialisée. Il attachera beaucoup d’importance à associer l’ensemble des membres du CPSP aux chantiers importants de cette année et des suivantes. Notamment, le renouvellement des conventions entre l’Aide Sociale à l’Enfance de Paris et les associations qui doit être anticipé avant sa signature courant 2018. Il s’agira également, avec les autres unions départementales d’Ile-de-France, de préparer la mise en place du Grand Paris.


Le Conseil d'administration

Chaque administrateur est porteur de l'ensemble des enjeux et des intérêts de la Prévention Spécialisée de Paris, au-delà de ceux de sa propre association ou fondation. 

Dans cet objectif, les statuts du CPSP précisent que siègent au CA certains des membres, élus pour 2 ans, de l'Assemblée générale. Les administrateurs sont donc eux-mêmes administrateurs de leurs associations, et moins nombreux qu'il n'y a d'associations adhérentes. 

Le Conseil d'administration du Comité de la Prévention Spécialisée de Paris est composé, après son renouvelement à l'Assemblée générale du 12 juin 2017, de :

  •  Administrateurs de leurs associations élus pour administrer le CPSP :
    • Yveline Boukhenaissi
    • Bernadette Jardin
    • Annie Léculée
    • Bernard Monnier
    • Jean Rouche 
    • Jean-Marc Steindecker
  • Représentants du Comité des Directeurs (voix consultatives)
    • Muriel Bouchet
    • Zinn-Dinn Boukhenaissi
    • Chérif Chaouche
    • Véronique Chetaneau.


Le projet

Le Comité de la Prévention Spécialisée de Paris est né de la volonté des associations parisiennes de mettre leurs forces en commun pour :

  • fournir aux équipes éducatives, aux chefs de service, aux directeurs, aux fonctions support le soutien technique dont ils peuvent avoir besoin;
  • promouvoir la Prévention Spécialisée, dans sa diversité, mais aussi dans ses grandes lignes fortes auprès des représentants élus et de l'exécutif du Département de Paris;
  • représenter les associations et fondations adhérentes;
  • participer à la réflexion sur les questions de la jeunesse et apporter une contribution aux politiques publiques par la mise en oeuvre de réponses appropriées à la jeunesse en difficulté;

 Pour cela, le CPSP :

  • Entre en lien avec les partenaires ressources de Paris et d'ailleurs pour que chacun disposent des informations les plus pertinentes dans son exercice professionnel;
  • réalise une veille législative et d'actualité régulière, qu'il diffuse auprès de ses membres;
  • siège là où la présence d'une tête de réseau départemental est utile,via la Déléguée générale et, si possible, le responsable de l'une des Associations ou Fondations membres;
  • promeut les actions de ses Associations et Fondations membres;
  • produit des ressources de communication pour mieux faire comprendre la Prévention Spécialisée, ses enjeux, ses méthodes, ses résultats dans le Département et au-delà;
  •  met en place des formations, conduit des études, des recherches et toutes actions en lien avec les missions des associations et fondations adhérentes. 


Le public de la Prév'

La prévention spécialisée s'adresse, dans leurs lieux de vie, à des préadolescents, adolescents et jeunes adultes aux relations sociales et familiales fragiles et/ou dégradées.

Prioritairement, elle va vers les filles et les garçons de 12 à 21 ans et plus particulièrement les adolescent(e)s de 12 à 18 ans fragilisés par :

  • un sentiment d'exclusion;
  • et/ou l'expérience de la précarité;
  • et/ou l'insuffisance de présence d'adultes référents

qui ne peuvent ou ne veulent s'adresser aux dispositifs habituels d'intégration sociale, culturelle et économique. 

Si la prévention spécialisée veille à la prise en compte des jeunes dont les difficultés s'expriment de façon moins visible dans l'espace public, elle porte une attention toute particulière à celles des jeunes filles.

Elle peut s'adresser, plus ponctuellement, à des populations plus jeunes (notamment les préadolescent(e)s là où se manifestent pour eux des risques d'inadaptation sociale; elle peut aussi poursuivre auporès des jeunes âgés de 21 à 25 ans l'intervention éducative et sociale à défaut de relais possible. 

C'est le cumul de difficultés (sociales, familiales, scolaires...) qui constitue la principale caractérisitique du public de prévention spécialisée. 

Si la priorité de l'action de prévention spécialisée concerne les jeune, elle peut cependant, en accord avec eux, contribuer à la consolidation de l'enviropnnement familiale et du rôle des parents dans leur position d'adulte responsable. Cette médiation est l'une des fonctions éducatives de la prévention spécialisée. 


Les statuts

Les statuts d'une association sont sa colonne vertébrale : ils définissent son ou ses objet(s) ainsi que les grandes lignes de son organisation.


Le pilotage de la protection de l'enfance

Toute une journée autour du pilotage de la Protection de l'Enfance : 

  • le rôle de l'Etat, à renforcer pour la secrétaire d'Etat;
  • le rôle des Départements, chef de file de la Protection de l'Enfance;
  • Regards critiques des uns et des autres. 


Le SPS Olga Spitzer

Olga Spitzer

Le Service de Prévention Spécialisée de l'Association Olga Spitzer

La présentation du Service est accessible ici, et celle de l'Association ici. L'Association Olga Spitzer gère des services d'AED, d'AEMO, de MJIE, de réparation pénale, des ITEP, des CMPP, l'Espace Famille Médiation et le Service d'Ecoute Parents-Enfants Winnicott. 

L'équipe : 1 poste de secrétaire-comptable, 0.1 poste d'analyse des pratiques, 7 postes d'éducateurs, 1 poste de directeur, les ressources logistiques de l'Association Olga Spitzer.

Le local : l'équipe travaille et accueille sur rendez-vous au 35 rue de la Folie-Regnault, dans le 11ème arrondissement de Paris. 

 

 


La Prév' c'est quoi?

La prévention spécialisée est une intervention éducative et sociale, à la fois collective et individuelle, auprès des jeunes en souffrance, marginalisés, pris dans des processus de ruptures multiples, qu'ils soient en groupe ou isolées, dans leur milieu de vie. 

La Prévention Spécialisée est une intervention consiste à aller vers les jeunes (adolescents et jeunes majeurs) et leurs familles qui, du fait de leur histoire personnelle, leurs conditions sociales, leurs difficultés familiales et socioprofessionnelles, sont à distance des réseaux d'insertion habituels. 

Elle a pour finalité de travailler à l'autonomie et à l'insertion de ces jeunes en construisant une relation de confiance entre eux et les adultes afin de :

  • révéler les potentialités et les capacités des jeunes et de leurs familles;
  • développer la socialisation, la responsabilisation et l'autonomie des personnes et des groupes;
  • favoriser l'insertion sociale et professionnelle en s'appuyant sur les structures spécialisées compte tenu de la difficulté objective de certains jeunes à entrer dans la vie active, à accéder à la formation, à l'emploi, à l'autonomie;
  • agir sur les phénomènes d'inadaptation sociale et prévenir les risques d'exclusion et de marginalisation, u compris les actes de délinquance et de violence dont les jeunes sont auteurs et/ou victimes. Si elle contribue à prévenir les infractions, elle ne peut être réduite à la lutte contre la délinquance dont elle reste cependant un élément indispensable vis-à-vis de cette population.

La prévention spécialisée joue un rôle important, au sein des quartiers, de médiation entre les jeunes et leur entourage (familles, résidents notamment...) en ce sens qu'elle est porteuse du rapport à la loi, autant celle qui protège que celle qui sanctionne. 

Les associations de prévention spécialisée contribuent à approfondir la compréhension des dysfonctionnements sociaux qui induisent les jeunes à développer des comportements à risque pour eux-mêmes et pour autrui et notamment les conduites addictives.


La Prév' à Paris, en chiffres

Les actions de Prévention Spécialisée sont financées par le Département de Paris. Elles sont mises en œuvre par les associations membres du CPSP.

En 2015, le Département  a consacré 18,5 millions d'euros à cette action éducativ8 au plus près des jeunes (sur les 281.7 millions d'euros du budget aide sociale à l'enfance). Ce sont environ 220 éducateurs qui sont allés, chaque jour, au coeur des quartiers populaires de Paris.

Près de 16.200 jeunes ont été rencontrés et sont en contact avec eux, donc 9.300 font l'objet d'un accompagnement éducatif installé. La population parisienne est constituée (au dernier recensement Insee de 2012) de 141.569 11/17ans et de 242.220 18/24 ans.


Les bases légales de la Prév' de Paris

La Charte présente les engagements fondamentaux quant à la mission de Prévention Spécialisée à Paris. Elle a été signée en 2005 et est toujours en vigueur. Elle constitue le cadre de référence pour tous les acteurs de la Prévention Spécialisée : élus, associatifs et institutionnels. 

 

L'arrêté de 1972 définit la mission de Prévention spécialisée. Ses annexes définissent les modalités de sa mise en oeuvre. 

 

La loi du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale réaffirme le principe selon lequel l’usager doit être au cœur de chacun des dispositifs. L’ordonnance n° 2005-1477 du 1er décembre 2005 portant diverses dispositions relatives aux procédures d'admission à l'aide sociale et aux établissements et services sociaux et médico-sociaux soumet les établissements et services œuvrant en Prévention Spécialisée à cette loi. 

 

La loi de 2007 réformant la protection de l'enfance s'applique en Prévention spécialisée, acteur de la Protection de l'enfance, notamment dans les obligations imposées en matière de signalement des maltraitances sur enfants. 

 

L'ordonnance de 2005 rattache la Prévention spécialisée à la protection de l'enfance. 


Violences policières et jeunes

C’est tout d’abord un jeune, mineur, en confiance avec un éducateur, qui parle de violences policières pendant sa garde à vue, qui laisse entendre que cela a touché d’autres jeunes aussi. L'Association a déjà travaillé sur les contrôles au faciès, sur les contrôles violents, et avait établi des discussions avec le commissariat, mais il s'agissait de violences dans l'espace public. La parole des jeunes s’est progressivement déliée, jusqu’à ce qu’ils acceptent de parler de ce qu’ils subissaient, d’abord aux éducateurs, puis à d’autres associations, spécialisées, qui ont fait intervenir des avocats qui accompagnent aujourd’hui la plainte de 18 jeunes pour « violences volontaires aggravées », « agression sexuelle aggravée », « discrimination », « abus d’autorité » (termes utilisés dans plusieurs journaux nationaux dont Le Monde dans un article du 18.12.15, ainsi que dans l’article Médiapart, et dans certains journaux télévisés). Un long travail a été fait en amont par l’équipe éducative, pour recouper les paroles des jeunes devant des faits aussi graves, pour amener les parents de ces mineurs à accueillir les propos de leurs adolescents, pour donner aux jeunes assez confiance en la justice pour porter plainte. Des actions très concrètes ont été mises en œuvre pour l’accompagnement de ces situations : 5 séances d’ateliers d’écriture animées par un journaliste et les éducateurs pour une vingtaine de jeunes ont eu lieu, un court métrage sur le thème du « Mieux vivre ensemble  » en cours de finalisation, des expos/débats interactifs se sont déroulées en partenariat avec des associations locales et nationales, 2 séjours permettant l’expression des jeunes et un travail éducatif autour des comportements citoyens ont été mis en place, tout comme des séminaires et rencontres « Européennes » axées sur les relations jeunes/police en Angleterre, Pays Bas et Espagne. L’association a également mis en œuvre des rencontres informelles avec des adultes du quartier et les associations sur le thème de la discrimination (relais par jeunes majeurs en tant que leader positif). Enfin, l’accompagnement des jeunes et des familles par des avocats spécialistes et les éducateurs de l’association Soleil (informations sur l’accès aux droits et à la défense des victimes) se poursuit, pour chaque jeune, qui se construit malgré les séquelles de ces agissements. La peur des représailles, dont certaines ont déjà été dénoncées par les jeunes, est entendue et travaillée.

Sans présumer des décisions de la justice sur cette affaire, il s’agit avant tout, ici, de tenter de montrer l’importance de la relation de confiance entre les éducateurs et les jeunes auprès desquels ils travaillent, l’importance que cette confiance ne soit pas trahie, pour amener, avec du temps, les jeunes à « tenter de nouveau le droit commun », à ne pas se résigner, à ne plus subir violences, discriminations, échecs aussi. Les équipes tissent des liens avec ces jeunes, mais aussi avec les partenaires (l’équipe de Soleil a fait venir l’adjoint au Maire en charge de la prévention et de la sécurité pour entendre les jeunes, dans les locaux de l’association; elle a su diriger les jeunes vers des acteurs spécialisés sur le sujet, su introduire les avocats et transmettre le lien de confiance), avec les familles. Elles s’appuient sur ce que leur disent les jeunes pour déterminer la direction à donner à leur action, parfois pour passer le relai à la justice qui elle, seule, décidera des suites à donner. Mais la parole du jeune aura été entendue. Ces jeunes auront eu le droit, accompagnés par l’Association, à exprimer leurs souffrances et à en demander la reconnaissance. Cela fait partie de la mission éducative : apporter aux jeunes, de nouveau, la conviction que leur parole compte comme celle de tout citoyen.

D’après la contribution de Zina Berdous, Directrice, ainsi que de l’ensemble de l’équipe de l’Association Soleil

 


Losirs

Centre social Solidarité Roquette

Selon la Charte fédérale des centres sociaux adoptée en 2000 à Angers, un centre social se définit comme un « foyer d'initiatives porté par des habitants associés, appuyé par des professionnels capables de définir et de mettre en œuvre un projet de développement social local pour l'ensemble de la population d'un territoire »

Adresse : 47 Rue de la Roquette, 75011 Paris
Téléphone :01 49 23 81 50

Pôle familial, Halte garderie, Informations et accès aux droits, pôle action sociale adultes, espace enfance jeunesse


La Prév' dans le Nord

L'APSN, c'est une mine de renseignements. Pour en savoir plus, c'est ici !

L'APSN...c'est des services avec et pour les associations

Support technique, l’APSN apporte des réponses aux enjeux actuels du secteur :

  • La professionnalisation par la formation des salariés et des bénévoles ;
  • La capitalisation des travaux d’études et de recherche ;
  • L’analyse de l’activité par l’accompagnement et le conseil méthodologique ;
  • La créativité par l’échange d’expériences et la production de supports et d’outils.

 

L'APSN...c'est aussi une contribution aux politiques publiques

L’APSN représente les associations dans les instances consultatives des secteurs social et médico-social. Elle contribue à la valorisation des actions et à la nécessaire articulation des stratégies de la prévention spécialisée avec celles des autres intervenants.

Elle concourt également aux travaux d’observation de la politique de protection de l’enfance.


L'APSN : la Prév du Nord

L'APSN, c'est une mine de renseignements. Pour en savoir plus, c'est ici !

L'APSN...c'est des services avec et pour les associations

Support technique, l’APSN apporte des réponses aux enjeux actuels du secteur :

  • La professionnalisation par la formation des salariés et des bénévoles ;
  • La capitalisation des travaux d’études et de recherche ;
  • L’analyse de l’activité par l’accompagnement et le conseil méthodologique ;
  • La créativité par l’échange d’expériences et la production de supports et d’outils.

 

L'APSN...c'est aussi une contribution aux politiques publiques

L’APSN représente les associations dans les instances consultatives des secteurs social et médico-social. Elle contribue à la valorisation des actions et à la nécessaire articulation des stratégies de la prévention spécialisée avec celles des autres intervenants.

Elle concourt également aux travaux d’observation de la politique de protection de l’enfance.


La feuille de route 2015/2017 de la secrétaire d'Etat chargée de la famille et de l'enfance

101 mesures en faveur de la protection de l'enfance, certaines traduites dans une loi, d'autres à décliner sur le plan opérationnel. Deux principales mesures concernent la Prévention Spécialisée : les mesures 61 et 62.

 

Retrouvez également un document présentant cette feuille de route sous les aspects uniquement Prévention Spécialisée.


La mobilisation citoyenne

Contexte : recherche de réponses innovantes, ou développement des réponses existantes aux phénomènes d’extrême marginalisation qui ont conduit aux attentats de janvier 2015. La grille de lecture proposée par l’Etat, relayée par Mme la Préfète de Paris et de l’Ile-de-France, est celle de la mobilisation associative et citoyenne.


Retrouvez ici des retours d’expériences,  des axes à privilégier pour une action éducative ancrée dans son domaine de protection de l’enfance.


Contrat de Prévention et de Sécurité de Paris 2015/2020

La Ville de Paris s'est doté d'un nouveau contrat, cette fois-ci de Prévention et de Sécurité (et non uniquement de Sécurité). Le CPSP a souhaité proposé des apports complémentaires au projet initial. 


Stratégie enfance de Paris

Mme Versini, adjointe à la Maire de Paris, a souhaité rassembler des contributions en vue d'une stratégie d'ensemble pour l'enfance parisienne. Le CPSP a apporté son regard dans cette concertation, notamment concernant les adolescents des quartiers où les associations sont missionnées. 

Quatre axes sont développés :

  • la citoyenneté, la mixité sociale et les relations à l'environnement;
  • la santé et les conduites à risque;
  • la scolarité et la formation;
  • les relations entre pairs, la culture et les loisirs. 


La Prév au national

Mme Rossignol, secrétaire d’Etat en charge de la famille et de l’enfance, a produit, après concertation d’un grand nombre d’acteurs, une feuille de route 2015/2017 (voir feuille de route et feuille de route contextualisée). Cela répond notamment aux éléments pointés par l’ONU pour la France concernant la critique de la mise en œuvre la convention internationale des droits de l’enfant (voir Up conférence et rapport du défenseur des enfants). La feuille de route contient des éléments repris dans la proposition de loi réformant la protection de l’enfance en cours d’examen par le Parlement. Elle contient également deux actions visant expressément la Prévention Spécialisée.

Un groupe de travail a donc été porté par la Direction Générale de la Cohésion Sociale, missionnée par Mme Rossignol pour traiter expressément de la Prévention Spécialisée. 

Les contributions du CPSP sont disponibles ici.


Les principes de la Prév'

La prévention spécialisée intervient sur des secteurs géographiques déterminés. Ces secteurs ont pour caractéristique commune de comporter ou d'accueillir de façon régulière des groupes de jeunes marginalisés ou en voie de marginalisation, vivant des situations de ruptures familiales, scolaires, sociales, professionnelles et/ou culturelles. 

La prévention spécialisée se distingue de l'ensemble des interventions sociales ou éducatives par une démarche et une méthodologie spécifiques d'intervention basée sur une pratique de terrain appelée "travail de rue", point de départ des accompagnements sociaux et éducatifs dans une approche globale du public visé.

Le partenariat est une conséquence logique de l'exercice de la mission lui incombant. Il est une nécessité pour les acteurs de prévention spécialisée. Les associations, promoteurs de projets, cherchent le relais sur le quartier et/ou la collaboration avec d'autres parttenaires pour leur réalisation.

La population suivie par les équipes de rue doit à terme s'intégrer dans le dispositif destiné à tous (école, emplois, loisirs...). L(action éducative des équipes de prévention est donc conduite avec l'ensemble des professionnels et partenaires pouvant être concernés. Cette caractéristique ("aller vers") implique le respect de trois principes fondamentaux, complémentaires les uns des autres :

  • La libre adhésion : acceptation mutuelle de la relation socio-éducative proposée pour aider les jeunes à trouver ou retrouver une identité, devenir acteur de leur vie et réaliser leur choix de vie au sein de la société.
  • Le respect de l'anonymat : l'exigence de discrétion du travailleur social à l'égard des pouvoirs de contrôle garantit la crédibilité et l'efficacité d'une action basée sur la confiance. La mise en oeuvre de politiques transversales demande une négociation permanente du respect de l'anonymat des jeunes avec les autres acteurs qui interviennent sur la même population. Ce principe doit protéger le jeune et la relation de confiance entamée, essentielle à la construction de sa personnalité; il ne doit pas entraver sa promotion et son insertion souhaitée. Il ne doit pas non plus être utilisé pour soustraire l'action des travailleurs sociaux à toute évaluation ni être reporté sur les travailleurs sociaux eux-mêmes qui ne peuvent alors s'engager dans aucun partenariat constructif.
  • Le mandat non nominatif : les personnes rencontrées ne sont pas désignées nominativement, ni par une instance administrative, ni par une instance judificaire. Le travail de prévention spécialisée repose sur un mandat "collectif" donné par les pouvoirs publics. 

Les intervenants de la prévention spécialisée (salariés et bénévoles) observent ces règles fondatrices dans le cadre des lois en vigueur (notamment celles relatives au secret professionnel et à la lutte contre la maltraitance). 

La prévention spécialisée - qui contribue à l'autonomie et à la socialisation des jeunes ainqi qu'à la prévention des conduties à risques et de la délinquance - se distingue de la prévention "généraliste" car elle s'adresse à des catégories spécifiques de la population, à des groupes sociaux menacés, vulnérables et non à l'ensemble des habitants d'une zone géographique.

Son action est inscrite dans le temps car les évolutions individuelles des adolescents ne peuvent se réaliser que dans la durée. 


Les domaines d'action de la Prév'

L'intervention de prévention spécialisée repose sur la présence sociale ou "travail de rue" des équipes, là et quand les jeunes se regroupent : ce travail de rue est le moyen privilégié d'atteindre un public entretenant des rapports difficiles avec les institutions, de connaître personnellement les jeunes et de se familiariser avec leurs comportements, de se faire reconnaître par eux et par leur environnement et donc de créer les conditions de la relation de confiance. 

L'action éducative de prévention Spécialisée s'appuie sur des actions collectives et individuelles cherchant à aider les jeunes à s'organiser pour construire des projets de développement, inscrits dans la dynamique de leurs aurtiers.

Ces activités ne sont que des supports pour mener à bien la relation socio'éducative. Elles sont à adapter en permanence aux besoins constatés suivant l'âge et les difficutlés rencontrées par les jeunes. Dans toute la mesure du possible, ces actions s'organisent avec les jeunes auxquels elles sont destinées dans un souci de responsabilisation et de reconnaissance sociale.

L'action de prévention spécialsiée s'organiser à partir du travail d'équipe permettent la bonne distance de la relation éducative.

L'intervention en prévention spécialsiée peut jouer sur un registre large, notamment :

  • Accès aux loisirs (sports, cutlure, nouvelles technologues...) par des ateliers d'initiation, par des sorties, séjours, camps, par l'organisation de tournois sportifs ou par la participation accompagnée et encadrée à des actions organisées par d'autres structures. L'accès  de ces jeunes à la culture (pratiques théâtrales, musicales...) est favorisé.
  • Soutien à la scolarité, à la formation, par des aides et soutiens individuels ou par des actions collectives visant à favoriser les acquis scolaires (ateliers, sorties...) et par des démarches pour accéder à des formations adaptées.
  • Insertion pré-professionnelle, par des activités favorisant l'acquisition de règles indispensables à l'insertion et la connaissance du monde professionnel.
  • Activité économique : organisation d'activités permettant l'acquisition de moyens économiques réfuliers et de savoir-faire préparant à l'emploi.
  • Démarches diverses, notamment liées à l'orientation scolaire, pré-professionnelle ou à des problèmes administratifs, de santé...
  • Soutien dans l'élaboration de tout projet individuel ou collecitf propre à développer le sens des responsabilités et le désir de participer à la vie de la société, notamment par la création d'outils adaptés et novateurs.
  • Soutien à l'émergence ou à la consolidation d'inititatives locales (création de structures associatives, projets collectifs locaux, projets partenariaux...).

La prévention spécialsiée peut être amenée à construire des actions collectives dans ces différents domaines, réponses adaptées aux problèmes rencontrés par les jeunes. Cependant, la prévention spécialisée n'a pas vocation à gérer des activités pérennes et, chaque fois que ces actions sont appelées à durer, la prévention spécialisée s'efforce de les transmettre. 


Copil 2016

Retrouvez dans les fichiers présents :

  • les CPPEF thématiques par arrondissement (fréquences et sujets)
  • le document de présentation du bilan de l'année 2015
  • les informations remontées par les CPPEF au comité de pilotage concernant les CPPEF nominatifs de 2015


Santé


Définition et mode d'emploi

Retrouvez ici en document joint :

  • la définition et le fonctionnement des CPPEF
  • un guide pour les professionnels pour l'information des familles avant passage en CPPEF
  • pourquoi saisir le CPPEF
  • le fonctionnement du CPPEF des familles inscrites à la PSA Chemin Vert
  • un modèle de relevé de décision.


1er arrondissement


Les Réglisses (Fondation Méquignon)

L'équipe des Réglisses de la Fondation Méquignon

L'équipe des Réglisses est rattachée depuis 2017 à la Fondation Méquignon.

La présentation de l'équipe des Réglisses est toujours disponible ici, et celle de la Fondation Méquignon ici.

L'équipe : 1/2 poste de comptable, 14 postes d'éducateurs, 2 postes de chefs de service, 1 poste de directeur, les ressources logistiques de l'Association CFPE-Ets.

Les locaux :

  • L'équipe travaille majoritairement 5 rue Pierre Bonnard, dans le 20ème arrondissement de Paris;
  • Elle accueille également les jeunes 10 rue Schubert, dans le 20ème arrondissement de Paris. 


L'APSAJ

L'Association de Préevntion Spécialisée et d'Accompagnement des Jeunes

L'APSAJ existe depuis 2018. Elle est issue de la fusion entre l'Association pour le Développement de la Culture et des Loisirs des Jeunes de la Chapelle (ADCLJC qui existait depuis 1968) et de la Maison des Copains de la Villette (MCV).

L'équipe : 1.5 poste administratif, 20 postes d'éducateurs, 2 poste de chef de service, 1 poste de directeur. 

Les locaux :

  • Le local de La Chapelle-sud sont 76 rue Philippe de Girard, dans le 18ème arrondissement de Paris;
  • Les locaux de l'équipe de la Goutte d'Or sont 44 rue Marcadet, également dans le 18ème arrondissement de Paris. 
  • L'équipe accueille également 156 rue d'Aubervilliers dans le 19ème.


L'OPEJ

La Fondation de l'Oeuvre de Protection des Enfants Juifs

La présentation du service est accessible ici, et celle de la Fondation OPEJ ici

L'équipe : 0.17 poste administratif, 0.17 poste de vacation-supervision, 5 postes d'éducateurs, 1 poste de responsable.

Les locaux : l'équipe travaille et accueille au 14 rue de Thionville, dans le 19ème arrondissement de Paris. 


L'AJAM

L'Association des Jeunes Amis du Marais

Les équipes et les territoires :

L'Association dispose de 1.7 postes administratif et d'1 poste de directeur. 

Dans le 10ème : Chef de service M. Blimi 06 63 39 05 22

  • L'équipe : 9 postes d'éducateurs, 1/2 poste de chef de service;
  • Le local : 7 rue Jacques Louvel-Tessier, dans le 10ème arrondissement de Paris.

Dans le 17ème : Chef de service M. Blimi 06 63 39 05 22

  • L'équipe : 4 postes d'éducateurs, 1/2 poste de chef de service;
  • Le local : 3 avenue de la Porte de Saint-Ouen, dans le 17ème arrondissement de Paris. 

Dans le 19ème : Chef de service M. Badid 06 58 36 28 81

  • L'équipe : 6 postes d'éducateurs, 1 poste de chef de service;
  • Le local : 12 avenue Ambroise Rendu, dans le 19ème arrondissement de Paris.


Le GRAJAR

Le Groupe de Recherche et d’Action auprès des Jeunes Adolescents de la Rue (GRAJAR)

L'Association dispose de 1 poste administratif, 1 poste de chef de service, 1 poste de directeur. 

Dans le 18ème arrondissement : 

  • L'équipe : 2 postes d'éducateurs sur l'équipe Blémont, 4 postes d'éducateurs sur l'équipe Amiraux-Simplon, 4 postes d'éducateurs sur l'équipe Marx Dormoy, 3 postes d'éducateurs sur l'équipe Charles Hermitte;
  • Le local : l'équipe utilise les bureaux du 15 rue Riquet, dans le 19ème arrondissement de Paris.

Dans le 19ème arrondissement :

  • L'équipe : 2 postes d'éducateurs sur l'équipe Bollaert-Rosa Parks;
  • Le local : l'équipe utilise les bureaux du 15 rue Riquet, dans le 19ème arrondissement de Paris.

Les joindre : 01 40 36 00 66


Protocole Mission Locale

Le suivi du Protocole Mission Locale de Paris / Prévention Spécialisée

2018

Relecture et analyse des réponses aux questionnaires "éducateurs" puis formalisation d'un bilan et de propositions (ci-dessous).

Juin 2016

Un document de bilan et propositions a été soumis au CA et validé. Il est disponible ci-dessous.

Mai 2016

Les deux rencontres du groupe de travail ont eu lieu, nous permettant d’examiner ensemble les réponses aux questionnaires des éducateurs et des directeurs sur le protocole. L’ultime étape est de faire valider par le groupe de travail puis par le CA du CPSP les conclusions et propositions qui sont ressorties. Les notions de temps d’installation des conseillers référents prévention spécialisée, ainsi que de temps individuel avec les jeunes de la PS sont ressorties de façon prégnante. La notion de « sortie positive » des dispositifs semble également, mais pas uniquement pour la Mission Locale, une notion mal assortie au travail en PS.

Avril 2016

Le protocole entre la MLP et les associations de Prévention spécialisées de Paris a été signé en 2015 pour répondre au mieux aux besoins des jeunes accompagnés par la PS en matière d’insertion professionnelle. Ainsi, notamment, l’inscription des jeunes doit être facilitée, les contacts avec les référents Prévention spécialisée renforcés, les co-accompagnements mieux suivis, les chantiers éducatifs travaillés en commun, les demandes de Fonds d’Aide aux Jeunes Parisiens fluidifiées.

Le CPSP a mis en ligne un questionnaire pour les éducateurs des équipes. D’ores-et-déjà, sur 214 éducateurs, 125 ont répondu, nous donnant un panel suffisant pour une analysé crédible. Les réponses vont être analysées par un groupe de travail qui se réunira pour la première fois le mercredi 9 mars. Un bilan de ce protocole par la Prévention spécialisée après un an de mise en œuvre sera proposé mi avril 2016, en vue du comité de pilotage réuni par le Département.

Vous trouverez ici : 

  • le protocole signé entre la Mission Locale et les associations de Prévention Spécialisée
  • les questionnaires d'évaluation diffusés en 2015 aux directeurs, ainsi que ceux diffusés aux éducateurs et les éléments de réponse pour chacun
  • le bilan proposé par le CPSP de cette première année. 

 


Les chantiers éducatifs

Deux plaquette sont ici disponibles : celle à destination du grand public pour présenter les chantiers éducatifs, et celle à destination des éducateurs pour les organiser. 

 

Ces documents ont été élaborés par un groupe de travail incluant des éducateurs et responsables de chantiers éducatifs dans le courant de l'année 2016. Ils ne constituent pas des "modes d'emploi", mais bien des préconisations, des conseils bienveillants pour que les jeunes puissent trouver dans les chantiers éducatifs tous les apports possibles. 


Eduquer dans la rue en Ile-de-France : le 12 mai 2016

Les actes de cette matinée sont disponibles en bas de page.

                               

                                   

Vous retrouverez bientôt ici les actes de la matinée, reprenant l'intervention de Mme Le Goaziou, mais également les échanges de la table ronde réunissant administrateurs, cadres et éducateurs, ainsi que les échanges avec la salle.


La matinée a été accueillie à l'Hôtel de Ville de Paris

 

               

Plus d'une centaine de personnes, éducateurs, cadres, administrateurs et élus étaient présentes pour ce temps d'échange.

 


Trois éducateurs, deux administrateurs, trois cadres ont partagé cette table ronde avec Mme Le Goaziou, sociologue.

 


Colombe Brossel, Maire adjointe de Paris en charge de la Prévention, de la Sécurité et de la Politique de la Ville a conclu cette matinée.


L'équipe Aurore-Siloë

L'équipe de Prévention Spécialisée Siloë, géré par l'Association Aurore

La présentation de l'Association est disponible ici

L'équipe : 0.06 poste de vacation-supervision, 6 postes d'éducateurs intervenant sur le 9ème nord, 1 poste d'encadrement socio-éducatif.


Arc-EA

Le site de l'association : ICI

L'Association, créée le 1er janvier 1949, est Reconnue d'Utilité Publique depuis le 15 octobre 1964. L’association est organisme de formation déclaré depuis 1983.

Son siège social est situé au 8, rue Budé – 75004 PARIS
Secrétariat et administration : 57 rue Saint-Louis en l'Ile – 75004 PARIS
Téléphone : 01.43.29.62.61.
Site : http://s677655269.siteweb-initial.fr/ 

Les équipes et les territoires

L'Association est dotée de 5.5 postes administratifs, d'1 poste de directeur-adjoint et d'1 poste de directeur. L’association dispose également de 0,4 poste de conseil et supervision.

Dans le 10ème :

1 poste de Responsable de pôle

• Les équipes Nord-Way et Tempo : 8 postes éducatifs ;

• Le Club Tournesol : 2 postes d’animation

• La Caragole / Lieu d’accueil enfant-Parents : 6 accueillantes

Dans le 13ème :

1 poste de Responsable de pôle

• Les équipes Clipper, 13ème rue, Sport Educs 13, Rive 13, Phénix et Scène 13 : 2 postes de Chef de service éducatif et 25 postes éducatifs ;

• Auto-école Michal : 2 Moniteurs

Dans le 15ème :

1 poste de responsable de pôle

• Les équipes Latitude 15, Falguière et 15ème rue : 1 poste de Chef de service éducatif et 15 postes d’éducatifs ;

Dans le 18ème :

1 poste de responsable de pôle

• Les équipes Agora, Mozaïc et Relai 18 rue : 16 postes éducatifs ;

Les auto-écoles Michal (13ème) et Jeunes auto-école (18ème) :

• Les équipes : 3 postes éducatifs

Hébergement

• 1 poste de Chef de service éducatif et 7 postes éducatifs, 2 veilleurs de nuit

Les chantiers éducatifs

• 1 poste d’encadrant technique

Formation / études

• 1 poste de Chef de projet


La Fondation Jeunesse Feu Vert

Les équipes de la Fondations Jeunesse Feu Vert

La présentation des équipes et de la Fondation est disponible ici. La Fondation gère des foyers éducatifs, des services d'AEMO, d'accueil de jour, un CHRS, le SAFIP, une Entreprise d'insertion, un EDI et des centres de vacances en plus des missions de Prévention Spécialsiée dans le 93 et dans Paris. 

L'équipe de la Prévention Spécialisée de Paris dispose de 3 postes administratifs, d'1.5 poste de vacations (animateurs vacances et entretien), d'1 poste de directeur-adjoint, d'1 poste de directeur.

Dans le 11ème :

  • L'équipe Orillon : 1 poste de chef de service éducatif et 4 postes d'éducateurs;
  • Le local : 70 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11.

Dans le 12ème :

  • Les équipes Vincennes, Dausmenil, Reuilly et Villot : 2 postes de chef de service éducatif (1 à compter du 1er juillet 2017) de chefs de service sur Vincennes-Dausmenil, 1 poste de chef de service éducatif sur Reuilly-Villot et 13 postes d'éducateurs;
  • Les locaux : 13 impasse Tournaux, Paris 12 et 1 rue Eli Faure, Paris 12.

Dans le 14ème :

  • L'équipe Porte de Vanves : 1 poste de chef de service éducatif et 9 postes d'éducateurs;
  • Le local : 2 rue Wilfrid Laurier, Paris 14.

Dans le 19ème :

  • Les équipes Rébeval et Place des Fêtes : 1 poste de chef de service éducatif et 9 postes d'éducateurs;
  • Les locaux : 4 rue Henri Feulard, Paris 10 et 1 rue des Bois, Paris 19;
  • L'équipe Curial-Cambrai : 1 poste de chef de service éducatif et 5 postes d'éducateurs;
  • Le local : 71 rue Curial, Paris 19.

Dans le 20ème :

  • Les équipes Belelville-Amandiers, Pyrénées, Pelleport-Fougères : 3 postes de chef de service éducatifs et 21 postes d'éducateurs;
  • les locaux : 9 rue Jouy-Rouve, Paris 20; 20 rue Piat, Paris 20; 119 rue Pelleport, Paris 20 et 21 rue du Lieutenand Chauré, Paris 20.


TVAS17

L'Association TVAS17 n'étant pas adhérente du CPSP, pour toute question, vous adressez à :

TVAS 17
Association de Prévention Spécialisée
13, rue Curnonsky
75017 PARIS
Tél : 01 47 63 65 18
Fax : 01 47 63 10 70
Courriel : tvas17.ps@gmail.com

 


Ouverture d'un local aux Réglisses

Le 22 janvier, les 4 éducateurs, les 2 chefs de service et la directrice de l’équipe sud des Réglisses ouvraient officiellement les portes du local Schubert. Une douzaine de jeunes du quartier et les éducateurs ont préparé les murs du local (lessivage, enduit et peinture primaire), avant la participation de 15 salariés du Groupe l’Oréal pour une journée de mise en peinture avec des jeunes du quartier lors du Citizen Day. Pendant le second semestre 2015, accueils individuels et de groupes se sont succédés. Aujourd’hui, et dans les mois à venir s’y développe déjà deux  ateliers d’expression avec une jeune graphiste du quartier (celle qui a fait les peintures qui ornent les murs du local) et un atelier vidéo-son avec un bénévole montpelliérain. Groupe parent, petit-déj partenariaux trimestriels sont à venir…

Ce lieu répond à un besoin d’un espace d’appui pour l’équipe éducative, dans un secteur où les acteurs associatifs sont peu nombreux. Déjà bien repéré, il n’ouvrira pas à l’accueil inconditionnel (type permanence) avant que l’ancrage et le repérage de l’équipe dans cet espace soit aussi bien compris par les jeunes pour le préserver d’un envahissement contre-productif.

L’existence, ou pas, d’un local d’appui relève d’un choix associatif, et doit toujours répondre à des besoins identifiés par une équipe. Lorsqu’il existe, un équilibre est à préserver entre espace de travail des éducateurs, donc garantissant les conditions de confidentialité obligatoires, et espace de convivialité pour l’accueil des jeunes, de leurs parents, des partenaires et des habitants. Souhaitons à cette équipe de continuer son chemin vers ce savant équilibre!

D’après la contribution de Jean Kurzenne, Chef de service

 


La newsletter de septembre 2017

La newsletter de septembre 2017 vient de paraître. Au sommaire, entre autres : 

  • Au Grajar, des lampes pour éclairer nos lendemain (ici) ;

  • A Arc 75, la formation adolescents difficiles (ici) ;

  • Les groupes de travail du CPSP (ici).

Bonne lecture!


La newsletter d'avril 2016

Au sommaire :


Les jeunes, la violence et nous

M. Yahyaoui, psychologue et enseignant chercheur à l’université de Savoie nous renseigne sur l’expérience migratoire comme facteur de vulnérabilité au passage à l’acte violent : les histoires des parents et celles des enfants sont tellement différentes qu’il y a dissonance et incompréhension entre les deux, l’adolescence ne faisant pas trace chez les parents. L’enfant peut également entrer en dissonance avec l’école, qu’il perçoit comme discriminante, qui est source de quiproquos. En conciliant les rapports de l’enfant avec ses parents, avec l’école, avec son groupe de pairs, on peut alors reconstruire une représentation de soi en termes d’estime, d’affirmation identitaire et lui donner une chance de s’inscrire dans l’ici et maintenant. M. Yahyaoui met en place des groupes de travail avec élèves, parents et professeurs pour aller dans ce sens.

Deux éducateurs de l’ADCLJC sont venus présenter les démarches qu’ils mènent dans le cadre des rixes entre jeunes du 18ème et jeunes du 19ème (local, groupes de parole, groupe de mamans…).

L’AJAM 19ème est venue présenter, avec l’APEES, l’atelier de boxe éducative qu’elle a porté dans le quartier pour offrir aux jeunes un espace temps pour travailler leurs corps, leurs confiance en eux, participer à un cadre qui leur donne une place.       


Les consultations jeunes consommateurs

Les adresses des CJC de Paris sont ici.

Prévention, soin et réduction des risques sont les trois domaines des CJC, spécialisés dans l’accueil et l’orientation des jeunes consommateurs et utilisateurs abusifs d’écrans. Les jeunes peuvent s’y rendre anonymement, sans rendez-vous et gratuitement. Les équipes des CJC sont également là pour accompagner et outiller les professionnels au contact direct des jeunes concernés.

Après 10 ans de fonctionnement, des pratiques originales se sont installées dans les CJC, et se diffuseront. Par exemple, il faut citer l’expérience de la Consultation Charonne et de l’équipe Nord Way du 10ème d’Arc75, qui partage des temps de rue communs. Educateurs et consultantes étayent leurs discours auprès des jeunes, les font parler de leurs consommations, de leurs relations aux produits. 


Les jeux vidéo

Si le jeu est avant tout une chose positive dans la vie des enfants et des adolescents, certains éléments permettent de déterminer un basculement vers l’addiction. Ainsi, perte de contrôle, conséquences et fréquence traduisent que le jeu vidéo devient un moyen pour l’adolescent de faire face à une souffrance, que, bien souvent, l’enfermement dans le jeu vient encore renforcer.

L’enquête réalisée auprès de 34 classes de collèges et 54 de lycées a révélé un nombre moyen d’écrans par famille de 11, toute CSP confondue. 12% des jeunes répondant présentent des critères de « jeux vidéos problématiques » selon une échelle validée. Ces joueurs ont plus souvent des idées suicidaires, un sommeil réduit, moins d’activités extrascolaires.  


Contrat parisien de prévention et de sécurité

Retrouvez ici :

  • la contribution du CPSP au contrat 2015/2020;
  • le contrat de prévention et de sécurité de Paris 2015/2020;
  • la charte concernant les échanges d'information au sein des CLSPD.


Participation de la Prév' à la prévention de la délinquance

Retrouvez ici :

  • le guide de la participation de la PS à la prévention de la délinquance;
  • la charte concernant les échanges d'informations nominatives;
  • un rapport du ministère de la justice de 2015 sur la délinquance des enfants et adolescents;
  • la loi de 2007 relative à la prévention de la délinquance;
  • le décret du 6 mai 2016 portant modifications des dispositions relatives à la prévention de la délinquance. 


Le fond d'aide aux jeunes parisiens : FAJ

Le Fonds d’Aide aux Jeunes est une aide financière adressée aux jeunes en difficulté, âgés de 18 à 25 ans, en vue de favoriser leur insertion sociale et professionnelle et, le cas échéant, leur apporter des secours temporaires pour faire face à des besoins urgents.

En 2016, le FAJ a évolué vers des aides à la vie quotidienne plus encadrées, des commissions pluri institutionnelles mieux à même de prendre des décisions, des aides plus élevées à la formation ainsi qu’à la préparation aux formations, des aides au permis (si nécessaire pour la formation) plus élevées et versées en deux fois.

La Prévention Spécialisée peut constituer un dossier de demande de FAJ avec les jeunes qu’elle accompagne. Pour rappel, actuellement, l'APSAJ et l’OPEJ représente la Prévention Spécialisée à chaque commission mensuelle d’examen des demandes.

Les demandes de FAJ collectifs seront encouragées.

Pour toute question, vous pouvez vous adresser à la Mission locale dont vous dépendez.  


L'ensemble des plans et schémas départementaux et de la Ville

Retrouvez ici, pour Paris, pour la période 2015 2020 :

  • le contrat de prévention et de sécurité,
  • le contrat de ville,
  • le pacte parisien de lutte contre la grande exclusion,
  • le plan pour l'autonomie des jeunes,
  • le schéma départemental de protection de l'enfance.


Le schéma de protection de l'enfance 2015 2020

Le conseil départemental de Paris a adopté le 16 décembre 2015 le schéma départemental de prévention et de protection de l'enfance pour 2015 à 2020.

Le bilan de l’action du précédent schéma présente, pour 2014, quelques grands chiffres pour la prévention. Ainsi, 25.2 millions d’euros ont été consacrés à la prévention dans les quartiers, pour 29 centres sociaux, 54 équipes de PS ayant été en lien avec 16.168 jeunes, et 437 jeunes accueillis par Paris ados services.

Ce schéma fixe les grandes lignes de la politique départementale de prévention et de protection de l’enfance pour 2015 à 2020. Il vise à « garantir la construction d’un projet d’insertion sociale et professionnelle pour chacun des mineurs et jeunes majeurs confiés à l’ASE de Paris », à accentuer les actions de prévention, à assurer la continuité des parcours, à renforcer les leviers du soutien à la parentalité. Sont ici présentées les principales orientations impactant la Prévention spécialisée.

Axe 1 : faire de la prévention des difficultés éducatives le premier pilier de la protection à Paris

« Le Département a souhaité, [dans le cadre du renouvellement des conventions,] objectiver (…) les besoins de chaque quartier et redonner lisibilité et sens à la géographie d’intervention des services de PS. »  Dans ce cadre, l’intensification des liens avec l’ensemble des partenaires et notamment les acteurs de l’ASE est attendue pour « sans remettre en cause les pratiques professionnelles, appréhender le plus largement possible les problématiques et éviter l’exclusion sociale et économique, les conduites à risques ou le basculement dans la délinquance des jeunes Parisiens les plus fragiles ».

La Prévention spécialisée est, dans cet axe, identifiée comme un acteur ressource pour renforcer les capacités éducatives des parents, par son « ancrage spécifique sur les quartiers populaires et une relation privilégiée avec les jeunes et leurs familles en risque de désocialisation ». Parmi les objectifs et actions de la fiche N°1, visant à mieux mobiliser les ressources d’un territoire en faveur des familles, on retrouve :

  • Conforter le rôle important des CST pour la bonne inclusion dans la dynamique territoriale des équipes de PS;
  • Valoriser le rôle des équipes de PS pour une plus grande cohérence des réponses en direction des familles et des enfants;
  • Actualiser le maillage territorial et réviser les conventions de la PS pour la période 2016/2019 avec les Mairies d’arrondissements et sur la base de données sociales objectives;
  • Pour des jeunes n’adhérant pas aux mesures ou pour les situations très complexes, systématisation des liens à l’initiative de secteurs ASE avec la PS et invitation aux synthèses chaque fois que nécessaire;
  • Consolider les CPPEF pour des regards croisés sur les situations familiales complexes, coordonner les interventions et généraliser des CPPEF thématiques avec invitation systématique de la PS;
  • Encadrer les échanges nominatifs par application notamment de la Charte spécifique et la définition du « référent pivot/contact » d’une situation familiale en PS et par centre social.

Si la PS n’est pas nommément associée à la Fiche N°5 sur la prévention des conduites à risque des adolescents, un regard attentif sera portée par le CPSP sur la « cellule de veille des phénomènes émergents » qui vise à « mener une réflexion face aux phénomènes émergents, notamment sur l’espace public (rixes, trafics…) ».  Nous serons également vigilants à l’association des équipes aux formations qui seront programmées sur ces sujets.

Au sein de la Fiche N°6 qui cible les actions pour mieux repérer et évaluer les situations de risque de danger dès les premières difficultés, on trouve le maintien des actions préventives des conduites à risques autour des gares, et notamment de l’action de l’équipe Nord Way d’Arc 75 sur la gare du Nord (p.3).

AXE 2 : Individualiser la prise en charge et diversifier l’offre

La fiche N°12 vise à proposer la meilleure orientation possible pour les préadolescents et adolescents de 12 à 15 ans. Dans cette fiche, on retrouve la nécessité de « réaliser des évaluations conjointes de situations de jeunes repérés sur l’espace public par les secteurs de l’ASE, et en particulier la PS ».

La fiche N°14 vise elle à adapter l’offre d’accompagnement de l’ASE aux besoins spécifiques des familles à la rue. Pour élaborer une action socioéducative en termes de prévention et de protection de l’enfance, il s’agira de « mobiliser les équipes de PS intervenant sur le Centre (CASP _ La Clairière) et à la gare du nord (Arc75 _ Nord Way). Il s’agira également d’élaborer un protocole partenarial dédié pour le repérage et la prise en charge dans le dispositif de protection de l’enfance des mineurs sur la voie publique.

AXE 6 : Créer les conditions de la réussite du schéma départemental

Le CPSP veillera à l’association de la PS à l’Observatoire parisien de la protection de l’enfance (ODPE), refondé par la fiche N°27.

La fiche N°28 vise à développer et animer une culture partagée par l’ensemble des professionnels concourant à la protection de l’enfance. Elle précise notamment qu’une vigilance sera maintenue, sur la place, au sein des CPPEF, de la PS. Elle incite également au « développement d’évaluations ou de suivis conjoints avec notamment la PS (concertations, synthèses…) ».

La déclinaison des actions prévues par ce schéma appellera toute notre attention : ce n’est qu’en précisant clairement la place de la PS dans la protection de l’enfance que nous renforcerons la perception de notre professionnalisme par les autres acteurs de cette politique publique. Cette crédibilité des éducateurs de PS est un élément essentiel au maintien de notre action dans les quartiers. 


Observatoire départemental de l'enfance en danger (ODPE)

Selon l'article L226-3-1 du Code de l'action sociale et des familles, renouvelé par la loi du 14 mars 2016, l'ODPE a pour mission de : 

1° De recueillir, d'examiner et d'analyser les données relatives à l'enfance en danger dans le département, au regard notamment des informations anonymes transmises dans les conditions prévues à l'article L. 226-3. Ces données sont ensuite adressées par chaque département à l'Observatoire national de la protection de l'enfance ;

2° D'être informé de toute évaluation des services et établissements intervenant dans le domaine de la protection de l'enfance et assurée en application de l'article L. 312-8 ;

3° De suivre la mise en œuvre du schéma départemental prévu à l'article L. 312-5 en tant qu'il concerne les établissements et services mentionnés aux 1° et 4° du I de l'article L. 312-1, et de formuler des avis ;

4° De formuler des propositions et avis sur la mise en œuvre de la politique de protection de l'enfance dans le département ;

5° De réaliser un bilan annuel des formations continues délivrées dans le département en application de l'article L. 542-1 du code de l'éducation, qui est rendu public, et d'élaborer un programme pluriannuel des besoins en formation de tous les professionnels concourant dans le département à la protection de l'enfance.

La composition pluri-institutionnelle de l'observatoire départemental de la protection de l'enfance est précisée par décret.

L'observatoire départemental de la protection de l'enfance établit des statistiques qui sont portées à la connaissance de l'assemblée départementale et transmises aux représentants de l'Etat et de l'autorité judiciaire.


Les contrats parisiens volet jeunesse

Le schéma départemental de protection de l'enfance reprend, dans son annexe 2, les grandes lignes de ces différents plans et contrats sur le versant jeunesse : 

 La stratégie parisienne pour l’enfance

L’inscription des orientations de l’Aide sociale à l’enfance dans une stratégie parisienne pour l’enfance en application de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE)

●Garantir les droits fondamentaux des enfants parisiens conformément aux recommandations du Comité des droits de l’enfant mis en place par l’Organisation des nations unies (ONU) dans le cadre de l’application de la CIDE ;

●Veiller à assurer à tout enfant de bonnes conditions de développement à la fois sur le plan physique,
psychologique, affectif et les faire participer à la vie de notre cité, afin de garantir l’effectivité de tous leurs droits ;

●Accompagner les parents dans l’éducation de leurs enfants, en développant les dispositifs de soutien,
d’accompagnement et d’entraide entre parents afin de mailler équitablement le territoire parisien et d’assurer aux
familles une égalité d’accès aux services ;

● Mobiliser les moyens pour lutter contre les inégalités territoriales et sociales, avec une attention particulière aux
situations les plus vulnérables ;

●Agir contre les violations des droits de l'enfant en particulier l'implication d'enfants dans les conflits armés, la
prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.


Les États généraux de la Protection Maternelle et Infantile (2015)

Le renforcement des actions de prévention, d’accompagnement et d’information de la PMI
auprès des familles et des jeunes à Paris

●Améliorer l’offre de services de la PMI, pour toutes les familles et tout particulièrement à destination des plus en
difficulté ;

●Renforcer l’efficacité des liens avec les professionnels de l’Assistance publique, hôpitaux de Paris (AP-HP), de
l’Aide sociale à l’enfance (ASE), des Centres d’Action Médico-Sociale Précoce (CAMSP), des Lieux d’accueil
enfants-parents (LEAP), les médecins de ville… et améliorer la lisibilité des actions ;

●Développer l’accessibilité aux soins, cerner l'efficience du service de PMI, sa place et son évolution dans l'offre de
santé sur les territoires parisiens ;

●Construire des parcours de santé pour la mère et l’enfant autour de la naissance, et pour les jeunes autour de la
sexualité ;

●Enrichir la réflexion des professionnels de PMI pour définir les évolutions nécessaires de leur travail et leurs
priorités, et conforter le sens de leurs interventions grâce aux échanges avec les usagers et les partenaires.


La réussite éducative à Paris

Un dispositif parisien de réussite éducative mis en place dans le cadre d’un Groupement
d’intérêt public (GIP) depuis juillet 2006

●Un dispositif qui s'inscrit dans le cadre du volet "égalité des chances" de la loi 2005-32 de programmation pour la
cohésion sociale du 18 janvier 2005, et dans le contrat de ville 2015-2020. Le Groupement d'Intérêt Public pour la
Réussite Éducative est constitué entre l'État, la commune de Paris et le département de Paris, rejoint en octobre
2007 par la Caisse d'Allocations Familiales de Paris ;

●La réussite éducative vise la réussite scolaire, l'intégration sociale et l'épanouissement personnel et s’adresse
prioritairement aux enfants du premier et second degré, dès la maternelle, scolarisés dans un établissement
relevant de l'éducation prioritaire et aux familles vivant dans les quartiers inscrits dans la politique de la ville. Pour
l'année scolaire 2015-2016 les priorités portent sur :

Schéma de prévention et de protection de l’enfance 2015-2020 – ANNEXES 5

o La prévention du décrochage scolaire ;

o La santé, notamment psychosociale ;

●Le parcours individualisé de réussite éducative propose des actions individuelles et/ou collectives en fonction des
besoins des enfants et des familles du territoire, en lien avec un référent de parcours réussite éducative. Le
parcours vise à :

o Apporter un soutien éducatif, périscolaire, culturel, social et sanitaire ;

o Agir essentiellement en dehors du temps scolaire pour la réussite scolaire et éducative ainsi qu'à
l’intégration sociale et citoyenne ;

o Prévenir le décrochage scolaire avec notamment des structures d'accueil à destination des
collégiens présentant des signes de fragilité scolaire ou exclus temporairement (accueil Réussite
Éducative Pelleport, accueil scolaire Pep 75) ;

o Soutenir individuellement des enfants, en lien avec les parents, par des tutorats, avec le
concours de l'Association de la Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV) ;

o Mettre en place de l'accompagnement physique vers des structures de soins, des activités
culturelles avec des associations locales (notamment via le réseau Môm'Artre), des consultations
psychologiques (par exemple, par l'association JCLT).

●Dans le 13e arrondissement, un projet médiation santé, piloté par l'association Charonne « PASSAJ 13 », vise
depuis 2010 à rencontrer les adolescents et les jeunes dans les endroits qu'ils fréquentent (au sein de structures
jeunesse, au sein de l'association). La médiatrice santé propose des actions individuelles et collectives dans
l'objectif de tisser un lien afin d’orienter les jeunes vers les partenaires santé du territoire et assure des
permanences santé. La médiation santé s'appuie sur l'Atelier Santé Ville.

Plus de 1400 enfants et adolescents bénéficient chaque année de parcours individualisés de réussite éducative.


Le Programme Parisien pour l’Autonomie des Jeunes (PPAJ) 2015-2020

Des engagements de la Ville en direction des jeunes pour favoriser leur démarche évolutive
vers l’autonomie affective, intellectuelle et financière et lutter contre les freins à l’insertion

●Le PPAJ s’articule ainsi autour de cinq axes essentiels dans la construction de cette autonomie en partant des
besoins et des réalités des jeunes :

o « S’orienter, se former » ;

o « Décrocher un emploi stable » ;

o « Accéder à un logement indépendant » ;

o « Expérimenter la ville » ;

o et « Être acteur de sa vie, être acteur dans sa ville ».

Schéma de prévention et de protection de l’enfance 2015-2020 – ANNEXES 6


Le Pacte parisien de lutte contre la grande exclusion (PPLGE)

Une attention particulière à accorder aux jeunes et aux familles les plus vulnérables afin de
réduire leur précarité et prévenir les difficultés éducatives

●Mieux préparer les fins de prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance en renforçant l’accompagnement vers
l’autonomie des jeunes :

o Spécialisation d’une équipe ASE sur l’insertion des jeunes ;

o Anticipation des sorties de l’Aide sociale à l’enfance en partenariat avec les professionnels de
l’insertion et de la politique jeunesse ;

●Améliorer le suivi précoce des femmes enceintes en situation de rue et stabiliser leur hébergement durant la
période pré et post natale :

o Renforcement des actions coordonnées de la périnatalité notamment avec le réseau Solidarité
Paris Maman (SOLIPAM) ;

o Accompagnement des jeunes mères hébergées à l’hôtel ;

●Offrir un accompagnement spécifique aux familles en situation de rue :

o Création d’un deuxième Espace solidarité insertion (ESI) dédié aux familles en situation de rue ;

o Mise en place d’une équipe mobile pluridisciplinaire intervenant directement auprès des familles
permettant l’accompagnement et l’accès aux droits ;

o Mise en place d’une action socio-éducative adaptée aux familles en situation de rue avec des
enfants ;

●Améliorer de façon structurelle la qualité de vie des familles hébergées à l’hôtel et mettre en place un
accompagnement social adapté.


Le Nouveau Paris Solidaire (NPS) 2015-2016

Un seul grand service social polyvalent

●Constituer un seul et grand service social polyvalent parisien afin de garantir que la politique sociale parisienne
s'élabore et se déploie en tenant compte de la diversité des besoins exprimés sur les différents territoires
parisiens.
La DASES, chargée de concevoir et mettre en œuvre cette politique sous l'autorité de l'exécutif parisien, va mettre
en place parallèlement des directions sociales de territoire, qui :

o contribueront à la définition de la stratégie de la collectivité ;

o assureront sa déclinaison locale ;

o garantiront la cohérence de l'ensemble des interventions sociales à l'échelle d'un territoire ;

o et notamment la coordination entre les services sociaux départementaux polyvalents (SSDP), les
services spécialisés départementaux, et les autres acteurs qui participent à la mise en œuvre des
politiques de solidarité.

● Les besoins sociaux des Parisiens mieux couverts

●Améliorer l'accès aux droits, offrir la réponse la plus pertinente aux besoins spécifiques des populations des
différents territoires et quartiers parisiens, et garantir la meilleure coordination possible entre les différents
services de la collectivité autour de l'usager.

La mise en cohérence de l’action sociale parisienne fondée sur l'évaluation des forces mais également des
insuffisances de la couverture des besoins sociaux des Parisiennes et des Parisiens permettra de :

o réunir, dans un même ensemble, au sein du Centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP),
les SSDP et les sections d'arrondissement constituant un réseau de points uniques d'accueil des
usagers sur les territoires, facilement identifiables par le public ;

o mieux articuler aides sociales légales et facultatives et accompagnement social ;

o développer un portail internet social unique de la collectivité parisienne ;

o développer les permanences des partenaires.

Schéma de prévention et de protection de l’enfance 2015-2020 – ANNEXES 7

●Des directions sociales territoriales (DST) pour une animation et un pilotage des actions sur
les territoires

●Construire un dispositif d'animation, d'évaluation et de pilotage des territoires complètement intégré à partir des
nouvelles DST s'appuyant sur les coordinateurs sociaux de territoire (CST) mis en place depuis deux ans.
En associant de manière très étroite les Maires d'arrondissement, les missions des DST placés sous la
responsabilité de la DASES sont :

o d’assurer le pilotage stratégique de la totalité des services sociaux de la collectivité intervenant
dans le champ de leur compétence territoriale, y compris ceux relevant du CASVP ;

o d’animer des conférences sociales territoriales ;

o de faire l'état des besoins, de dégager les priorités, et de favoriser l'intégration au réseau local
des services publics et associatifs du champ social.

Le déploiement des directions sociales de territoire débutera à l'automne 2015. Les premiers transferts de SSDP au
CASVP commenceront à la fin de l'année 2015.

 

Le contrat de ville 2015-2020

Un accompagnement du besoin de cohésion sociale, de fraternité, de promotion de la
citoyenneté et des valeurs républicaines. Dialoguer, avec les habitants et apporter aux
acteurs du lien social les outils dont ils ont besoin pour échanger librement, en particulier
avec la jeunesse et les populations les plus fragiles

Intervenir dans les quartiers populaires en étant fidèle aux principes qui guident l’ensemble des politiques
publiques parisiennes pour :

o La lutte contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme ;

o L’égalité entre les femmes et les hommes ;

o La participation des habitants et la mobilisation en faveur des valeurs républicaines et de la
laïcité.
Le contrat de ville s’articule autour de trois grands axes :

L’axe 1 : « Accompagner les parcours et prévenir les ruptures » vise la construction de trajectoires
éducatives et scolaires, la sécurisation des parcours d’insertion et d’emploi et de prévention des
situations de précarité, en amont du traitement social de l’exclusion. L’accès aux droits pour tous y est
réaffirmé comme un levier de citoyenneté ;

L’axe 2 : « Vivre sa ville et son quartier » entend favoriser l’appropriation par les habitants de leur
environnement, en faisant des espaces publics et collectifs des espaces communs, lieux d’échanges, de
partages et de lien social, et en facilitant leur accès à l’offre de services (culturels, sportifs, linguistique, de
santé…) ;

L’axe 3 : « Dynamiser les quartiers dans la ville » vise à promouvoir la mixité sociale et à poursuivre le
développement des quartiers populaires, par la requalification du tissu urbain et du bâti, le soutien aux
commerces et à la création d’activités par et pour les habitants de ces quartiers, en les ancrant dans la
géographie métropolitaine.

Il concerne 20 quartiers sur la base d’un critère unique de concentration urbaine de pauvreté, à partir du niveau de
bas revenu :

- Dans le 13e arrondissement : Bédier-Boutroux, Villa d'Este, Kellermann/Paul Bourget, Jeanne d'Arc/Clisson,
Oudiné/Chevaleret ;

- Dans le 14e arrondissement : Didot/Porte de Vanves ;

- Dans le 17e arrondissement : Portes de St-Ouen/Pouchet ;

-Dans le 18e arrondissement : Blémont, Portes Montmartre/Des Poissonniers/Moskova, La Chapelle/Évangile (Paris
18ème), Goutte d'Or, Porte de la Chapelle/Charles Hermite ;

Schéma de prévention et de protection de l’enfance 2015-2020 – ANNEXES 8

-Dans le 19e arrondissement : Stalingrad/Riquet, Michelet/Alphonse Karr/Rue de Nantes, Chaufourniers,
Danube/Solidarité/Marseillaise, Algérie ;

- Dans les 19e / 20e arrondissements : Compans/Pelleport ;

- Dans le 20e arrondissement : Les Portes du vingtième ;

- Dans les 10e, 11e, et 20e arrondissements : Grand Belleville.

Dans le cadre de « la grande mobilisation républicaine est l’affaire de tous », la Ville de Paris s’est engagée à :

o Écouter, accompagner, former :

  • § Création d’une cellule de repérage des discriminations, des actes racistes et
    antisémites ;
  • § Promotion du vivre ensemble, lutte contre les préjugés, le racisme et les
    discriminations ;
  • § Mise en valeur de la laïcité, renforcement de la citoyenneté ;
  • § Droit à l’image, maîtrise des réseaux sociaux, éducation à l’outil internet ;

o Mettre la jeunesse au cœur :

  • § Prévention des situations de décrochage scolaire et d’exclusion ;
  • § Prévention de la radicalisation et accompagnement des familles » ;
  • § Redynamisation des équipements jeunesse ;

o Faire reculer les inégalités :

  • § Promotion de la citoyenneté, de l’emploi, de la formation et de l’insertion
    professionnelle des jeunes, notamment issus des familles les plus précaires ;
  • § Amélioration de l’image des quartiers situés en politique de la ville afin de valoriser leur
    richesse, leur dynamisme, leurs talents ;
  • § Mobilisation des entreprises du territoire, des artisans et commerçants, avec des
    partenariats privilégiés avec les clubs de prévention et/ou les centres sociaux, les
    associations de quartiers ;
  • § Création d’une plateforme de mise en relation bénévoles-associations et de promotion
    des possibilités d’engagement bénévole en direction des jeunes notamment pour du
    soutien scolaire dans les "forums citoyens" ;
  • § Création d’une carte du citoyen de Paris ;

o Lutter contre les discriminations et les inégalités entre les femmes et les hommes :

  • § Création d’un Réseau Parisien de Repérage des discriminations ;
  • § Information, qualification et évolution des pratiques des professionnels ;
  • § Promotion de la culture de l’égalité ;

o Promouvoir la participation des habitants :

  • § Association systématique des habitants aux Grands Projets de Renouvellement grâce
    aux Maisons de projet ;
  • § Démarches de gestion urbaine de proximité et d’amélioration du cadre de vie ;
  • § Création de fonds de participation des habitants.

 

Le Contrat parisien de prévention et de sécurité 2015-2020

La mise en œuvre d’une stratégie globale et partenariale reliant à la fois prévention et
sécurité
Mettre en œuvre dans le cadre d’un programme-cadre une réponse globale et ambitieuse à toutes les formes
d’insécurité moderne qui pèsent sur la société parisienne, des plus banales aux plus graves. Il est articulé en 3
grands volets complémentaires :

o Prévenir la délinquance des jeunes ;

o Protéger les personnes vulnérables, lutter contre les violences faites aux femmes, les violences
intrafamiliales et renforcer l’aide aux victimes ;

Schéma de prévention et de protection de l’enfance 2015-2020 – ANNEXES 9

o Améliorer la tranquillité publique.

Le Contrat parisien de prévention et de sécurité se décline en 31 fiches-action dont 9 nouvelles qui visent
notamment à prévenir la radicalisation, à renforcer la protection des agents chargés d’une mission de service
public, à mettre à l’abri les familles dormant à la rue, à garantir la sécurité des touristes et des séniors ou encore à
prévenir la délinquance dans les transports et les gares.

Au cours de son élaboration, des points de vue de citoyens ont été pris en compte. Il fera l’objet de déclinaisons
spécifiques et concertées dans les 20 arrondissements de Paris au plus près des demandes des Parisiens et des
réalités très contrastées du terrain.

Le Plan de prévention et de sécurité est conçu en articulation avec le Contrat de Ville à destination des quartiers
défavorisés et dont les habitants sont les premières victimes de l’insécurité.
Les jeunes rencontrés par les équipes de prévention spécialisée, les jeunes commettant des actes de
délinquance, les familles sur la voie publique, les familles subissant des violences conjugales sont des publics
cibles du schéma de prévention et de protection de l’enfance. Ces enfants/jeunes et familles sont ainsi au
croisement de l’ensemble de ces différents programmes qui se complètent les uns par rapport aux autres.


Le dispositif garantie jeune

Dossier de candidature à télécharger en fin de présentation. 

Il s’agit de proposer emploi, formation, apprentissage ou stage dans les 4 mois suivant la perte d’un emploi ou la déscolarisation dans les territoires sur lesquels le taux de chômage est supérieur à 25%. C'est un dispositif contractuel entre le jeune et la MLP. C'est un engagement réciproque sur 12 mois. La motivation du jeune est un élément essentiel puisqu’il s’agit d’un accompagnement intensif qui vise l’autonomie du jeune ; une allocation sécurise le parcours ; l'accès à l’emploi doit se faire par la multiplication des mises en situation professionnelle. Ce n’est pas un droit ouvert, mais un accompagnement avec une sécurisation financière.

 

En 2016, la MLP vise 600 jeunes accompagnés sur Tolbiac ainsi que sur un autre site. 22 promotions de 22 jeunes. 1000 jeunes en 2017. Une entrée tous les 15 jours. Un binôme de conseillers (nouveauté à la MLP) pour 120 jeunes par an (150 à 200 jeunes par conseiller sur les autres sites). Le public est celui des 18/25 ans NEET (ni étudiant, ni en emploi, ni en stage), présentant des vulnérabilités les explosant à un risque d’exclusion sociale. Dérogations possibles : mineurs, étudiants, jeunes en formation, en emploi ou en service civique. 

Critères d’entrée :

•             Hors foyer familial et ressources < 462€ (RSA-forfait logement) en ressources d’activité uniquement

•             Jeune au sein d’un foyer mais fiscalement indépendant

•             Jeune ayant droit d’un foyer RSA

•            Jeune majeur étranger hors UE en situation régulière détenteur d’un permis de travail couvrant l’année de la GJ (souplesse sur les dates : il faut un titre de séjour d’un an en cours de validité avec un RDV de renouvellement : vie privée ou familiale autorisant le titulaire à travailler)

•             Jeune majeur étranger UE pouvant démontrer leur présence sur le territoire depuis 5 ans

•             Jeune accompagné PS

•             Accompagné PJJ ou SPIP

•             (…)

 

Prérequis pédagogiques

Maîtrise du français oral, niveau de lecture et d’écriture minimale, mobilisation vers et par l’emploi, capacité à être en collectif pendant 5 semaines, motivation à intégrer le dispositif.

Sécurité financière

Affiliation Sécu, allocation de 462€ incessible, n’entrant pas dans le calcul des ressources de la famille, cumulable jusqu’à une activité équivalent avec 300€ nets, cumulable avec d’autres aides sociales.

Parcours

SAS de 5 semaines en collectif pour étayer le parcours vers l’autonomie en s’appuyant sur le groupe : 2 semaines à la MLP, jeunes en immersion en entreprise 2 semaines après, puis retour à la MLP 1 semaine. Les jeunes reviennent à Tolbiac dès qu’ils ne sont plus en emploi pour des accompagnements individuels, des ateliers collectifs pour outiller le parcours. Le contenu pédagogique est défini : savoirs être, santé, finances, numérique, hébergement, orientation professionnelle, auto-évaluation, loisirs, culture, mobilité, citoyenneté, entreprises. Tout cela est contenu dans un livret qui retrace le parcours ainsi que les auto-évaluations du jeune au 1er mois, au 6ème mois et au 12ème mois. Le jeune doit remplir chaque mois une déclaration indiquant qu’il est ou non en activité. S’il ne remet pas cette déclaration, l’allocation ne lui est plus versée. L’item « entreprise » est très développé. La MLP a un partenariat avec des entreprises qui vont accueillir des stagiaires, parrainer chaque promotion (visite en entreprises…). Des partenaires interviendront également (CPAM…).

Les sorties positives

A la sortie, il est visé l’alternance, l’emploi (CDD+6mois, CDI), la formation qualifiante, la mise en situation professionnelle 80 jours (4 mois) dans l’année. Un jeune qui fait un service civique met entre parenthèses le dispositif, et le réintègre ensuite.

Prescripteurs

SPIP, PJJ, ASE, SSDP, Education nationale, PS, ANRS, Urgence jeunes.

Le dossier à remplir est plus bas. Tout dossier incomplet ne sera pas présenté en commission (attention, scanner les pièces une par une pour le dossier). Tout cela doit être transmis à la MLP (au conseiller du jeune, le faire inscrire sinon). Le dossier de situation doit être le plus clair possible pour informer la commission le mieux possible quant à la situation du jeune.

Le dossier est validé par le conseiller (qui vérifie qu’il n’y ait pas d’autres dispositifs plus intéressants pour le jeune à ce moment-là). Le conseiller nous fera un retour sur l’entretien qu’il aura eu avec le jeune, suite à réception du dossier. Le dossier du jeune, en commission, ne sera évalué que sur son volet administratif, finalement. Le « moment à enjeu », est celui du diagnostic partagé avec le conseiller de la MLP au moment du dépôt du dossier. C’est à ce moment-là que l’éducateur va apporter sa vision de la situation du jeune au temps t. 

Le dossier arrive alors en commission (une tous les 15 jours). Nous recevons un retour de la réponse de l’Etat. Une fois le dossier validé, le jeune peut rentrer, maximum, sous trois semaines.

Il y a une commission locale d’attribution et de suivi restreinte (bimensuelle ou hebdomadaire) : présentation des dossiers. Les commissions locales d’attribution et de suivi plénières nous seront ouvertes, pour échanger de façon transversale ainsi que sur les dossiers plus complexes. Il y a un comité de pilotage une fois par an.

 


Fédération de Paris des centres sociaux

Logo fédé de Paris des centres sociaux

Le site internet de la fédé est accessible ici.

Qui sont-ils? La fédération des centres sociaux de Paris rassemble 27 des centres sociaux parisiens. Elle emploie 4 salariés.

Que font-ils?

  • Ils accompagnent une Recherche Action Qualifiante qui regroupe des salariés des centres sociaux, de la Prévention Spécialisée et d’autres acteurs des quartiers. Il s’agit de mettre en mouvement le pouvoir d’agir des habitants.
  • Ils forment le réseau des salariés, mais aussi le réseau des bénévoles des centres sociaux.
  • Ils accompagnent les centres sociaux dans des projets à l’échelle de Paris comme Quartiers en culture pour promouvoir la richesse culturelle des habitants. 
  • Ils accompagnent les centres sociaux en difficulté et ceux en création.

Leur site? Il est là : http://paris.centres-sociaux.fr

Ensemble on va faire quoi? De nombreuses équipes de PS travaillent déjà en lien étroit avec un ou des centre(s) social(aux). Nous avons tout intérêt à mettre en lumière nos actions communes, et leur impact sur l’environnement des quartiers dans lesquels nous sommes implantés. Il pourra être intéressant, également, de réfléchir conjointement à des formations sur des sujets communs, ou à de nouvelles actions à porter pour répondre aux besoins des jeunes habitants et de leurs familles. 


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Directrice de la publication : Sabine Toupet, Déléguée générale

 

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Tél. : 09 50 09 18 50
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Hébergement
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55, rue Boissonade 75014 PARIS

 

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404

Bonjour,
Vous avez tenté d'accèder à une page n'existant a priori pas, ou ayant changé d'URL d'accès.
N'hésitez pas à nous signaler tout problème que vous rencontreriez.

L'équipe du CPSP


Une sortie positive en IAE (AI, MLP, EI, garantie jeune...)

LES SORTIES DYNAMIQUES (SORTIES POSITIVES) EN INSERTION PAR L’ACTIVITE ECONOMIQUE :

Le Comité National des politiques de Lutte contre la pauvreté et l’Exclusion sociale (CNLE) auprès du Premier ministre définis les sorties dynamiques attendues des structures d’IAE ainsi :

•             les sorties vers l’emploi durable

CDI, CDD ou missions d’intérim de 6 mois et plus, stage ou titularisation dans la fonction publique et création d’entreprises.

•             les sorties vers « un emploi de transition »

CDD ou période d’intérim de moins de 6 mois, contrats aidés chez un employeur de droit commun.

•             les sorties positives

Formations pré-qualifiantes ou qualifiantes, embauches dans une autre SIAE.


Le SPS Olga Spitzer philosophe en rue

Le SPS Olga Spitzer vient de lancer depuis ce mois d’avril une action innovante dans son secteur. Ce projet vise à amener un philosophe en rue pour favoriser des discussions avec les jeunes, une nourriture intellectuelle qui les fera grandir, réfléchir et surtout les amener à développer une pensée, une pensée critique et objective. Leurs pensées ! Qui dit Education spécialisée, dit éducation ! Donc Educare = Elever l’individu

Pourquoi ?

La philosophie est une activité humaine très ancienne. Elle consiste à se poser des questions, à y réfléchir et à mettre en discussion les réponses qu'on y apporte. Ces questions concernent la place de l'homme dans le monde et le sens de la vie.

Le mot philosophie vient du grec philos (aimer) et sophia (sagesse ou savoir). "Philosophie" signifie donc « amour de la sagesse » ou « amour du savoir ».Il va s'agir de désacraliser la philosophie en l'amenant dans l'espace public. C'est une forme de culture trop souvent élitiste, à laquelle ces jeunes n'ont pas souvent accès. Pourtant leurs regards sur la société diffèrent des conventions et Grégory Darbadie, philosophe, devrait permettre d'enrichir les échanges avec ces jeunes. À quoi sert ce projet de faire la philosophie de rue? En philosophant, on essaye de mieux comprendre le monde, on s'exerce à penser, à réfléchir pour devenir plus sage et plus intelligent.

 Qui ?                                      

Après plusieurs rencontres, Grégory Darbadie a montré des capacités d'improvisation sur de nombreux sujets. Sa riche expérience avec un public pouvant se rapprocher de celui de la prévention spécialisée à conforter les éducateurs dans la cohérence de cette action.

Quoi ?

Il devra favoriser les discussions et les réflexions communes. Il doit être capable de repérer les demandes et d'alimenter le questionnement, d'ouvrir la pensée. On peut aussi faire de la philosophie par plaisir (comme loisir).

Les tours de rue avec le philosophe seront l'occasion de permettre aux jeunes rencontrés lors des maraudes de voyager en pensée. Grégory est convaincu de pouvoir ouvrir par la parole et la pensée des portes de sorties du quartier.

On sème par ce travail, ces graines qui tôt ou tard finiront par germer et faire de ces quartiers "sensibles" les plus beaux jardins du monde.

Le cadre, retour aux sources…dans la rue !

A l’origine les philosophes grecs recevaient non pas dans les amphis ou les palais, mais au fond de leur jardin le peuple, le tout venant curieux ou amoureux de la philosophie désireux de s’initier et d’échanger sur des débats philosophiques.

Les échanges se passent en rue, sur les points de rencontre avec les jeunes (rue, café, hall...). Le philosophe intervient ponctuellement, le dernier mardi de chaque mois à raison de 2 heures par session (18H-20H).

Lors de ces interventions il est toujours accompagné par ou moins un éducateur. Il n'apporte pas de réponse, mais il suscite des questionnements et réflexions.

Chaque intervention sera l'objet d'un compte-rendu détaillé dans un cahier à disposition de l'équipe éducative SPS Olga Spitzer Paris 11.

Une première évaluation sera faite début juillet, une autre début octobre. L'expérience pourrait être reconduite pour six autres interventions.

 

L'équipe éducative du SPS Olga Spitzer


La grande dictée au SPS Olga Spitzer

La grande dictée 2016


Cette année, la grande dictée du SPS Olga Spitzer a été accueillie dans la salle des fêtes de la Mairie du 11ème

 Ouverture par Chérif Chaouche (à droite), directeur du SPS Olga Spitzer et Stéphane Martinet (à gauche), Maire adjoint du 11ème en charge de la Prévention et de la Sécurité


Installation des plus jeunes pour la dictée des enfants

 Et c'est parti! Aucun perdant, chacun aura son lot!



L'oeil attentif de la fantastique prof de français du collège Pilâtre de Rozier, Bérengère Toton, qui a gentillement orchestré l'évènement avec le SPS


 

Un grand buffet pour clôturer l'évènement dans les couloirs de la salle des fêtes de la Mairie!

 

Les objectifs de ce projet

Impulsé par le service de Prévention Spécialisée Olga Spitzer et investi par des collégiens du 11 ème , ce projet réunit dorénavant de nombreux partenaires.
En effet cette année, la soirée se tiendra en mai 2016 dans le 11 ème arrondissement. Ce sera l’occasion d’une rencontre entre les jeunes et leurs familles, des professionnels du quartier et des élus municipaux.

Les grandes lignes du projet

« La grande dictée » sera un moment convivial intergénérationnel qui vise à démystifier les appréhensions liées à la dictée. Ce sera un temps de partage qui permettra de mettre en valeur un projet réalisé par des collégiens de l’arrondissement. Un des objectifs est de créer un réseau de partenaires multiples autour d’action sur le milieu. Ce projet a vise à se faire rencontrer jeunes et moins jeunes des différents quartiers du 11 ème arrondissement.
La soirée se déroulera en quatre temps :

  • 1 er temps : par binôme, les enfants (11 à 15 ans) devront mutualiser leurs compétences pour écrire un texte, choisi et dicté par les porteurs du projet.
  • 2 ème temps : un intermède artistique sera proposé par des collégiens (porteurs ou non du projet) afin de valoriser les compétences artistiques des jeunes.
  • 3 ème temps : les adultes devront se prêter au jeu en participant à la dictée adulte.
  • 4 ème temps : remise des lots (livres, CD, DVD, places de cinémas etc.) aux participants et moment convivial autour d’une collation.

Porteurs de projet et partenaires

L’année dernière, cinq élèves de 5 ème du collège Anne Frank se sont appropriées le projet et ont participé activement à sa réalisation, avec le soutien bienveillant du service de prévention spécialisée (SPS) d’Olga Spitzer.
Une professeure de français, grec et latin du collège Anne Frank a apporté son expertise dans le choix et la constitution des textes et a travaillé la diction avec les jeunes pour les préparer à s’exprimer.
Le centre d’animation MJC Mercœur a pris en charge, dans la soirée, les aspects techniques (régie), nécessaires lors de l’intermède artistique.
Nous avons le plaisir d’être soutenu dans notre projet par des élus du 11 ème arrondissement. Il s’agit de Mme Debieuvre, première adjointe au Maire chargé de la culture, du patrimoine, de la mémoire mais également Mme Terlizzi, adjointe au Maire chargée de la jeunesse et de l’éducation citoyenne ainsi que Mr Martinet, adjoint au Maire chargé de la prévention et de la sécurité.
Enfin, l’AGECA lieu emblématique de la vitalité associative et citoyenne nous avait ouvert ses portes le vendredi 5 juin 2015 pour accueillir l’évènement. Ce fut, aux vues des participants et des organisateurs une réussite.
Le SPS, dans le cadre de sa mission sur le territoire, intervient auprès d’un public jeune (11 à 21 ans) et de leur famille. C’est pourquoi ce projet se veut intergénérationnel. La notion de rencontre collective et intergénérationnelle est importante, car le temps partagé et la reconnaissance des compétences de chacun peuvent permettre une évolution de la perception de l’autre comme individu à part entière avec lequel il est possible d’échanger.
Une rencontre informelle entre les habitants du 11 ème et les élus serait un bon moyen pour apprendre à se connaître, partager des informations et des envies, des projets. C’est également un rassemblement de jeunes et de professionnels invités visant la mixité, l’échange d’expériences, de savoirs faire et de cultures. Environ 150 personnes sont attendues au cours de cette soirée.

Les temps forts du projet

La récolte de fonds (pour financer les lots à destination des participants) et la communication apparaissent comme deux temps forts du projet. La récolte de fonds se déroule en trois temps :

  • une vente de gâteaux au collège lors de la remise des bulletins du second trimestre 
  • une vente de gâteaux dans un parc un weekend ensoleillé avec élèves, professeure et éducateur
  • un démarchage auprès des commerçants du quartier un mois avant l’évènement à raison d’une fois par semaine avec les élèves et les éducateurs.

Lors de ces trois temps, les éducateurs épaulent les collégiens pour la réalisation de ces actions. Notons que ces temps de récolte de fonds sont également des moments privilégiés pour communiquer autour de l’évènement. Les autres temps dédiés à la communication sont :

  • la pose d’affiches dans trois collèges différents du 11 ème (Anne Frank, Alain Fournier et Pilâtre de Rozier) pour inviter les collégiens à participer avec leur famille à cette soirée ;
  • la distribution des flyers dans le 11 ème arrondissement auprès des riverains et des professionnels pour enrichir la mixité des participants.

La majorité des fonds récoltés permettront de financer des lots à destination des participants. Une partie du budget permettra de communiquer sur ce projet.
Nous envisageons également des partenariats avec des commerces du 11 ème pour constituer des lots.
Enfin, si les fonds le permettent, un buffet sera mis en place. Toujours dans cette logique de partage, nous souhaitons mobiliser les inscrits pour une participation, aussi simple soit elle, afin d’agrémenter le buffet.

L’équipe du SPS11 Olga Spitzer


Intervenir en gare

Le 6 avril étaient réunis au sein des locaux de la gare de l’est les nombreux partenaires de l’équipe Nord-Way d’Arc75 pour le comité de suivi annuel. Au cours de ce moment privilégié de rencontre avec les chefs de gare, le responsable social des gares Nord-Paris et d’autres intervenants de la SNCF, les 4 éducateurs, leur responsable de pôle, le Directeur et le Président de l’Association ont présenté les temps forts de leur travail pour 2015.

L’année 2015

174 jeunes ont été concernés par l’action éducative, dont 105 accompagnés individuellement. Les jeunes de ces gares présentent des problématiques prégnantes en matière de pratique prostitutionnelle, de violences agie ou subie, de santé.

L’équipe dispose d’un véhicule aménagé, cofinancé par la SNCF, qui permet de recevoir les jeunes dans un espace rassurant, de mettre en place des ateliers (slam ou bien-être par exemple), mais aussi de partir en séjour, parfois au pied levé.  Avec le soutien de la SNCF, des chantiers éducatifs ont pu se développer. En février, les jeunes ont pu partir en séjour solidaire dans les Hautes Alpes, pour aider à la réfection d’un village.

En complément de l’intervention éducative des éducateurs de rue « classique », des co-interventions se déroulent régulièrement.  Un psychologue de rue, membre de l’équipe, intervient 8h/ semaine auprès des jeunes. La coordinatrice de la Consult’jeunes de l’association Charonne intervient également 1/2 journée par semaine (co-intervention présentée lors de la journée des Consultation Jeunes Consommateurs, voir numéro d’avril 2016). Enfin, la responsable du pôle santé Goutte d’Or, conseillère conjugale et sage femme, intervient 1/2 journée par mois. Ces interventions visent à mettre les jeunes en lien avec des professionnels « experts » auprès desquels les jeunes peuvent, avec le temps, trouver un relai pour répondre à leurs problématiques.

A venir pour 2016

L’équipe développe différentes pistes pour améliorer son action : un projet cirque avec la Compagnie Kazamaroff. Cette compagnie ayant une grande expérience de travail avec la population migrante, il s’agit de proposer un outil d’accroche adapté à la culture d’origine des jeunes ciblés et un nouveau prétexte de rencontre avec les plus jeunes afghans du jardin Villemin. Il s’agira également, en plus de la poursuite des actions menées en 2015, de développer les chantiers éducatifs, les actions « coup d’main » ou encore les actions solidaires.

La communication comme outil partenarial

La SNCF a publié dans son journal deux articles sur l’action menée pour sensibiliser tout son personnel. Ce temps d’échange avec l’ensemble des partenaires de l’équipe permet à chacun d’avoir conscience du contenu éducatif des actions menées, d’ouvrir un temps d’interrogation, de bilan, temps nécessaire pour faire remonter les besoins des jeunes et avoir la démarche pédagogique qui garantit une bonne compréhension du travail réalisé.

D’après la contribution de Natacha Lachouri, Responsable de pôle Arc75

 


Des jeunes bellevillois au Togo : 2 ans de projet

L’amorce du projet

Un groupe de jeunes filles et garçons de 18 à 22 ans a sollicité l’équipe Belleville (4 éducs, 1 chef de service) pour réaliser un projet de solidarité internationale il y a 2 ans. Ces jeunes sont suivis par l’équipe depuis leurs 11 ans via de l’accompagnement à la scolarité, des sorties de loisirs, des séjours et des suivis individuels et familiaux. L’équipe a vu dans cette demande de projet la possibilité de mobiliser ces jeunes très fragilisés autour d’un objectif commun revalorisant et positif. Le fait de se décentrer de soi et de travailler autour d’un projet solidaire en direction de l’autre permet aux jeunes de prendre du recul sur leurs vies, de réaliser une pause mais aussi leur offre une projection dans un temps plus long.

Financer le projet

Le financement de ce type de projet est l’un des principaux écueils, mais aussi un levier de travail avec les jeunes : il va falloir aller chercher des partenaires qui soutiennent l’action de solidarité internationale, et mobiliser les jeunes pendant le temps nécessaire à rassembler les moyens financiers. Etant donné le profil de ces jeunes et la temporalité du projet (plus de deux ans), il a été parfois difficile de les impliquer sur toutes les actions d’auto-financement, mais les jeunes, entre juin 2014 et novembre 2015, ont conduit :

  • Deux soirées de restauration solidaire en partenariat avec le centre social Hanam,
  • Un chantier peinture de deux semaines en partenariat avec le bailleur Paris Habitat et l’entreprise d’insertion InfoBât,
  • Une brocante en partenariat avec l’association Fatou Kaba,
  • Deux cinémas en plein air en partenariat avec Belleville en vue,
  • Deux fêtes de quartier en partenariat avec le centre social,
  • Un chantier de Solidarité Internationale à Nîmes en partenariat avec Solidarité Jeunesse,
  • Une opération Vide Grenier à Belleville, dont l’organisation a été portée par l’équipe,
  • Un chantier de rénovation du local de l’Equipe de Développement Local en partenariat avec l’association Extramuros.

La fédération Léo Lagrange est souvent sollicitée pour les séjours vers l’Afrique. La région Ile-de-France ne finance plus les séjours de ce type. Un financement par le dispositif VVV-SI est possible (informations ici). Pour ce projet, le sénateur Pierre Laurent a également contribué.

Le Séjour au Togo

Les jeunes sont donc allés, pendant une quinzaine de jours, à la rencontre de jeunes togolais avec lesquels ils ont collaboré pour aménager un espace vert de détente pour les jeunes et les enfants du village. Lors de la restitution à l’intention du quartier qui s’est déroulée le 27 mai à la Villa Belleville, les nombreuses photos (peut-être bientôt disponibles sur notre site si les jeunes donnent leur accord) et le diaporama ont montré toute la richesse des rencontres, des échanges, du travail en commun et des visites. Le groupe a su faire passer autant les quelques difficultés rencontrées (grande chaleur, eau limitée, chantier parfois physiquement difficile), tout en axant surtout sur les grands apports pour eux. Leurs propos montrent qu’ils n’ont pas encore pleinement conscience de ce qu’ils ont réalisé, tant ici, pour le financement du projet, que là-bas (« Que nous on soit là, ok, mais eux, les gens du quartier et les autres gens, pourquoi ils sont là ? »).

L’impact du séjour

L’impact d’un séjour de cette ampleur se mesure auprès des jeunes partis, des jeunes associés au projet, mais qui n’ont pas pu partir, et dont les capacités ont été mises en exergue, qui ont réussi à s’investir sur un projet dans le long court, qui ont acquis des compétences spécifiques et générales supplémentaires. Cela se mesure, aussi, auprès du quartier qui change son regard sur ces « jeunes difficiles », qui bénéficie d’une réouverture du champ des possibles. Enfin, l’implantation des éducateurs au sein du territoire dans lequel ils travaillent en bénéficie également (le bouche-à-oreille de ce qu’ils ont « fait pour les jeunes » circule vite et reste longtemps).

 


D’après les éléments fournis par le chef de service de l’équipe Belleville, Adama Sené, son équipe et les jeunes lors de la restitution

 


La newsletter de mai 2016

Au sommaire :


Le site internet

On y trouve quoi? La carte des territoires couverts par la PS à Paris, les infos sur le CPSP, les groupes de travail en cours au CPSP avec des documents de référence, des actus sur les assos, des dossiers thématiques (scolarité, protection de l’enfance, santé, sécurité…), des infos sur les partenaires par arrondissement, par thème, sur tout Paris, en France.

On s’y retrouve comment? En première page, vous trouvez les « actus » du moment et la carte (en cliquant sur les zones, vous repérez les assos et retrouvez les sites internet de chacune). Ensuite, vous avez des onglets thématiques : le CPSP kézako pour les contributions et newsletters déjà sorties et les infos sur le fonctionnement ; l’actu des assos et du CPSP (cela parle de soi-même); les dossiers thématiques pour des apports biblio sur certains sujets, les contrats et pactes parisiens en cours, les aides financières pour les jeunes, les dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle, le fonctionnement de certaines instances; les partenaires. Une case « recherche » vous permet une recherche par mots clés.

On y contribue et on le fait évoluer comment? Toutes les contributions (lectures, actualités, projets…) sont les bienvenues et sont à envoyer à cpsp.deleguee@gmail.com. Après validation, cela apparaîtra sur le site.


Intervenir en gare


Les dispositifs d'aide à la scolarité

Les fiches des dispositifs Coup de pouce, ALEM, AFM6 action collégiens, réussite éducative. 


Le FIPD


Le contrat de ville 2015 2020

Le contrat 2015-2020 : place de la PS

Ne sont présentées ici que les mesures pour lesquelles la Prévention spécialisée est nommément citée.

Axe 1 : accompagner les parcours et prévenir les ruptures

1.1  Construire des trajectoires scolaires et éducatives positives

Trois grands axes ressortent :

  • Lutter contre le décrochage scolaire
  • Promouvoir la santé et le bien-être des enfants
  • Accompagner les parents dans le rôle de co-éducateur.

Ce volet devra être décliné dans le Projet Educatif Départemental de Territoire (PEDT) ainsi que dans la stratégie pour l’enfance de Paris. Les objectifs visés sont :

  • Diminution du nombre de décrocheurs
  • Diminution de l’écart dans la réussite au brevet entre élèves des QPV et les autres
  • Diminution de l’écart dans le taux de passage en seconde générale ou technique entre élèves des QPV et les autres
  • Favoriser la socialisation
  • Accompagner les parents et soutenir les familles en les aidant à concilier vies professionnelle, familiale et sociale
  • Renforcer la mixité sociale, lutter contre le racisme et les discriminations, promouvoir l’égalité femmes hommes dans le système éducatif.

« Afin de prévenir les situations de décrochage scolaire et d’exclusion, chaque établissement scolaire sera encouragé à passer une convention de coopération avec le club de prévention et/ou le centre social intervenant sur son secteur. Cette coopération permettra le repérage et le suivi dans et en dehors des élèves en situation de décrochage et l’accompagnement des familles dans leur relation avec l’institution scolaire. »

1.2  Sécuriser les parcours professionnels

Le public prioritairement visé est celui des jeunes en situation de décrochage scolaire et des jeunes suivis par la PJJ.

Ce volet sera décliné dans le Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi (PLIE).

Le constat est celui d’une mobilité professionnelle des jeunes non diplômés des QPV limitée par des freins matériels (permis de conduire), par des ruptures dans les parcours, par une autocensure.

La Prévention spécialisée est attendue pour intégrer les chantiers éducatifs et les chantiers école dans une logique de parcours. 20 convention par an seront signées entre acteurs de l’insertion et entreprises avec une implication forte des clubs de prévention et des centres sociaux.

« Nous mobiliserons les entreprises du territoire, les artisans et les commerçants et les inciterons à nouer des partenariats privilégiés avec les clubs de prévention et/ou les centres sociaux, les associations de quartier. Des parcours personnalisés vers l’emploi seront privilégiés en lien avec les acteurs de la politique de l’emploi, notamment la Mission Locale. »

Axe 2 : Vivre sa ville et son quartier

L’espace public doit pouvoir davantage être adapté, pacifié et mobilisé par les familles, les adolescents, les enfants. Il s’agit de passer de l’espace public à l’espace commun, et cela suppose une appropriation, une implication et une responsabilité des habitants.

La PS est visée pour une meilleure information des clubs de prévention sur l’existence des rallyes citoyens. Elle est également concernée par la facilitation de l’organisation de manifestations festives dans l’espace public. Enfin, il s’agira de faciliter les chantiers éducatifs, les chantiers-école et de promouvoir les chantiers d’insertion sur les quartiers.

Axe 3 : dynamiser les quartiers de la ville

Il s’agit de favoriser l’expression de l’identité des quartiers, de valoriser les actions menées dans des espaces emblématiques, de valoriser la connaissance de l’histoire d’un quartier.

La gouvernance du contrat de ville

A Paris :

  • Un Copil rassemblera les partenaires signataires deux fois par an, notamment pour fixer les priorités de l’appel à projet annuel ;
  • Une direction de projet sera assurée par le préfet, l’adjointe à la Mairie en charge de la Politique de la Ville, la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) de la préfecture et la direction de la démocratie des citoyens et des territoires de la Ville de Paris. Ce comité se réunira trois fois par an.

La mise en œuvre se fera par :

  • Pour la préfecture : les délégués du Préfet, le pôle politique de la Ville de la DDCS
  • Pour la Ville : par la sous-direction de la politique  de la Ville et de l’action citoyenne de la DDCT, par les mission politique de la ville et les EDL (dans les territoires), par la mission expertise thématique et ses chargés de mission (pour la ville entière), par le pôle ressources (qualification, formation), par le pôle subvention.

 

Dans le préambule du contrat est précisé la création à venir d’une cellule de repérage des discriminations et actes racistes et antisémites avec une formation des personnels de la Ville au repérage de ces situations.

Le budget participatif et les fonds VVV seront utilisés pour financer des projets concernant :

  • La promotion du vivre ensemble, la lutte contre les préjugés, le racisme et les discriminations ;
  • La mise en valeur de la laïcité, le renforcement de la citoyenneté ;
  • Le travail sur le droit à l’image, la maîtrise des réseaux sociaux, l’éducation à Internet.

L’un des objectifs de ce contrat est de multiplier par 2 le nombre de jeunes accueillis par la Ville de Paris en service civique.

Une plateforme sera créée de mise en relation entre bénévoles et associations, et de promotion de l’engagement bénévole en direction des jeunes.

Le plan parisien de lutte contre les discriminations ainsi que le plan global d’égalité femmes hommes à Paris viendront compléter le contrat.

Ce contrat doit être décliné dans des projets de territoire.

Bilan CUCS (contrat urbain de cohésion sociale) 2007-2014

La scolarité

Contrat local d’accompagnement scolaire, ALEM, coup de pouce, AFM6, action collégiens. 11 équipes pluridisciplinaires pour le programme de réussite éducative. Chantiers éducatifs, d’insertion, chantiers-écoles.

Trois Zones d’éducation prioritaires (ZEP) : Barbès-Goutte d’Or et Château Rouge dans le 18ème, Stalingrad dans le 19ème et Orteaux Réunion Saint Blaise dans le 20ème.

La tranquillité publique

Dispositifs VVV, FIPD, correspondants de nuit dans les 9 périmètres politique de la ville, des inspecteurs de sécurité, un dispositif de tranquillité séniors.

Autres dispositifs

Régies de quartier.

Ateliers santé ville

200 postes d’emplois aidés d’adultes relais.

Des quartiers « en dégradation »

Dans le 18ème, la porte de Montmartre, dans le 19ème Flandre et Danube-Solidarité, dans le 20ème la porte de Montreuil sont des quartiers considérés comme en dégradation.

Une nouvelle cartographie des Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV)

La nouvelle cartographie s’est basée sur des espaces territoriaux dans lesquels on rencontre une quantité importante de ménage à bas revenu (à Paris, moins de 12.800€). 20 zones ont été retenues à Paris, touchant 150.460 habitants. Certains quartiers ont été placés en veille active (sur la carte VA) : ils bénéficient de l’ingénierie de la politique de la ville, d’une mobilisation accrue du droit commun, de la réussite éducative et du maintien des adultes relais. 

 


QPV Paris 2015


Le bilan des contrats de ville 2015

Population en QPV 2015

2015 a marqué le démarrage des nouveaux contrats de ville. Il s’agit :

  • De ne pas oublier les quartiers en veille ;
  • D’une volonté d’évaluation aussi scientifique que possible ;
  • D’installer cette évaluation dans le temps.

1.436 quartiers sont maintenant Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (CPV), contre 751 Zones urbaines sensibles (ZUS), 2.492 Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS). Cela touche 5.300.000 personnes, soit 8.4% de la population française.

Les nouveaux contrats de ville reposent sur trois piliers :

  • La cohésion sociale ;
  • Le cadre de vie et le renouvellement urbain ;
  • Le développement de l’activité économique et de l’emploi

Ces piliers reposent sur le socle de la participation des habitants au travers des conseils citoyens.

La nouvelle géographie prioritaire

Elle est majoritairement appuyée sur des critères de revenus. Les QPV concernent majoritairement des grandes agglomérations, en tout cas des zones sous influence des villes. Les populations y sont jeunes, peu scolarisées, souvent étrangères, avec une importante part de familles monoparentales, en emplois précaires.

La cohésion sociale

Domaines : Soutien aux familles monoparentales et solidarité entre les générations. Education, santé, justice, accès aux équipements sociaux, culturels, sportifs et associatifs assurant le lien social.

De nombreux collégiens des QPV sont scolarisés en Réseau d’éducation prioritaire (REP : effectifs de 21 élèves, plus d’heures d’enseignants, mais présence de nombreux professeurs de moins de 30 ans). Leur réussite au brevet est de 75.6% contre 86.1% dans le reste de la population. Les élèves sont moins nombreux en filière générale après le collège, et on rencontre plus de redoublement en seconde. La réussite au bac, général comme technologique, est moindre.

On constate un déficit généralisé de l’offre de soins.

La non-participation à une association, comme usager ou comme bénévole, est principalement expliquée par le niveau d’étude, ce qui n’est pas le cas pour les personnes habitant en-dehors de ces quartiers, pour lesquelles les facteurs explicatifs sont multiples. Le manque d’envie et le manque de temps sont les deux raisons les plus données par les habitants des QPV pour justifier l’absence d’activité culturelle ou de loisir.

Le cadre de vie et le renouvellement urbain

Domaines : Qualité de vie, tranquillité publique, implantation d’équipements et de services, mixité sociale, mobilité résidentielle.

Les principaux problèmes des logements des QPV sont le surpeuplement, des problèmes d’isolation thermique et phonique, de l’humidité. 4/10 ménages signalent du vandalisme ou des négligences quant aux parties communes (2.5 dans le reste de la population). Pourtant, 80% des personnes se disent satisfaits de leur logement.

½ habitant évoque une mauvaise image véhiculée par son quartier. 1/5 (1/7 ailleurs) déclare se sentir parfois ou souvent en insécurité, malgré une même proportion de victimes d’atteintes personnelles (vol, injures, menaces, violences physiques). Ils sont deux fois plus nombreux qu’ailleurs à être témoins de consommation ou de trafic de drogues.

Le développement de l’activité économique et l’emploi

L’objectif est de diminuer de moitié les écarts entre taux d’emploi des QPV et des agglomérations de référence, en particulier au bénéfice des jeunes.

Les taux de chômage et de précarité de l’emploi sont très élevés. Les métiers exercés y sont moins qualifiés, même chez les Bac+5 (22% de chances de moins d’occuper un emploi de cadre).

61% des jeunes de moins de 30 ans ont un niveau d’études inférieur au Bac (contre 37.7% ailleurs). 36% sont NEET. 8% (4% ailleurs) sont en intérim et 26% (22% ailleurs) sont en CDD. Difficultés de garde d’enfant et responsabilité d’une personne dépendante sont les principaux motifs de non recherche d’emploi. Les contrats en alternance sont peu mobilisés.

Les conseils citoyens

Un par QPV, comprenant un collège d’habitant tirés au sort avec autant de femmes que d’hommes ; un collège d’associations et d’acteurs locaux sur candidature ; indépendant des pouvoirs publics ; participant aux instances du contrat de ville et de renouvellement urbain. 


Population en QPV

Population en QPV


7ème journée de la Prévention Spécialisée _ 28 et 29 avril 2016

Vous retrouverez dans le compte rendu joint les éléments rassemblés ci-dessous, mais aussi dans les actes du CNLAPS disponibles ICI

Introduction

Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la jeunesse et des sports

Les défis sociétaux actuels et leurs enjeux _ Marcel Jaeger, titulaire de la chaire de travail social et d’intervention sociale au CNAM

Qu’est-ce que l’utilité sociale et comment l’évaluer _ Benoît Mounier, chargé de mission économie sociale et solidaire, agence d’ingénierie et de services pour entreprendre autrement (AVISE)

Focus sur les retombées économiques positives liées à la PS _ Philippe Langevin, maître de conférence à l’Université Aix-Marseille en économie

Atelier développement des chantiers éducatifs par la mutualisation

Demain la prévention spécialisée, entre éducatif et social

Vers une recomposition de l’action sociale : utilité et place de la PS

Conclusion

L. Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et des droits des femme


Logo OPEJ


L'OPEJ a accompagné Médiation nomade

L’association Médiation nomade présente ainsi son action : « La médiation nomade consiste à installer son camping-car dans les villes et les quartiers difficiles, en pied d’immeuble, au plus près des habitants entre 20h et minuit, lorsque les «institutions» classiques ne sont plus présentes. » Ils ont installé leur camping-car 5 fois entre mai et septembre, sur le territoire couvert par l’OPEJ dans le 19ème. L’OPEJ nous en propose ici ses premiers éléments de bilan.

CONTEXTE
Nature de l’intervention du Service de prévention spécialisée de l’OPEJ sur cette action :
-soutien et déclaration administrative,
-présence d’éducateurs spécialisés de nuit,
-coordination logistique des partenaires locaux,
-mobilisation et approche des jeunes pour les événements,
-promotion de l’événement (création d’affiches et de flyers, distribution et diffusion via les réseaux sociaux …),
- organisation de repas.

ANALYSE DES SOIRÉES
Les interventions nomades sont intéressantes parce qu’elles s’inscrivent dans le tissu local et dans une articulation partenariale. La présence de Médiation Nomade crée un événement par l’installation d’un bus, la diffusion de musique et le service d’un thé à la menthe et offre un lieu favorisant la rencontre.

Cette intervention agit comme un catalyseur. Elle permet une action, des réactions et une valeur ajoutée humaine.
Pour que l’action de Médiation Nomade se déploie pleinement :
Nécessité d’un travail préparatoire sur le terrain
Le Service de prévention spécialisée «Le Club du canal » a ainsi effectué l’ensemble des déclarations administratives nécessaires aux autorisations pour organiser les soirées.
À ce travail de terrain qui comporte le choix du lieu, s’ajoute une préparation en amont : logistique (mobiliers, téléviseurs, matériel pour activités diverses et repas). Ceci étant indissociable d’une connaissance préalable du terrain.
Les participations actives des associations Entr’aide, Maison 19 RDN et Créaquartier ainsi que leur réactivité et l’apport en matériel ont été autant de soutiens à cette émergence. Elles ont l’habitude de travailler ensemble et ont des constats conjoints sur la situation de la zone
qui avait été proposée à Médiation Nomade.
Nécessité d’un travail préparatoire pour mobiliser les jeunes
L’adhésion au projet ne peut cependant se produire que si un travail local est effectué en amont.
Les jeunes et le public présents sur le site étaient connus des éducateurs et des animateurs. Nous avions préalablement, sur cette zone, une diversité d’implications dans les
accompagnements sociaux éducatifs et une présence régulière des acteurs locaux.
Ces expériences de terrain ont certainement été des facteurs de réussite de cette action.

LES EFFETS DE CETTE ACTION
Caractère innovant de l’action
L’intervention de Médiation Nomade a proposé un dispositif inattendu pour le quartier. Cette intervention casse les habitudes, les routines, et finalement l’espace-temps de quelques soirées. Les cadres et les repères habituels sont bousculés.

Pertinence d un maillage en réseau

Ce dispositif ne peut opérer que si le lieu, le temps et les relations avec les jeunes sont travaillés avec les acteurs locaux. Le travail de repérage et de réseau est indispensable. L’apport de Médiation Nomade comme tiers extérieur prend tout son intérêt quand il est articulé avec des dispositifs locaux existants.

Retombées éducatives
Yazid Kherfi a lancé des thématiques intéressantes qui peuvent potentiellement être exploitées avec les jeunes.
L’arrivée de Médiation Nomade nous a donc permis d’ouvrir de nouveaux possibles avec des jeunes déjà connus, nous a aussi permis de rentrer en relation avec d’autres et surtout permis de renforcer des accompagnements éducatifs existants.
L’intervention sur des horaires de nuit a favorisé une proximité entre l’équipe éducative et les jeunes autour d’un projet éducatif structuré.
Nous pouvons d’ores et déjà constater que cette expérience des 6 soirées nomades permet de prolonger l’accompagnement éducatif de certains jeunes et ainsi mobiliser de nouvelles énergies qui émergent du territoire.


Les retombées en termes d’accompagnement, l’émergence de nouvelles dynamiques de travail sur des problématiques parfois restées souterraines et à la marge sont bénéfiques.

Le Service de prévention spécialisée peut en tirer tous les bénéfices pour les jeunes qu’il accompagne.
Penser l’après est aussi indissociable de toute action de ce type pour éviter la dimension éphémère de cette expérience.

PERSPECTIVES
Ce type d’actions a souligné chez nos éducateurs la conviction que cette zone a besoin d’une présence accrue d’adultes et renforce l’idée d’un projet de création d’une structure pluri-associative sur cette zone.
Nous encourageons le développement de cette expérience sur d’autres secteurs où la prévention spécialisée est présente à Paris.
La mise en place d’un bus prévention spécialisée spécifique est une idée à explorer.

Extraits du document de bilan de l’OPEJ,
Par Frédéric Fappani


La grande dictée du SPS Olga Spitzer

Ouverture


Journée du 12 mai

Matinée


Charrette de rue AJAM


Qu'est-ce que l'utilité sociale?

"La définition de l’utilité sociale des associations et le choix des critères permettant de la reconnaître relèvent du débat public, c’est-à-dire de la vision de leur rôle dans la société. "

Extrait de l'Utilité sociale par Associations Citoyennes pour demain

Les critères d'utilité sociale selon Jean Gadrey (2003)

     
Thèmes Critères globaux Critères élémentaires
Thème 1 Utilité sociale à forte composante économique Richesse économique créée ou économisée Moindre coût collectif
Réduction indirecte de coûts
Contribution au taux d'activité
Territoire Contribution au dynamisme économique
Animation du territoire, du quartier
Thème 2 Egalité, développement humain et développement durable Egalité, développement des "capabilités" Réduction des inégalités sociales
Actions vers publics défavorisés
Insertion des désaffiliés dans l'emploi
Egalité professionnelle homme femme
Tarification modulée des services
Droit au logement
Soutien scolaire enfants en difficulté
Solidarité internationale développement humain Actions pour le développement et lutte contre la pauvreté
Défense des droits de l'homme
Développement durable Améliorer la qualité de l'environnement naturel
Préserver les ressources naturelles
Thème 3 Lien social et démocratie locale Lien social Création de liens sociaux
Entraide, échanges locaux de savoirs
Impact positif du capital social
Démocratie locale Dialogue participatif, processus de décision pluraliste
Prise de parole des citoyens
Thème 4 Contributions à l'innovation sociale, économique, institutionnelle Innovation Découverte de besoins émergents
Réponse à des besoins non couverts
Innovations institutionnelle
Valeur du "monde" de la création Innovations organisationnelles
Distinction des innovations internes et externes
Thème 5 Utilité sociale "interne", avec des effets possibles de contagion "externe" Désintéressement, don et bénévolat Non lucrativité
Gestion désintéressée
Action bénévole
Gouvernance alternative et plus démocratique Règles de démocratie interne et participation conjointe
Libre adhésion : libre entrée et libre sortir
Professionnalisme associatif Formation interne coopérative
Reconnaissance sociale et salarial

Formations internes et externes

 

Les critères d'utilité sociale selon le CRES Languedoc Roussillon et l'association Culture et Promotion, 2004

       
Champs Cohésion sociale Développement local Changement sociétal
Critères Lien social Démocratie participative Innovation
Egalité des chances Emplois, activités Promotion d'un mode de vie solidaire et équitable
Ouverture et diversité culturelle Eco développement  
Solidarité envers les personnes en difficulté Equité territoriale  


La newsletter de juin 2016

Au sommaire :


Jeunes bellevillois au Togo


Cliché contre cliché


Logo Aurore


Les missions de La Clairière

L’équipe de Prévention spécialisée de La Clairière (qui existe depuis 1972, depuis 1981 sur les Halles) s’est vu confier pour 2016 des missions spécifiques, appuyées sur la connaissance du territoire Paris centre de l’équipe. Elle mène donc une double mission : celle de médiation sociale et prévention jeunesse et celle de diagnostic social.

 

Une mission de médiation sociale

La mission « classique » de Prévention spécialisée menée par cette équipe (devenue équipe unique de 8 éducateurs) couvre les 12/25 ans d’un territoire partagé sur les quatre arrondissements du centre de Paris. Elle inclue pour 2016 une mission spécifique de médiation sociale, qui consiste à créer et réparer le lien social, à pacifier les conflits de la vie quotidienne pour ces jeunes en difficulté, à réintégrer du collectif dans les espaces publics. Si cette mission est habituellement pleinement intégrée à celle de la Prévention spécialisée puisque les éducateurs travaillent dans et avec le milieu de vie des jeunes, un focus particulier est mis ici sur cette question, notamment afin d’accompagner la restructuration de l’espace des Halles.

 

Un diagnostic social

Le diagnostic social demandé, lui, consiste à identifier les publics présents sur le territoire, à les caractériser, à identifier leurs besoins et les réponses existantes, mais également à faire remonter, du point de vue de la Prévention spécialisée, les réponses complémentaires qui pourraient être apportées. Il est attendu que ce diagnostic soit mené du point de vue de l’équipe de PS, acteur inclu dans un maillage d’autres acteurs complémentaires, également implantés sur le territoire. Cette mission, limitée dans le temps, prend appui sur l’observation sociale, pour laquelle la PS est reconnue comme acteur incontournable. Néanmoins, il a fallu aménager certains horaires (quelques tranches horaires réalisées les matins très tôt, à des heures auxquelles le public habituel de PS n’est pas présent par exemple). Une professionnelle extérieure va accompagner cette équipe solide et implantée à la formalisation de ses observations afin de permettre un premier bilan de parcours en juin, mais surtout une remise d’un diagnostic fin 2016.

 

Des limites à ces actions

Si les missions qui ont été confiées ici relèvent des compétences des équipes de Prévention spécialisée, elles ne sont pas sans rencontrer quelques limites. La durée de la convention entre le Département et l’Association, d’un an (cadre exceptionnel instauré pour deux associations en 2016), se révèle insécurisant pour des éducateurs amenés à installer leur implantation dans le temps. La pluralité des tâches à accomplir, qui n’a pas été accompagnée de moyens supplémentaires conséquents, demande une organisation séquentielle et segmentée qui dénote avec le caractère généraliste des interventions de Prévention spécialisée. Enfin, ces missions se réalisent dans un contexte territorial mouvant à trois titres : le territoire sur lequel l’équipe est missionné a évolué, puisque la gare Saint-Lazare n’est plus couverte et que l’équipe reprend le 3ème arrondissement de Paris ; les travaux réalisés sur les Halles, toujours en cours, préfigurent des appropriations de territoire mouvantes par des publics également mouvants dans le temps ; l’avenir du Centre de Paris et celui des quatre premiers arrondissements qui le composent font entrer des enjeux politiques avec lesquels  l’équipe doit composer.

D’après les éléments fournis par la Directrice du pôle La Clairière du CASP, Chansia Euphrosine et son adjoint, Brahim Messaci

 


Nouvelle inscription

Votre demande d'ouverture de compte CPSP a bien été envoyé ou est en cours de validation.
Nous vous confirmerons par mail l'accès dés que possible.

Bien cordialement


L'équipe CPSP


Les contrats aidés

Différents types de dispositifs existent pour l'insertion des jeunes. On trouve notamment :

  • Les contrats uniques d'insertion (dont les emplois d'avenir qui sont particulièrement adaptés aux jeunes accompagnés par la PS)
  • Les contrats de génération.

Contrats uniques d'insertion (CUI)

La plupart des contrats aidés appartiennent à la catégorie des CUI (Contrats uniques d'insertion). On y retrouve :

  • Les emplois d'avenir
  • Les contrats initiatives emplois et d'accompagnement dans l'emploi
  • Les contrats starters.

           Emploi d'Avenir (EAV)

Ces contrats concernent le secteur non marchand sauf Etat (mais possible dans les rectorats et hôpitaux), dont EI, AI, ETTI, ateliers et chantiers d'insertion, mais aussi le Secteur marchand créateur d'emploi ou ayant une activité d'utilité sociale ou ayant une activité de préservation de l'environnement.

16/25 ans à la signature, sans diplôme OU QPV et 6 mois de chômage pour les CAP/BEP et 12 mois pour les Bac et plus CDI ou CDD de plus d'un an et de 3 ans maximum 35% du SMIC brut pris en charge par l'Etat OU 75% pour les crèches privées ayant signé un acord national Mission locale ou contactez le 0811 262 777.  La Ville de Paris va ouvrir de nombreux emplois d'avenir. La PS sera l'un des prescripteurs attendu!!!
Aucun diplôme OU CAP/BE+recherche de travail de 6 mois dans les 12 derniers OU ZUS/ZRR et max niveau Bac+3 et recherche de travail 12 mois/18 derniers Au moins 17h30 par semaine 75% du SMIC brut pris en charge par l'Etat Exemple : SMIC de 1430€, Aide de 1072€, reste à charge de 358€ Pour vous faire une première idée des offres, vous pouvez aller sur le site de la MLP : http://www.mlparis.fr/offres/ (sélectionnez dans "catégorie" : "emploi" et dans "type" : "EAV".
Convention entre la mission locale et l'employeur
Logique de formation dans ou en dehors du temps de travail pour l'acquisition de savoirs de base ou professionnels ou qulifiants
Mise en place par l'employeur d'un tuteur et d'actions de formation, définies avec le conseiller mission locale référent
Formations financées sur les fonds de formation de droit commun des employeurs, principalement celui dédié à la professionnalisation

 


          Contrat Initiative Emploi (CIE) et Contrat d'Accompagnement dans l'Emploi (CAE)
 

Ces types de contrats sont moins destinés aux jeunes que les emplois d'avenir, mais leur sont accessibles. Les CIE concernent le secteur marchand et les CAE le secteur non marchand.

Chômeurs longue durée Mise en place par l'employeur d'un tuteur, d'un renforcement des compétences, d'un suivi dans la recherche d'un CDI après le contrat Aide financière versée à l'employeur, montant et durée fixés par le préfet de Région en pourcentage du SMIC par heure travaillée (60 à 90% du SMIC) Pôle emploi, la Mission locale ou adresser directement une fiche de candidature à remplir ici
Séniors CDI ou CDD Exonération de charges sociales sur les heures travaillées dans la limite du SMIC  Pour vous faire une première idée des offres, vous pouvez aller sur le site de la MLP : http://www.mlparis.fr/offres/ (sélectionnez dans "catégorie" : "emploi" et dans "type" : "CUI-CAE" ou "CUI-CIE".
Travailleurs handicapés
Bénéficiaires RSA, ASS, AAH
 

 

           Contrats starter  

<30 ans CDD ou CDI 45% du SMIC horaire brut financés Mission locale SMIC mensuel brut : 1466€, cotis patronale de 594€, aide Etat de 659€, exonération de cotisations sociales de 412€, reste à charge de 988€ 
Sans emploi Mesure de 6 mois non renouvelable
Difficultés d'accès à l'emploi : QPV, RSA, issus des dispositifs 2ème chance ou d'un EAV en secteur non marchand 20h/sem maximum
Engagement par l'employeur de formation ou d'accompagnement ou de VAE

Contrats de génération 

Il concerne tout employeur sauf l'Etat, les collectivités territoriales, les EPA et les associations. Dans l'accord collectif de l'entreprise doivent figurer des mesures pour l'insertion durable des jeunes, l'emploi des salarié âgé et la transmission des savoirs et compétences (binômes, diversité des âges dans les équipes). Il s'agit d'un CDI d'au moins 4/5ème d'un jeune de moins de 26 ans ET du maintien dans l'emploi d'un senior de plus de 57 ans. L'employeur bénéficie de 4000€/an pendant 3 ans. Il faut s'adresser à la Mission locale


Les contrats en alternance

Deux types de contrats en alternance existent : 

  • Les contrats d'apprentissage qui sont des contrats d'alternance entre la formation au CFA et l'entreprise dans le but d'obtenir un diplôme (CAP, Bac, BTS, Licence, Master…)
  • Les contrats de professionnalisation qui sont des contrats d'alternance entre la formation autre que CFA et l'entreprise dans le but d'obtenir une qualification ou un titre professionnel.

 Contrats d'apprentissage

16/25 ans   6 mois à 3 ans Pas de charges sociales salariales Mission locale ou CFA dispensant les formations choisies
Contrat d'alternance entre la formation au CFA et l'entreprise dans le but d'obtenir un diplôme (CAP, Bac, BTS, Licence, Master…) ou un titre pro Pas de charges sociales patronales sauf cotisations AT/MP (et cotisations conventions collectives) Pour vous faire une première idée des offres, vous pouvez aller sur le site de la MLP : http://www.mlparis.fr/offres/ (sélectionnez dans "catégorie" : "alternance" 
Maître d'aprentissage dans l'entreprise 1100€/trimestre + 1000€/an si mineur dans les TPE de moins de 11 salariés
Rémunération variable de 25% du SMIC (21 ans, 3ème année) Crédit d'impôts
Aide régionale si premier apprenti



 Contrats de professionnalisation

 

16/25 ans et demandeurs d'emploi de plus de 26 ans 6 à 24 mois Exonération des cotisations patronales d'asurances sociales Mission locale ou organisme dispensant les formations souhaitées
Contrat d'alternance entre la formation autre que CFA et l'entreprise dans le but d'obtenir une qualification ou un titre professionnel ou un diplôme  
Rémunération variable de 55% du SMIC (26 ans, formation à partir Bac pro)  
Tuteur dans l'entreprise  

Plus d'informations ici


L'école de la deuxième chance

Ces écoles en France sont accessibles tout au long de l'année. Elles visent l'autonomisation. Le jeune disposera du statut de stagiaire de la formation professionnelle. Ce dispositif, financé par la région, l'Etat et le FSE, est basé sur le principe de l'alternance : 3 semaines de remise à niveau et de travail sur le projet individualisé / 3 semaines en entreprise pour la découverte des métiers. 8 à 12 mois à Paris.

Pour intégrer une E2C, il faut s'adresser à la Mission locale ou consulter le site dédié ici

 


L'EPIDE

Le jeune signe un contrat de volontariat pour l'insertion de 8 à 24 mois. Il intègrera un internat où le port de l'unifrome est obligatoire. Il suivra une formation générale, comportementale et professionnelle et sera remis à niveau en lecture, écriture et calcul. Il suivra une formation pré-professionnelle et fera des stages en entreprise. Il bénéficiera d'une indemnité de 210euros par mois. 

Les inscriptions se font selon un calendrier précis, auprès de la Mission locale ou via le site dédié accessible ici


Le service civique

Ce contrat peut être conclu avec des associations, établissements publics, collectivités ayant reçus l'agrément. Ils concernent les jeunes de 16 à 25 ans. Ces contrats durent entre 6 et 12 mois, et doivent être de 24 à 35h/semaine.

Le jeune doit remplir une mission d'intérêt général en acquiérant des compétences définies au préalable dans les domaines suivants :

  • solidarité,
  • environnement,
  • sport,
  • culture,
  • éducation,
  • santé,
  • intervention d'urgence,
  • mémoire et citoyenneté,
  • aide humanitaire.

Pendant son contrat, le jeune percevra une indemnisation de 573€/mois, dont 467,34€ par l'Etat et 106,31€ en nature ou espèces par l'accueillant (alimentation et transport).

Pour bénéficier d'un Service civique, le jeune doit s'adresser à la Mission locale ou se rendre sur le site dédié disponible ici


Fichier récap

Retrouver les dispositifs avec les critères d'élligibilité, les interlocuteurs désignés, la nature des accompagnements proposés. 


La Mission Locale de Paris

La Mission locale de Paris et les associations de Prévention spécialisée parisienne ont signé en 2014 une convention de partenariat, disponible en bas de page. 

Carte MLP

La Mission Locale de Paris, en tant qu'interlocuteur principal en termes d'insertion professionnelle des jeunes pour la Prévention Spécialisée, a mis des référents Protection de l'enfance en place. N'hésitez pas à vous adresser à vos responsables et collègues pour avoir leurs coordonnées et, ainsi, faciliter vos démarches!!! 


Carte MLP


Réunions information dispositifs deuxième chance


La marche éducative de l'association Seuil

L’association Seuil organisait le 21 septembre 2017 un colloque autour de la « marche éducative ». Il s’agit pour un jeune, accompagné par un éducateur, de marcher, pendant 100 jours, environ 1.800km, à l’étranger. Ces jeunes, tous volontaires, « acceptent de quitter un milieu connu, d’aller dans un pays étranger, d’être confrontés à des difficultés physiques, des crises de désespoir », indiquait Bernard Ollivier, Président de Seuil.  « Chaque jeune va construire sa propre résilience. Cette marche est un exploit, qui marque ces jeunes, qui leur fait comprendre qu’ils peuvent aller plus loin dans la vie puisqu’ils ont pu faire cela », précise-t-il ensuite.

L’association, habilitée par l’ASE et qui conventionne avec la PJJ, accueille et accompagne des jeunes orientés par l’aide sociale à l’enfance ou par les juges pour enfant de toute la France.

Carine Saint-Martin, psychologue chercheuse, est venue présenter les résultats de sa thèse, qui portait sur l’évaluation de la marche comme outil éducatif. Elle précise que : « Le jeune doit pouvoir donner un sens à cette marche, ne pas la subir, qu’elle ne soit pas punitive. Cette marche peut permettre de créer du lien, d’accompagner ailleurs, d’instaurer une communication sur des sujets sensibles. La marche, le déplacement, l’ailleurs, sont des outils de médiation. Les jeunes et les accompagnants sont confrontés à leurs propres limites pendant ces séjours. La marche peut être un exutoire de capacités parfois non soupçonnées. Il s’agit de savoir s’ennuyer aussi, rester seul, mesurer l’importance de la place de l’autre. »

David Lebreton, anthropologue, a, lui, étudié la marche en général comme outil éducatif. Il indique que : « La qualité de la relation est fondamentale, rejoint l’efficacité symbolique, l’efficacité de l’engagement que nous avons dans notre travail et qui permet l’accroche. Seuil a cette qualité d’engagement, une manière de se donner qui raisonne chez le jeune. La relation duelle avec l’adulte, avec le soutien de Seuil, a une fonction de contenance, de soutien, qui permet une reconnaissance mutuelle, le sentiment d’exister dans le regard de l’autre. Cette réparation s’instaure au fil du temps. La temporalité adolescente est marquée par l’immédiat, mais ces jeunes vivent un écrasement dans le présent. Ici, on s’inscrit dans une dimension de projet au travers de la préparation, qui le soutient en elle-même dans son rapport au monde. L’association prévoit des moments de retours sur l’expérience ensuite, pour partager ce qu’il a vécu. Ce dispositif de l’après est essentiel pour ne pas renvoyer les jeunes à la violence de leur vie quotidienne. »

Plus d’informations sur cette (dé)marche éducative sur www.assoseuil.org .

 


Fête de quartier Aurore


Logo Réglisses


Les jeunes du 20ème à la BNF avec les Réglisses

Sur proposition de Jean-François Carenco, Préfet de la région d’Île-de-France et Préfet de Paris, plusieurs conventions de jumelage entre de grands établissements culturels et certains quartiers prioritaires de la région Île-de-France, ont été signés en juillet 2016. Ont été co-signataires Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication et Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

Dans ce cadre, la BNF a sollicité notre service de prévention spécialisée ainsi que l’AEPCR (ASSOCIATION D’EDUCATION POPULAIRE CHARONNE REUNION) pour participer au projet imaginé autour de la personnalité de François Delsarte, dont les enseignements jouèrent un rôle déterminant dans l’émergence de la danse moderne.

Prévu sur une durée de trois ans, ce projet aboutira dans un premier temps sur une production d’arts du spectacle vivant donnée à la BNF en novembre 2017.

De notre côté, un groupe de neuf collégiennes a intégré ce projet depuis janvier 2017, accompagné par deux éducatrices de notre service. Les filles auront la possibilité d’approcher différents rôles dans cette production (sur scène, mais aussi en coulisses).

En parallèle, nous avons obtenu la possibilité de positionner deux jeunes du quartier en contrat « service civique » au sein de la BNF, sur des postes qui restent à définir, mais qui devraient permettre de découvrir les métiers de la Bibliothèque Nationale.

Muriel Bouchet, Directrice

 


La charrette de rue du 10ème de l'AJAM

L’AJAM propose une structure de proximité dans le 10ème arrondissement de Paris, dans le quartier de la Grange aux Belles. Ce lieu a pour mission d’accueillir les 10/15 ans prioritairement, de développer du lien avec les familles et les habitants. Cette dimension d’ancrage avec l’environnement est nouvelle pour cet ancien LAI, et appelle des innovations quant aux médias de rencontre avec les habitants (jeunes et adultes).

La charrette de rue, c’est quoi ?

C’est dans ce contexte qu’est née l’idée de la charrette de rue : un outil ambulant qui se déplie,  permet de mettre à disposition de l’information, mais aussi de tenir un stand de boissons par exemple. Par définition mobile, elle a été pensée pour pouvoir aller à la rencontre des habitants, en pied d’immeuble ou lors d’événements de quartier (Forum des associations, Block party, Festival des Cultures Urbaines…). Elle permet également aux jeunes d’organiser des actions qui leur permettent de financer partiellement des projets en vendant des boissons ou gâteaux.

C’est vous qui l’avez construite ?

Elle a été financée en partie par les bailleurs sociaux PARIS-HABITAT, ELOGIE-SEIMP, RIVP dans un objectif d’animation locale. Elle a été construite pendant un chantier éducatif avec l’association Extra Murros, spécialisée dans la fabrication de mobilier urbain, par trois jeunes (16/17 ans) accompagnés par l’équipe de Prévention Spécialisée ont porté ce chantier de 5 jours, puis ont contribué à promouvoir le projet.  Ces  jeunes bien connus de l’AJAM fréquentent la structure de proximité.   

Les habitants s’en sont bien saisi ?

Elle a été construite en juin. Sa première sortie s’est faite lors de la fête  de quartier le 21 juin 2017. Des mamans impliquées dans un collectif de lutte contre les bagarres de rue (10/19e) ont tenu un stand de restauration.  Ca a été un grand succès. Elle a été beaucoup investie par les habitants  (tous les jours en juillet, en partenariat avec le centre d’animation CRL10 pour des animations de rue).  Elle permet une communication sur ce nouveau projet qu’est la structure de proximité, auprès de ceux qui viennent  à la rencontre de l’équipe lors de l’utilisation de la charrette. Elle a par ailleurs été visible en septembre, dans le cadre d’une action « pieds d’immeubles » co-animée  avec la RIVP  afin de sensibiliser  les locataires à s’impliquer dans le vote du  budget participatif Parisien.

Il est prévu dans les semaines à venir  de faire déambuler la charrette en sortie de collège à différents moments de la journée.  Cet outil ambulant vise à fédérer, à générer de la rencontre avec les habitants du quartier afin qu’ils puissent aller rencontrer l’équipe de la structure de proximité et s’impliquer dans des actions locales. 

A terme, l’idée est que les habitants puissent l’utiliser de façon autonome et qu’elle devienne réellement un outil à leur disposition.

D’après un entretien avec Virginie Boudeaux,

Chef de service de la structure de proximité AJAM


Les jeunes du 17ème jouent la CAN avec l'AJAM

 

Dimanche 5 février, l’AJAM 17ème a organisé une réplique de la Coupe d’Afrique des Nations de football.

De nombreux partenaires étaient associés : les adolescents, filles et garçons des collèges Mallarmé et Balzac en coopération avec les CPE, les animateurs sportifs de la DRDJS, l’amicale de Locataires Ecoute Habitat 17, le collectif des mamans du 17ème, les élus d’arrondissement, l’association de femmes Quartier de Soleil, le Club de football Pouchet Sport, l’association de jeunes Coup de Pouce du quartier, l’association Action Jeunes, l’Equipe de Développement Local.

Cette réplique de la Coupe d’Afrique des Nations  2017 à l’échelle du territoire a été l’occasion d’associer les jeunes, les adultes, les familles. Des stands de restauration de gastronomie africaine (Bisap, gingembre, degué, brick, Soupe Marocaine),  ainsi qu'un spectacle de danse et de Djembé et des animations ont été réalisés et encadrés par des jeunes, des adultes bénévoles et l’équipe éducative.

Ce tournoi  a regroupé 12 équipes (chacune suivie par un référent adulte) de jeunes (filles et garçons) au gymnase Léon Biancotto dans le 17ème arrondissement. Chaque équipe a représenté un pays qualifié pour la C.A.N.

Bilan et projet de l’AJAM


Logo AJAM


CAN AJAM


Mission parlementaire : vers un financement obligatoire de la PS?

Une mission d’information s’est constituée le 29 juin 2016 afin d’examiner la situation et les enjeux de la Prévention spécialisée. La mission a réalisée plusieurs auditions (dont celle du CPSP, visionnable ici), ainsi que plusieurs déplacements. Elle a rendu son rapport (disponible ici). Nous en ressortons ici uniquement les propositions, même si les constats dressés étaient très riches.

Proposition 1 : Elaborer un guide national d’évaluation de la PS.

Cette démarche veut s’appuyer sur celle, par exemple, menée par l’APSN, association départementale du Nord, qui a élaboré un guide d’évaluation interne spécifique à la Prévention spécialisée, travaillé avec l’ensemble de ses associations adhérentes. Si la Mission reconnaît les efforts réalisés par la PS en termes d’évaluation, elle estime qu’une démarche nationale permettrait « à chaque acteur de disposer des méthodes et des ressources nécessaires à la connaissance des effets, et donc à l’amélioration, de ses interventions sur le territoire ».

Proposition 2 : Mettre en place au sein du CNPE une commission permanente consacrée à la Prévention spécialisée.

Le Conseil National de la Protection de l’Enfance (mis en place par la loi de 2016) a intégré, notamment pour la Prévention spécialisée, un représentant du CNLAPS et quatre représentants de la CNAPE. Cependant, le rapport souligne que cela ne garantit pas le relai des missions de l’ancien CTPS, organe de réflexion et de préconisation national pour la PS. C’est pour cela qu’il préconise la création de cette commission spécifiquement dédiée.

Proposition 3 : Elaborer un texte réglementaire définissant les orientations doctrinales fondamentales et précisant le positionnement de la Prévention spécialisée.

L’Assemblée des Départements de France, en 2002, a publié un cadre de référence pour notre action (ici). Le Comité Technique de la Prévention Spécialisée, en 2004, a rédigé un rapport sur les stratégies et enjeux de la PS (ici). Le CIPD-R a proposé un guide quant à la participation de la PS à la Prévention de la délinquance (ici). Néanmoins, le rapport estime que l’élaboration par la Direction Générale de la Cohésion Sociale d’un cadre national pour la PS est essentielle. Pour rappel, le CPSP a participé aux groupes de travail concernés (ici).

 

74% des structures siègent en Comité Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance et seulement 20% participent aux Observatoires Départementaux de la Protection de l’Enfance. La rapporteure considère que la PS doit être pleinement intégrée aux protocoles de mise en œuvre et de coordination des actions de prévention menées en direction de l’enfant et de sa famille prévus par l’article 2 de la loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfance.

Concernant la taille des associations, la rapporteure précise que « une structure importante sera plus facilement un acteur de référence, écouté des institutions ». Les associations plus grandes développent des plateaux techniques plus fournis (ADDAP13). L’exemple du réseau de l’APSN est également encouragé.

 

Proposition 4 : Evaluer, à moyen terme, le dispositif de métropolisation pour déterminer notamment si le conventionnement fonctionne sur des diagnostics partagés, si la nature et le financement des missions sont maintenus et si l’efficacité des actions de prévention spécialisée est améliorée.

La loi NOTRe (analyse proposée ici) permet le transfert de la compétence en matière de Prévention spécialisée aux métropoles. Le rapport présenté ici s’inquiète d’une possible distanciation de la PS par rapport au reste de la protection de l’enfance. L’échelon départemental apparaît comme étant le plus approprié, à distance des pratiques de terrains, sans être trop éloigné non plus.

Proposition 5 : Favoriser une contractualisation pluriannuelle avec l’ensemble des partenaires financeurs.

La rapporteure privilégie les Contrats Pluri-annuels d’Objectifs et de Moyens pour réduire le temps consacré à l’administratif et permettre la projection sur plusieurs années. En effet, le temps est une dimension que la Mission a bien prise en compte, et qui ne peut prendre sereinement sa place que dans la pérennisation de la mission confiée à chaque association.

Proposition 6 : Réécrire les dispositions du CASF afin d’établir clairement le caractère obligatoire de la compétence du département en matière de prévention spécialisée et afin de donner une base légale au juge pour constater une carence manifeste en matière d’habilitation.

Le rapport insiste à plusieurs reprises sur, d’une part, le caractère approprié de l’échelon départemental pour la compétence en matière de PS, mais aussi, d’autre part, sur le risque d’inégalité territoriale que cela fait peser sur les jeunes. Cette mesure viserait à réduire ce risque.

 

Pour pouvoir agir auprès des jeunes, la PS doit agir avant qu’ils ne soient radicalisés ou engagés dans les trafics. La rapporteure préconise à cette fin un travail avec les enfants dès la primaire. Le travail avec la famille est donc nécessaire, autour du jeune, mais également au sein d’un quartier.

 

Proposition 7 : Elaborer une convention cadre nationale entre le ministère de l’Education nationale et les acteurs de la Prévention spécialisée.

Les différentes auditions ont permis aux membres de la Mission de prendre conscience du caractère essentiel du travail de la PS dans les collèges, afin de prévenir ou « réparer » le décrochage scolaire. Ils ont également pu entendre les difficultés de certaines équipes à entrer dans les établissements scolaires et souhaitent ainsi faciliter ce travail commun.

Proposition 8 : Mieux faire connaître l’initiative des « promeneurs du net » aux départements et aux structures de Prévention spécialisée afin de généraliser le développement d’actions spécifiques sur internet.

Le rapport souligne que, si l’essentiel du travail des éducateurs de PS doit se faire dans la rue, au contact des jeunes marginalisés, il leur appartient également d’entrer en contact avec les « jeunes marginalisés non présents sur l’espace public ». L’initiative des marcheurs du net est présentée ici.

Proposition 9 : Favoriser le rapprochement des acteurs de la politique de santé et de la Prévention spécialisée en permettant aux éducateurs de participer aux instances de pilotage des structures sanitaires et en promouvant la création de structures-relais pour les publics communs.

Les éducateurs de rue ont une place privilégiée pour identifier les jeunes ayant des pathologies psychiques, puis pour orienter les jeunes vers les structures adéquates. La constitution d’équipes pluridisciplinaires de rue peut aider sur ce sujet notamment (avec des psychologues par exemple). Le renforcement de la participation de la Prévention spécialisée aux instances de pilotage des dispositifs sanitaires devrait permettre un meilleur relais vers le soin en général pour les jeunes.

Proposition 10 : Répertorier les bonnes pratiques en matière de prévention de la radicalisation pour mieux les diffuser dans les territoires où la Prévention spécialisée n’est pas encore sollicitée.

La Mission souligne que « aussi utiles que puissent être les actions de déradicalisation menées par des associations de PS, celle-ci ne saurait se consacrer à titre principal à cette mission sans dévoyer ses principes fondateurs ». Elle précise néanmoins que la PS « peut, grâce à des méthodes qui ont fait leurs preuves, apporter un précieux concours à la lutte contre les extrémismes religieux ou politiques ».

Proposition 11 : Dans le cadre de la réflexion menée sur la formation des travailleurs sociaux, mieux prendre en compte la spécificité de la Prévention spécialisée en développant des contenus spécifiques en lien avec la profession, notamment en fin de cursus.

La Mission a souligné qu’une seule journée est consacrée à la PS dans les trois ans de parcours des éducateurs spécialisés.

Proposition 12 : Inciter les collectivités et l’Etat, lorsqu’ils associent la Prévention spécialisée à des nouvelles missions, à concevoir et à financer en partenariat avec les associations gestionnaires un plan de formation pour les éducateurs concernés.

La Mission souligne en effet que la PS est attendue dans de plus en plus de domaines d’action, sans pour autant que les moyens complémentaires afférents ne soient alloués.

 


Le BAFA-citoyen d'Aurore Siloë

Le « BAFA citoyen » permet à des jeunes souhaitant obtenir le Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) de voir leur formation financée à 90 % par la Ville de Paris, en échange d’actions citoyennes ou bénévoles dans les milieux associatifs (une trentaine d’heures au total).

A l’origine du projet, la volonté de l’équipe éducative était de proposer aux jeunes une action ciblée pour les conduire à mener à bien des objectifs, dans leur parcours individuel d’insertion sociale et professionnelle. Une dizaine de jeunes suivis à Siloë sont déjà impliqués dans cette démarche. Pour eux, le BAFA citoyen est l’opportunité d’obtenir un premier diplôme et de travailler dans l’animation, une première étape vers l’insertion professionnelle.
 
DES JEUNES ACCOMPAGNÉS QUI S’INVESTISSENT À LEUR TOUR POUR SILOË
Cinq jeunes ayant validé la formation théorique et pratique du BAFA, première des trois étapes d’obtention du brevet, ont organisé deux vide-greniers, le 11 juin rue Cadet et le 18 juin place Saint Georges (Paris 9ème). Encadrés par l’équipe éducative et en lien avec la mairie du 9ème ainsi que deux conseils de quartier du secteur, ces jeunes ont assuré l’élaboration et la réalisation (inscriptions, attribution des emplacements, médiation etc.) de ces deux événements.

Ce groupe a pour idée de mettre en place, grâce aux fonds récoltés, différentes activités à destination des jeunes du quartier, dont l’organisation d’un séjour, pensé avec l’équipe éducative de Siloë.

Ainsi, du 10 au 16 juillet, 20 jeunes, 3 éducateurs de Siloë, 2 « BAFA citoyens » et un service civique se sont rendus à Port-Bail, dans le Cotentin. Pensé de manière à alterner différents moments – activité physique, loisirs, découverte etc. – ce séjour a été l’occasion pour les jeunes en formation BAFA d’être en situation d’encadrement et d’animation de groupe. Ainsi, quel que soit le projet des jeunes impliqués dans le dispositif – vide-grenier, séjour, activités de loisir ou éducatives – le BAFA citoyen est l’occasion pour eux de faire un premier pas vers l’insertion professionnelle tout en s’impliquant dans la vie de leur quartier.

Damien Guerin
Educateur spécialisé au Club de prévention Siloë


Le local d'appui : travailler avec et sans

Les équipes de prévention spécialisée travaillent parfois avec des locaux d'appui, qui servent de soutien à l'exercice de leur mission dans l'espace public. Un groupe de travail réunissant praticiens des locaux et praticiens de l'absence de local se réunira pour proposer une formalisation des modes de travail dans les deux cas. 


La plateforme DIP : un dispositif adapté aux jeunes suivis par la PS

La Mission Locale de Paris nomme un conseiller par site dédié aux jeunes de 18 à 25 ans accompagnés par l’Aide Sociale à l’Enfance et/ou la Prévention spécialisée, déjà inscrits à la MLP, sans emploi ni formation. Les jeunes ciblés sont, par exemple, ceux dont vous estimez qu’ils auraient besoin d’un « coup de pouce » pour intégrer la Garantie jeune. Il s’agira de proposer aux jeunes concernés les actions nécessaires pour leur permettre d’être prêts à intégrer les dispositifs de type Garantie jeune, des formations ou de l’emploi directement. Il s’agira de « lever les freins » à leur insertion dans ces dispositifs, souvent exigeants, que ce soit sur le plan administratif ou concernant les capacités des jeunes à « tenir », à être assidus, constants.

Ces jeunes pourront intégrer cette plateforme Dynamique Insertion Professionnelle pour 6 mois (renouvelable pour 3 mois si besoin). Quatre phases se dérouleront pendant ce temps :

  • Une phase de repérage sur site, avec les équipes de Prévention spécialisée notamment (lors des comités de suivis ou lors de comités exceptionnels), aboutissant sur un entretien de diagnostic avec le jeune concerné;
  • Un temps de diagnostic partagé entre le conseiller, le jeune, l’éducateur et, si besoin, le travailleur social dédié à cette plateforme dite « DIP » au sein de la Mission Locale;
  • Un accompagnement renforcé individuel et en groupe, en lien avec les partenaires extérieurs du dispositifs, les parrains, des juristes;
  • Un temps de consolidation des résultats obtenus.

Il a été précisé lors de la réunion de présentation aux équipes de PS le 8 février, que les conseillers dédiés seraient également porteurs de la référence Prévention spécialisée (voir la convention PS/MLP ici). Si certains avaient déjà été nommés à cette date, d’autres devaient encore être recrutés pour quelques sites. Les équipes et leurs responsables sont donc invités à prendre attache avec leurs conseillers dédiés sur les sites de la Mission Locale afin d’identifier les jeunes concernés par le dispositif DIP.

Pour rappel, le dispositif Garantie jeune est présenté ici. Vous y trouverez également les dossiers d’inscription, qui peuvent être remplis et transmis par les éducateurs de PS directement.

 


La newsletter de février 2017

La newsletter de février vient de paraître! Au sommaire :

  • Un dispositif Mission locale pour les jeunes suivis par la PS (ici),

  • Des nouvelles du CFPE-Ets _ Les Réglisses (ici) et de l'AJAM (ici),

  • Les propositions de la Mission parlementaire sur la PS (ici),

  • Un peu d'actu du CPSP (ici).

Bonne lecture!


Mission Locale de Paris

La Mission Locale de Paris, en tant qu'interlocuteur principal en termes d'insertion professionnelle des jeunes pour la Prévention Spécialisée, a mis des référents Prévention spécialisée en place. N'hésitez pas à vous adresser à vos responsables et collègues pour avoir leurs coordonnées et, ainsi, faciliter vos démarches!!! 

 


DASES de Paris pour la PS

La DASES est l'une des directions de la Ville de Paris (voir liste ici). 

La DIRECTION DE L'ACTION SOCIALE DE L'ENFANCE ET DE LA SANTE de Paris est l'institution qui met en oeuvre notamment la politique de protection de l'enfance pour le département.

Au sein de cette Direction, le Seplex est le bureau en charge de l'urgence sociale, de l'animation de la vie sociale ainsi que des actions de prévention jeunesse. Il est donc l'autorité de tarification de la Prévention spécialisée, et l'interlocuteur direct du CPSP et des associations, puisqu'il est en mesure de représenter le Département dans les discussions qui peuvent avoir lieu. 

Au sein de la DASES existent également les Directions sociales de territoires : 4 DST (nord, sud, est, ouest) chapeautent le travail des Conseillers Sociaux de Territoires, qui sont les interlocuteurs privilégiés de la PS en matière d'échanges nominatifs (en effet, les CST sont soumises au secret professionnel et sont donc nos interlocuteurs privilégiés pour garantir la cohérence des prises en charge de jeunes sur les territoires, par exemple). 

 


Logo Seuil

Logo Seuil


Before Charonne


Renforcer la présence le soir et le week-end

Le Ministère de la Ville a mené en 2016 une expérimentation pour renforcer la présence des adultes dans les quartiers prioritaires le soir, le week-end et durant le mois d’août. Cette démarche à l’intention des 14/25 ans en risque de rupture ou de marginalisation dans les quartiers politique de la ville a été menée avec le CNLAPS et la CNAPE notamment.

Retrouvez ci-dessous les principales préconisations du guide pour renforcer la présence des adultes dans les quartiers prioritaires (quartiers politique de la ville) le soir, le week-end et au mois d'août. 

  • Etablir un état des lieux au préalable, car les créneaux varient en fonction des équipements, des territoires, des besoins exprimés par les habitants et les associations locales. Le public visé étant les 14/25 ans, il est préconisé de co-construire avec eux l’offre envisagée, ainsi qu’avec l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs. Parmi les acteurs à mobiliser, on trouve les agents des services municipaux, les centres sociaux, les associations locales, les équipes de prévention spécialisée (pour « leur professionnalisme et leur expérience, indispensables en matière d’actions à destination de la jeunesse) et de médiation sociale. Les locaux à mobiliser pour organiser des actions sont les locaux communaux (piscines), les établissements scolaires du premier et du second degré, ainsi que les locaux de pied d’immeuble.
  • Repérer les freins à surmonter, et notamment les questions juridiques et organisationnelles (ne pas mettre en péril des actions déjà efficientes en réaffectant sur d’autres horaires certains agents) de travail en soirée et le dimanche pour les agents municipaux ainsi que les questions financières afférentes. Il s’agit également d’assurer un encadrement pluriel et expérimenté, notamment dans l’accompagnement d’un public jeune, surtout dans un cadre peu formel.
  • Elaborer une stratégie locale : « la mise en œuvre de l’élargissement des horaires constitue, avant tout, un choix politique de la collectivité. La commune doit se donner les moyens d’organiser le pilotage politique et technique de cette action ». Pour répondre à ce choix, il faut déployer sur le terrain des équipes issues de milieux professionnels différents.
  • Créer une offre attractive et adaptée aux différents publics : pour cela, il faut recueillir les attentes et examiner les besoins, proposer des activités auxquelles le public n’aurait pas pensé, en s’appuyant sur les conseils citoyens ou de de quartier, sur les associations qui accompagnent les jeunes. Ensuite, l’information sur l’offre d’activités est essentielle : « l'intérêt des actions réside d’abord dans leur capacité à mobiliser les publics cibles, puis à leur offrir la possibilité d’intégrer une démarche de (re)socialisation, selon les besoins de la personne, allant bien au-delà d’une activité occupationnelle (…) Au-delà de cette offre d’activités en horaires décalés, la présence de professionnels de l’animation et de la prévention spécialisée peut permettre le développement d’un travail d’écoute et de dialogue ».

Cette démarche ne vise pas à « innover pour le plaisir d’innover, mais pour créer plus facilement les conditions d’un dialogue, notamment avec les jeunes (…) Le gage de réussite de telles actions réside dans son caractère pérenne et sa combinaison avec une offre existante ».

D’ores-et-déjà, nous pouvons indiquer, à Paris, la mise en place de médiations nomades par l’association du même nom (voir ici). Leur camping-car va être installé à plusieurs reprises dans le 19ème arrondissement, avec le soutien de l’association OPEJ, acteur de Prévention spécialisée sur le territoire concerné. Les associations intervenant sur les territoires politique de la Ville pourront être amenées à participer à d’autres initiatives de ce type.

 


Les plannings d'Arc75 : du papier au numérique

Après les plannings papiers, puis plusieurs générations de plannings Excel, l’association a décidé de se doter d’un nouvel outil permettant d’optimiser la gestion des plannings de l’ensemble du personnel : temps de travail, congés annuels, formation…

Ce projet s’est référé aux axes essentiels du projet associatif, et au respect des pratiques professionnelles développées par les équipes d’ARC 75 au regard de leur mission.

Le cahier des charges établi avec le prestataire, SERIANS devait répondre à une demande de :

  • simplicité d’utilisation par les salariés
  • souplesse du système pour s’adapter aux besoins
  • fiabilité des données.

Après un temps de formation et de « réglage » de l’outil en mars 2017, ce nouvel outil devrait faciliter la saisie des temps d’intervention prévisionnels, l’accès aux agendas individuels et collectifs et permettre de générer des éléments d’analyse, de réflexion stratégique pour chaque équipe.

Jean-Luc Descourtis,

Directeur d’Arc75

 


Feu Vert : un nouveau local rue Alphons Karr

Au mois de juillet l’équipe Curial de la Fondation Jeunesse Feu Vert a engagé un micro diagnostic sur le territoire « Curial-Cambrai-A.Karr-Flandre », faisant apparaître un besoin pour l’équipe éducative d’avoir un local d’appui sur la rue Alphonse Karr, au bénéfice des publics et des acteurs du quartier.

Différentes réunions ont eu lieu avec les habitants, les associations de proximité, le Centre social, les gardiens de Paris Habitat pour réfléchir à l’utilisation et à la mutualisation de ce lieu ressource.

Deux associations ont pris place avec nous dans ce local : la Web Radio et Couleurs pont de Flandre. Les premiers souhaitent s’appuyer sur la jeunesse de l’arrondissement en créant une web radio pour donner la parole aux jeunes sur une série de sujets concernant l’ensemble des faits de notre société en lien avec la jeunesse. Cela permettra aux jeunes d’acquérir des compétences, de s’impliquer dans un projet valorisant et d’être acteurs du « vivre ensemble ».

L’association « Les Couleurs de Pont de Flandre » est une association d’habitants avec laquelle nous avons participé à la mise en place du projet Tapis Rouge » (défilé de mode) en août 2016. Ils continuent à œuvrer sur le quartier en lien étroit avec notre équipe. Ils participent par leur dynamisme à la création du lien social entre les différents habitants.

Dans ce local nous souhaitons favoriser la dynamique de projets, le « vivre ensemble » à travers les liens en construction avec les jeunes et les habitants à l’occasion du travail de rue mais aussi à travers les ateliers mis en place avec les partenaires. Ce local se veut être un lieu ressource pour tous les habitants du quartier.

Pour investir ce local, des travaux de peinture ont été effectués. Un chantier éducatif a été réalisé par des jeunes de la rue Alphonse Karr, porté par l’équipe éducative qui a encadré sur le plan technique l’organisation des travaux.

L’inauguration du lieu  s’est faite le 22 février en présence des différents partenaires, des jeunes,  des habitants et des élus du XIX° .

Karim Elfareh,

chef de service

 


Brossel local A. Karr


Laïcité et pratiques éducatives

Retrouvez ici quelques éléments de réflexion :

  • la synthèse d'une formation action menée par Dounia et Lyla Bouzar entre septembre 2013 et juillet 2014,
  • le guide laïcité et gestion du fait religieux dans les structures socio-éducatives de l'observatoire de la laïcité de 2014,
  • les actes de l'UNSEA (actuelle CNAPE) sur les pratiques éducatives à l'épreuve de la diversité culturelle de 2008.


Rapport Thierry : valeurs républicaines dans l'action sociale

Incarner les valeurs de la République

« Les professionnels du social sont profondément convaincus que l’apprentissage de l’autonomie qu’ils cherchent à faciliter chez les personnes qu’ils accompagnent passe par l’exercice de la citoyenneté (…) mais leurs interventions se situent dans un contexte de plus en plus marqué par des intolérances politiques et religieuses, et dans un climat de scepticisme généralisé par rapport à la chose publique, voire de rejet. »

Pour incarner les valeurs de la République, le rapport prône présence et immersion sur tous les territoires. Il dénonce « le paradoxe dramatique de l’affaiblissement ou du cantonnement de la prévention spécialisée » alors que ses éducateurs sont « les seuls à aller au contact en permanence, pour exercer une mission de prévention large ».

M. Thierry indique que, s’agissant des démarches de formation sur la laïcité, une « pédagogie rigoureuse et très concrète, très largement construite sur l’alternance théorie / pratique » est nécessaire, sur des sujets comme la lutte contre les discriminations et contre les diverses formes de racisme ou encore le modèle social français et le rôle d’un Etat solidaire (« on ne demandera pas aux travailleurs sociaux de se faire les propagandistes d’un modèle social idéalisé, mais de comprendre les cohérences et les grandes lignes de force de notre système social, de savoir qu’il n’existe jamais d’acquis sociaux pérennes, de mesurer aussi les interactions qui existent entre Etat social, démocratie, décentralisation et laïcité »).

Il précise que « le ressenti de discriminations supposées d’origine culturelle, raciale ou religieuse constitue le terreau des radicalismes ». Il s’agit dès lors « d’aider les travailleurs sociaux à mieux analyser les mécanismes discriminatoires », à partir « d’exemples concrets » (fonctionnement d’un groupe anti-discriminations dans une mission locale). La formation à l’interculturel doit se faire « dans une perspective antiraciste, pour se décentrer, sortir d’un ethnocentrisme, pour mener un exercice de vigilance sur les formes insidieuses de racisme ou de condescendance dont nul n’est indemne ». Pour autant, il faut rappeler aussi que « travailler sur des cultures différentes et leurs interactions avec celles de la société française ne veut pas dire adopter leurs références ou leurs préjugés » car « il y a pour une société d’accueil des principes ou des valeurs qui ne sont pas négociables ».

Autour de l’égalité femme/homme, M. Thierry souligne « le rôle crucial des personnels de la petite enfance, tant pour l’action avec les enfants que pour la sensibilisation des parents ». Il prône « le principe de mixité des activités d’animation sociale ou socioculturelle ».

Autour de l’engagement citoyen, il est rappelé que « c’est en s’appuyant sur des appartenances qu’on peut produire de l’agir ensemble et contribuer à la cohésion sociale ».  C’est pour cela que « l’apprentissage des formes d’intervention sociale d’intérêt collectif doit faire sa place au développement des capacités d’action collective des personnes, au travail social communautaire ».

Respecter et faire respecter la laïcité

« La laïcité permet l’exercice de la citoyenneté en conciliant la liberté de chacun avec l’égalité et la fraternité de tous dans le souci de l’intérêt général ». La laïcité « n’est pas la religion des antireligieux; la laïcité n’exclue pas, elle est par nature inclusive ». Ce sont ce discours et cette pratique qui sont revendiqués, conscient de « l’instrumentalisation de la laïcité comme couverture de l’islamophobie » chez certains.

M. Thierry ne nie par les nouveaux défis de l’exercice laïc du travail social, notamment « le conflit entre l’exigence laïque et un principe d’empathie ». Il propose alors de dessiner les limites par la question du droit : « quel est l’intérêt collectif? La manière dont ce droit est revendiqué respecte-t-elle les impératifs de la vie collective et du respect des libertés de tous? ».

Si un module de formation à caractère obligatoire sur la laïcité, « appuyé sur des analyses de pratiques ou de cas émergents des terrains de stage » doit être mis en place dans les cursus de formation initiale, le rapporteur ne propose qu’un module optionnel pour l’enseignement sur les religions. Il s’agirait surtout d’y « analyser l’importance du fait religieux, sans préjugé, et de montrer sa diversité et sa contingence pour permettre de réfléchir et de relativiser sans pour autant être choqué dans ses convictions intimes ». « Il importe de ne pas enseigner les religions en tant que telles, parce que cela pourrait autoriser, voire inciter, les travailleurs sociaux à entrer dans des débats religieux, notamment lorsqu’ils sont sollicités. Ce n’est pas le rôle d’un intervenant social » qui doit « inviter et amener le jeune à exercer son autonomie de jugement ».

La formation permanente doit pouvoir se mettre en place, avec pour les acteurs d’importants besoins de pouvoir « s’exprimer sur leurs expériences », en « formations décloisonnées  ». Les besoins de formation concernant les questions de laïcité dans la gestion des ressources humaines trouvent actuellement moins de réponses dans l’offre de formation existante.

« Beaucoup de réseaux ou d’institutions se sont dotés de référents laïcité », titulaires formés se situant à un bon niveau de responsabilité. Cette démarche est encouragée, sous la forme de « référents éthique professionnelle et déontologie, ce qui semble fécond dans la mesure où les exigences de la laïcité rencontrent le questionnement sur la conciliation entre respect de la liberté et de l’identité des personnes et les règles nécessaires au vivre ensemble ». Est mise en avant la création de commissions départementales d’éthique et de déontologie.

Concernant les associations qui « ne sont pas régies par les règles qui s’imposent au service public en matière de neutralité des agents publics et des espaces publics », on ne peut néanmoins « dissocier le respect des libertés de tous d’un principe de non-ingérence de l’institution dans la sphère religieuse, donc de certaines formes de neutralité ». Une charte pourrait voir le jour, mais « largement concertée, largement bâtie par les professionnels eux-mêmes » et « s’inspirant de préoccupations d’autorégulation collective ». 

Contribuer à la prévention des dérives radicales

Le rapport retient comme définition de la dérive radicale « un processus d’adhésion à une idéologie extrémiste, conduisant à une rupture radicale avec l’ordre établi, à une auto-exclusion de la société, et favorable à un passage à l’acte violent », « l'auto-exclusion, la rupture des liens familiaux, sociaux, relationnels en particulier constituant un symptôme crucial sur lequel le travail social peut encore espérer agir ». « Cette définition doit permettre de distinguer les processus de radicalisation des intégrismes religieux ou des comportements de provocation liés à l’adolescence ».

Le rapport souligne qu’il « n’existe pas de profil type de la personne radicalisée : diversité géographique et sociale, énorme majorité de jeunes (plus de 90% de moins de 25 ans et 20% de mineurs), un pourcentage croissant de femmes (30%), les nouveaux convertis ou supposés tels représentant 38% des signalements, avec une diversité sociale encore plus forte que pour les autres signalements ». « Quelques traits émergent des témoignages des acteurs de terrain : la présence d’une faille personnelle, la désaffiliation sociale et le manque de repères culturels, la rencontre d’un recruteur, la survenance de facteurs déclenchant (déception affective, conflit avec les proches, échec scolaire, sportif ou personnel), la recherche d’une identité de refuge ou de substitution ».

Dès lors, « il ne peut y avoir d’approche unidimensionnelle des actions de prévention, mais des accents à mettre sur l’estime de soi (contre la victimisation et pour l’apprentissage d’une autonomie de jugement) et la ré affiliation sociale ». « Une prévention globale, aussi en amont que possible, passant par toutes les politiques publiques qui luttent contre l’inégalité des chances et les discriminations » doit permettre de « faire reculer un sentiment de ségrégation ». Pourtant, « le problème est qu’on consacre souvent beaucoup plus d’énergie et de moyens, à coup de dispositifs, à repriser les accrocs du tissu social qu’à en renforcer la trame ». Il s’agit de « rechercher, avec les intéressés, des modes d’action collective pouvant recréer un sentiment d’appartenance et la volonté de faire des projets, en s’appuyant sur les familles prêtes à coopérer sur des enjeux de scolarisation et d’insertion des enfants ». 

La prévention du passage à l’acte « n’est pas une mission spécifique pour les travailleurs sociaux, mais cela fait partie intégrante de leur rôle en matière de protection de l’enfance et dans une certaine mesure de lutte contre l’exclusion. Il faut du reste à tout prix éviter, sur certains sites, d’enfermer les éducateurs de rue dans une fonction de prévention de la radicalisation, ou de créer une nouvelle catégorie d’intervenants spécifiques, ou de privilégier des associations focalisées sur cette pointe émergée de l’iceberg ». On pourra mettre l’accent sur :

  • « des actions multi médias de sensibilisation et de prévention de l’infiltration des thèses complotistes, à partir de projets ou de demandes multiples des jeunes » (conférences sur le Proche Orient, débats sur les discriminations, représentations théâtrales…) pour « faire écho à des préoccupations politiques des jeunes », en « travaillant sur les dynamiques de groupe ».
  • Pour lutter contre le complotisme, « il ne sert à rien de contredire par des arguments rationnels les délires complotistes chez un jeune endoctriné », même si « l’humour et la dérision peuvent avoir un effet lorsque le processus d’enfermement dans l’univers complotiste n’est pas trop avancé ». Les « éducateurs de rue recherchent l’appui d’un tiers pour redonner confiance au jeune et l’amener à se poser des questions, essaient de trouver une faille affective qui puisse convaincre le jeune de rompre son isolement, avec l’aide d’un très proche qu’il faudrait ménager ou protéger (mère, petit frère ou sœur…) ».

Enfin, « lorsque le danger est avéré, il peut être nécessaire de procéder à un signalement », lorsque le « faisceau d’indices réuni étaye la gravité du danger et l’inexistence d’options alternatives réalistes à la décision de signaler ». Les mineurs sont alors « en priorité signalés aux dispositifs spécifiques de protection de l’enfance ». « Les éducateurs qui ont procédé à ce type de signalements ne l’ont fait qu’avec l’aval de leur hiérarchie et si possible après avoir pu consulter un référent ou une instance collégiale. Ils souhaitent être tenus au courant des suites données, notamment en matière de suivi social, ce qui est loin d’être toujours le cas ».

 

 

 

 


La newsletter d'avril 2017

Au programme de la newsletter d'avril 2017 : 

- Quelques éléments du guide sur le renforcement de la présence des adultes dans les quartiers prioritaires les soirs, week-ends et au mois d'août (ici);
- Arc75 : des plannings papier aux plannings numériques (ici);
- Fondation Jeunesse Feu Vert : un nouveau local rue Z. Karr (ici);
- Rapport Thierry : valeurs républicaines, laïcité et prévention des dérives radicales dans le travail social (ici);
- Matinée d'échanges des stagiaires autour du travail de rue (inscriptions ici);
- Accueil sans rendez-vous autour des consommations des jeunes. 

Bonne lecture!


L'insertion pro en Prév'

Lettre adressée à la DASES

Les chantiers éducatifs, partie intégrante de la diversité des pratiques éducatives en Prévention Spécialisée. Nous nous sommes rencontrés à ce sujet le 15 décembre 2015, au cours d’une réunion où nous vous avons exposé la diversité des organisations de ces postes dans nos associations. Cette diversité reflète l’histoire de ces postes spécifiques, créés au fil de l’évolution des besoins des jeunes accompagnés par la Prévention Spécialisée. Et c’est là même toute la force de nos équipes, de savoir innover et créer les outils qui, pérennisés uniquement lorsqu’ils sont appropriés, vont répondre aux situations spécifiques des jeunes en risque ou en voie de marginalisation.


La situation économique et le contexte peu dynamique du marché du travail rendent de plus en plus difficile l’insertion des jeunes les plus fragiles. Très régulièrement, les équipes éducatives sont sollicitées par des jeunes en situation de marginalisation pour qui le décrochage scolaire, l’installation dans
l’économie parallèle, l’absence de connaissance des normes sociales, ont pour conséquence de les exclure de toutes formations ou d’accès à l’emploi direct.

Au-delà de l’acquisition de savoirs faire dont ils sont parfois très éloignés, les jeunes auprès desquels les éducateurs interviennent, rencontrent de grandes carences en matière de savoirs être et de savoirs sociaux (se comporter par rapport aux autres, se confronter à la discipline, développer des capacités
d’organisation de sa journée, acquérir les codes et le temps de concentration nécessaires à une entrée en formation). Ainsi donc, pour nombre de jeunes, les temps éducatifs que représentent les chantiers d’insertion sont essentiels. Dans une visée d’insertion, les chantiers éducatifs constituent pour beaucoup,
une première rencontre du monde professionnel, et cela fait ressortir à la fois les nombreux savoirs faire à acquérir, dont ils sont parfois très éloignés, et des difficultés administratives. Ils ne sont pas en mesure d’intégrer les parcours linéaires du droit commun, et les éducateurs vont alors devoir rester présents tout au long du parcours éducatif qui construira le chemin vers l’insertion. Enfin, les éducateurs pensent les chantiers pour permettre la réussite de chacun des jeunes dans cette expérience, construits sur mesure pour ne pas être un nouvel échec.

Cette activité des chantiers éducatifs et leur mise en œuvre font parties de la pratique des éducateurs de Prévention Spécialisée et les innovations et les expérimentations portées par les équipes éducatives intègrent pleinement ces postes.

Il nous apparaît donc essentiel que ces postes soient intégrés dans l’ensemble du personnel éducatif de Prévention Spécialisée, qui met en œuvre une mission d’Aide Sociale à l’Enfance et soumis aux mêmes obligations déontologiques étant donné la nécessité qu’une relation de confiance puisse être construite et développée avec les jeunes les plus en difficulté.
Nous demandons donc à voir les conventions destinées à ces postes annexées aux conventions de nos associations pour la mission de Prévention Spécialisée.
Si toutefois, pour des raisons que nous apprécierions de mieux appréhender, cela n’était pas possible, nous demandons à ce que le préambule des conventions de Prévention Spécialisée soit repris dans ces nouvelles conventions.

Des équipes éducatives en lien avec les jeunes dans la mise en œuvre de temps éducatif d’accompagnement vers l’insertion
Le chantier éducatif est un outil pour une équipe éducative, un outil qui permet d’entrer en lien avec certains jeunes, de consolider la nécessaire relation de confiance, de vivre des temps éducatifs signifiants (estime de soi, sociabilité, altérité), d’observer le jeune en position professionnelle. Les éducateurs non dédiés à cet axe sont présents sur la plupart des chantiers, aux côtés des postes dédiés à l’axe d’insertion sociale et professionnelle. En amont des chantiers, leur construction, l’inscription des jeunes en fonction de leur profil se fait en commun entre les personnes en charge de l’axe insertion sociale et professionnelle et les autres éducateurs. Il est essentiel de permettre les allers-retours, de ne pas isoler l’insertion professionnelle. L’évolution éducative du jeune est permise par ces allers-retours.

Pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi, n’ayant aucune connaissance du monde de l’entreprise et de ses exigences, la présence de l’éducateur est indispensable tout au long du chantier. Cette présence permet d’une part à l’éducateur d’accompagner le jeune au quotidien, de le soutenir et de partager avec lui un temps propice aux échanges et d’autre part à l’encadrant technique de se concentrer sur la transmission d’un savoir professionnel. Pour les jeunes les plus proches de l’emploi, prêts à intégrer tous types d’entreprises, le chantier représente pour eux la dernière étape leur permettant de bien intégrer les codes, les attentes de l’entreprise, de vérifier leur capacité à pouvoir s’investir dans un contrat à long terme et de prendre conscience de leur capacité à faire. Concernant ces jeunes, les éducateurs peuvent faire le choix de ne pas être présents tout au long du chantier ce qui met le jeune en situation réelle de salarié avec toutes les contraintes liées au fonctionnement de l’entreprise : respect des horaires, des consignes, des collègues de travail… Le jeune se retrouve dans un fonctionnement très autonome en responsabilité sans « protection de l’éducateur ». Dans ce cadre l’éducateur passe régulièrement sur le chantier, prend contact avec les jeunes et l’encadrant technique pour faire le point sur les difficultés rencontrées et mettre en place si besoin les outils nécessaires.


Les pratiques sont différentes sur les 6 postes concernés. Tous ont néanmoins développé des compétences techniques fortes qui ne sont pas maîtrisées par le reste des équipes éducatives. 


Les partenaires
Il est précisé dans la convention signée entre les associations de Prévention Spécialisée et la Mission Locale de Paris que des chantiers éducatifs co-construits doivent être mis en œuvre. Ce volet existe déjà sur certains arrondissements (inscription systématique des jeunes à la MLP, rencontre du conseiller sur le chantier, partage des bilans des chantiers). Il est encore à développer, mais de façon non systématique, en fonction de la capacité sociale de chaque jeune à être en lien avec l’institution.


Les bailleurs sociaux sont, sur le sujet des chantiers éducatifs, des partenaires incontournables puisqu’ils en sont en grande partie pourvoyeurs. Plus ponctuellement, les Mairies d’arrondissement par exemple peuvent remplir le même rôle.


Les autres partenariats se développent pour répondre aux situations individuelles des jeunes positionnés sur les chantiers.


Les indicateurs
Certains indicateurs sont dès à présent disponibles et présents dans les rapports d’activité de nos associations :
Nombre de chantiers
Nombre de jeunes concernés
Nombre d’heures de travail effectif

D’autres indicateurs restent à construire, et pourrons l’être puis être mis en œuvre dans le courant de l’année 2016. Le CPSP s’engage à adresser rapidement des propositions en ce sens. Il s’agira alors de mettre en lumière la profonde inclusion de l’outil dans la mission de Prévention Spécialisée et, si possible, de donner des éléments sur l’adhésion du jeune aux chantiers, seul élément réellement probant quant à une « sortie positive » des dispositifs spécifiques ici concernés.

Des propositions législatives
Ainsi que vous nous l’avez demandé, nous indiquons ici quelques dispositions réglementaires et législatives qui pourraient encourager l’IAE chez les jeunes :
Ouverture de l’aide complémentaire au poste pour les jeunes ;
Allotissement des appels d’offre par la Mairie de Paris pour les EI ;
Développement des marchés de gré à gré pour les AI (transport, manutention…) ;
Aménagement des critères de sorties positives pour les AI travaillant avec la PS : avoir fait la totalité du chantier éducatif serait déjà une sortie positive par exemple ;
Incitation du développement des chantiers éducatifs avec l’ensemble des bailleurs sociaux.


Place de la PS dans la prévention de la radicalisation

Le Conseil d’administration du CPSP a demandé aux directeurs des associations adhérentes de rédiger une note afin de formaliser la participation de la PS de Paris dans la prévention de la radicalisation. La note complète, qui s’appuie sur le rapport Thierry est disponible ici. 


Informations sur la prévention de la radicalisation violente

Quelques informations sur ce sujet : une contribution sur la participation de la PS de Paris à la prévention de la radicalisation violente, mais aussi le kit de formation du CIPDR ou encore le rapport Thierry de 2016.

A voir aussi : Ensemble on fait quoi, du Département du Nord (ici).

Vous pouvez également consulter les informations du CIPDR sur les indicateurs de basculement dans la radicalité ici


La Prév en Seine-Saint-Denis : un guide utile!

Idée 93 regroupe toutes les associations de protection de l’enfance de Seine-Saint-Denis, dont les neuf associations de PS du département. En partenariat avec le conseil général, elle a sorti une brochure sur la PS dans le 93 (disponible ici), élaborée par un groupe composé d’éducateurs, de chefs de service, de directeurs et d’administrateurs.

L’exacerbation des difficultés d’une fraction des jeunes y est formalisée : les familles en grande difficulté sociale, les conflits entre pairs, les difficultés à vivre ensemble au sein des communauté de résidence affaiblissent les soutiens sociaux et renforcent isolement, sentiment de disqualification et emprise des petits groupes. Cela se combine à des problèmes récurrents d’insertion professionnelle et d’accès aux droits et à la citoyenneté. Les profils des jeunes concernés sont diversifiés, par l’âge, le genre, ou encore les moments de la vie avec des temps d’exacerbation des risques de marginalisation.

Concernant l’identité de la PS, de nouveau les capacité aux diagnostics, à l’évaluation des dynamiques sont l’objet d’une expertise reconnue, tout comme la capacité à articuler ses pratiques éducatives de proximité avec un panel de dispositifs institutionnels. Ses contributions originales en matière de prévention de la délinquance et de sécurité, sans déroger à ce qui conditionne les relations de confiance avec les publics sont soulignées. Transversalement, la PS de Seine-Saint-Denis affirme son orientation politique et culturelle dans la protection de l’enfance. Elle prône également un positionnement se démarquant de l’assistance, de la disqualification des capacités des personnes, du primat donné à la gestion et au contrôle.

Parmi les axes forts de son action sont soulignés : le travail avec les groupes naturels, l’accroche avec les filles, l’accès aux dispositifs d’insertion sociale et professionnelles, les actions collectifs, le développement du pouvoir d’agir, l’engagement de recherches-actions. Dans ses modalités d’action, aux côtés des accompagnements individuels, le travail de rue prend bien sûr toute sa place, la rue tant appréhendée comme un espace intermédiaire entre espace privé et espace des institutions, comme espace de vie, d’échanges et d’activités.

La temporalité est également abordée, ou plus exactement leS temporalitéS, du travail en amont au travail de long court en passant par les interactions immédiates avec les jeunes et leurs familles.

Pour « parler de résultats », Idée 93 propose une approche axée sur les processus, la dynamique enclenchée par les jeunes. En complément, il convient d’expliquer ce que le soutien et l’accompagnement effectués font « économiser » à la société et aux collectivités. Plusieurs pistes de développement sont relevées, et notamment la description des actes propres au travail de rue pour mieux faire comprendre le quotidien du travail.

Une rencontre entre le CPSP, Idée 93 et l’UDAPS94 est prévue prochainement, et devrait permettre d’envisager nos enjeux futurs communs.


La newsletter de juin 2017

Au programme de la newsletter de ce mois-ci :

  • Quelques mots sur le guide de l'engagement de la PS en Seine-Saint-Denis (ici);
  • Le projet théâtre de l'AJAM (ici);
  • La présentation de l'enquête la PS de Paris dans la prévention de la radicalisation (contribution en totalité ici);
  • Une rapide présentation du livret de la CAF destiné aux parents d'adolescents (ici);
  • Une présentation de l'avis du défenseur des droits sur la PS.


Projet théâtre de l'AJAM

« Les trois associations AJAM 19, Entraide et le LAI 18 ont mobilisé des jeunes (filles et garçons) de trois quartiers différents du 18 et 19e arrondissement pour créer un spectacle théâtral qui leur a permis d'exprimer : la violence quotidienne, les rixes inter-quartiers et les risques de radicalisation. Soutenus par les éducateurs et animateurs des trois structures, c'est Farid Abdelkrim, metteur en scène, qui les a accompagné durant 15 mois pour la représentation finale qui s'est tenue le 10 Mai  2017 à l'auberge de jeunesse Yves Robert. Ils sont drôles, sincères et plein d'humanité. »

Rachida Azougue, Directrice

 

Entretien avec Abdramane Doucouré, l’éducateur de l’AJAM qui a accompagné ce cheminement…

Qui étaient concernés par le projet ? Un groupe mixte, de 13 à 23 ans, au départ d’une dizaine de jeunes, qui s’est réduit au final réduit à six jeunes. Si certains ont quitté le groupe, le travail individuel avec chacun a pu continuer, et chaque jeune a apporté sa contribution dans le projet. Les jeunes qui ont « quitté le navire » sont partis sur d’autres choses. Un des jeunes a pris ce qu’il avait à prendre (apprendre comment parler, quelle posture adopter, développer son vocabulaire, investir la scène…) et s’est retiré du projet. Il a ensuite été accompagné au Maroc pour tourner un film qui sortira en décembre (Mariage (blanc) pour tous). Le jeune a pu répondre aux castings que je lui ai trouvés grâce à l’atelier théâtre. Un autre jeune a fait un film (Wallay) en suivant le même cheminement. Ils ont pu utiliser ce dont ils avaient besoin, le but étant de prendre ce qui leur était bénéfique.

Le lien de confiance existait déjà avec ces jeunes ou est-ce qu’il s’agissait de le créer ? Le lien de confiance est relatif… tu pensais avoir une relation de confiance installée, mais le jeune va se confier pendant le projet, et tu t’aperçois à la fin qu’elle est devenue beaucoup plus forte. La relation de confiance ne se crée que par rapport à la cohérence entre le discours et ce qu’on met dans l’accompagnement.

Le groupe était ce qu’on appelle un groupe naturel ou un construit ? Certains jeunes venaient de Danube, d’autres de Crimée, orientés par l’AJAM, le LAI et Entr’aide. Ces jeunes ne constituaient pas un groupe naturel, mais le jour de la restitution ils semblaient un groupe naturel. Ce travail s’est donc fait entre des jeunes qui viennent de quartiers différents. Le soir de la restitution, la salle était remplie de jeunes qui venaient de tous ces quartiers, et plus encore. C’était l’exemple même que des jeunes qui au quotidien ont du mal à se côtoyer peuvent être dans un même lieu pour un même objectif.

Quels ont été les sujets abordés et comment ont-ils été choisis ? Discrimination, liberté, démocratie, républiques, droit de vote… Lors de la première séance, l’intervenant (Farid Abdelkrime) utilise des questions de départ (tu as déjà été violent ? la violence représente quoi pour toi ?). Ensuite, il s’agit de partir sur des champs lexicaux, de tirer le fil conducteur. Certains sujets sont traités en profondeur, d’autres survolés. Ceux qui sont restés ont écrit la pièce ensemble, mais ont fait beaucoup d’improvisations. La restitution s’est dessinée au fil du temps. Elle est l’exemple même de la persévérance des jeunes.

Selon quelle régularité se tenaient les ateliers ? En principe tous les mercredis, à 18h. Ce qui était souligné, c’était l’importance de venir, même en retard. Venir dit déjà quelque chose. La ponctualité sera travaillée après. Ce sont des jeunes qui quittent un arrondissement qui est le leur, qu’ils n’ont pas l’habitude de quitter, pour un territoire sur lequel ils peuvent avoir peur de représailles, parce qu’ils sont affiliés à un quartier, pour un projet nouveau pour eux. Plusieurs séjours ont aussi eu lieu : une journée à Nantes pour aller voir une pièce et deux résidences pour travailler la restitution et toutes les notions de théâtre, mais aussi la cohésion de groupe, la complémentarité entre les jeunes, le vivre ensemble, se lever, travailler, se concentrer, couper avec le monde extérieur.

Ali, photographe, a filmé certaines scènes. C’était important, pour se revoir, immortaliser certains moments. Certaines vidéos permettent de voir l’évolution des jeunes, par les éducateurs, mais par les jeunes eux-mêmes, et c’est vrai jusqu’à l’évolution de la taille de certains des jeunes qui ont bien grandi !

Quel a été l’apport du travail en partenariat pour ce projet ? Le travail en partenariat se faisait déjà (l’AJAM, avec le LAI et Entr’aide, fait partie des partenaires privilégiés sur une coordination qui réunit de nombreuses associations du 19ème pour des sorties à la mer, sur des bases de loisir, un accès à la culture pour des personnes qui n’ont pas l’occasion de sortir). Ce genre de projet renforce le travail en commun, mais ouvre aussi les jeunes sur d’autres arrondissements, d’autres structures. L’objectif de la Prév est d’orienter les jeunes vers des structures de droit commun, d’emmener les jeunes vers d’autres horizons.

Qu’est-ce qui, pour toi, est essentiel à retenir ?  Le travail en partenariat, entre les arrondissements ; l’origine du projet (initié par l’ancien chef de service, dans le contexte des attentats notamment, avec la volonté d’un projet qui ait des répercussions sur les jeunes, mais aussi sur les habitants des quartiers concernés) et son évolution avec les différents interlocuteurs qui ont pu intervenir, ainsi que les jeunes. Ce projet montre qu’un éducateur se sert de tout et de rien comme support. Dans chaque projet, il faut prendre en compte les individualités et les particularités, les difficultés, mais aussi les potentialités, ne pas faire de généralités, ne pas mettre la barre trop haute pour chaque jeune pour ne pas le faire chuter. Le travail de groupe consiste à travailler sur les individualités, doit permettre une plus-value sur l’individualité. Le projet doit être ajusté pour prendre en compte les potentialités et les envies des jeunes, pas des éducateurs.

Le mot de la fin ? Les jeunes étaient agréablement surpris par la restitution. « C’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens » et là, les musiciens ont été très bons, et les applaudissements les ont bien récompensés !

 

 


Affiche AJAM


La newsletter d'octobre 2017

La newsletter d'octobre 2017 est sortie. Au sommaire : 

  • La marche éducative de l'association Seuil ici;
  • Le BAFA-citoyen d'Aurore-Siloë ici;
  • La charrette de rue du 10ème de l'AJAM ici;
  • L'OPEJ a accompagné Médiation nomade dans le 19ème ici;
  • Les groupes de travail du CPSP ici.

Bonne lecture!


Médiation nomade OPEJ


Au GRAJAR, des lampes pour éclairer nos lendemains

Fondée en 2004, l'association « La Caisse à Clous » s'installe au port de commerce de Brest au croisement des activités de réparation et de construction navale, civiles ou militaires. Elle reprend les objectifs de l'association AVENIR qui avait vu le jour en 1997 pour accompagner socialement les grandes vagues de licenciement dans la sous-traitance navale. Dans un environnement économique morose, sans diversification industrielle véritable, la ville de Brest assiste à la disparition d'un pan important de son économie. Simultanément, le secteur de l'électronique très présent sur la ville subit également les aléas de la mondialisation et se fragilise de jour en jour. L'association propose alors à ses adhérents victimes des restructurations un lieu d'accueil stable pour pallier à la précarisation des métiers, aider dans les recherches d'emploi, apporter des informations sur la situation économique. Elle gère par ailleurs une mutuelle de groupe à tarif préférentiel.  

C’est dans ce contexte que l’association décide de développer une activité de transmission des savoir-faire d'anciens salariés de la navale vers des jeunes fréquentant des centres sociaux pour une activité de loisirs. Les jeunes participent à la réalisation d'objets divers faisant intervenir la découpe, la soudure de tôles, des notions de mécanique, un peu d'électricité et de la menuiserie. Cette action s'étend également à des jeunes nécessitant des compléments de savoir-faire dans leur parcours, ainsi qu'à des salariés en précarité qui souhaitent se refaire la main. Elle est enfin étendue à des jeunes de 15 à 18 ans voulant s'informer sur une formation future, sur la base d'une semaine de découverte.

C’est ce dernier dispositif que je mobilise pour des jeunes de 14 à 16 ans en situation de rupture ou de décrochage scolaire. Pour la bonne mise en œuvre de l’action, je m’assure au préalable de l’accord de la direction et de l’équipe pédagogique du collège Suzanne LACORE. Des échanges sur le suivi des jeunes et un temps de présentation de l’action sont nécessaires pour lever toute ambigüité. Il ne s’agit pas d’un séjour ludique à la mer mais bien d’une semaine de découverte des métiers avec son lot d’exigences.

Depuis un an, 3 groupes de 4 jeunes ont bénéficié de cette action et en sont revenus avec la certitude qu’ils étaient en capacité de réaliser de beaux objets – des lampes de chevet – avec leurs mains. Mais comme il faut allier l’utile à l’agréable, je propose également aux jeunes, avec l’appui du club de prév’ brestois, de participer à des activités sportives. Ainsi, randonnée, Futsall, Via Ferrata etc. sont au menu de la semaine et permettent de découvrir la région et de se découvrir face à des situations inédites. Toujours avec l’association de prévention spécialisée qui intervient sur le quartier de Keredern et l’équipe du patronage laïc, nous organisons des échanges entre jeunes des quartiers populaires dans un esprit de convivialité et de fraternité.

Le point fort de cette action, outre sa capacité à révéler des compétences manuelles et intellectuelles (traçage, calcul de cotes etc.), c’est qu’elle permet de découvrir des encadrants techniques, tous retraités de la navale, autant passionnés par le métier qu’ils ont exercé durant des décennies que par leur nouveau challenge qui consiste à transmettre aux jeunes générations cette passion du travail bien fait. Derrière cet engagement militant, il y a la volonté de valoriser une mémoire ouvrière dans toute sa noblesse. Et il est certain que les jeunes de nos quartiers sont sensibles à l’expression de cette fierté.

David PLUMBER

Educateur GRAJAR sur le quartier Rosa Parks/Bollaert

 


Lampe GRAJAR


La formation adolescents difficiles : un bel outil pour les éducateurs de PS de Paris

La formation « Adolescents difficiles ; entre destruction et créativité, la place des adultes qui font référence » a été initiée en 2013 par les Equipes d’Amitié et ARC75, avec l’expertise scientifique du Professeur Philippe JEAMMET, pédopsychiatre et directeur d’un Diplôme Universitaire Interprofessionnel. Elle s’adresse à des éducateurs/trices exerçant dans des associations de Prévention Spécialisée de la Ville de Paris dans le cadre de leur mission de Protection de l’Enfance. En tant qu’organisme agréé, les Equipes d’Amitié ont assuré le portage de la formation.

THEMATIQUES

L’adolescence est un moment déterminant dans l’évolution des jeunes, elle sollicite leurs ressources personnelles, elle révèle leurs potentialités mais aussi leurs manques et leurs insuffisances dans une société qui valorise la réussite individuelle.

Les adolescents difficiles, qui sont aussi souvent les plus fragiles, expriment par leur comportement asocial, insupportable pour les adultes et les institutions, une souffrance et une recherche d’identité et de relations dont il faut aider et accompagner l’émergence et la construction. Leurs rapports conflictuels avec leur environnement et leur fonctionnement grégaire mettent souvent à l’épreuve les institutions ou l’autorité des adultes qui ont vocation à les accompagner et à poser des limites à leurs
débordements.

Dans cette quête personnelle, qui oscille entre destruction et créativité, la rencontre de l’adolescent avec un adulte de confiance peut être un moment clé dans le développement de sa personnalité et l’expression de capacités souvent insoupçonnées.

Afin que ceux qui sont proches de ces jeunes, trouvent la « juste » distance qui leur permette à la fois de ne pas s’enfermer avec eux et de ne pas être aveuglé par leur comportement, il est essentiel qu’ils enrichissent leurs références par des apports théoriques et de la réflexion de professionnels qui rencontrent ces adolescents difficiles dans un contexte différent lié à leur métier, leur histoire et leur spécialité.

OBJECTIFS

Cette formation en alternance vise à :

  • Sensibiliser les éducateurs aux paradoxes de l’attitude de l’adolescent et en comprendre le sens,
  • Améliorer leur connaissance des besoins de l’adolescent pour contribuer à une meilleure cohérence
    de la pratique individuellement ou en équipe,
  • Développer les compétences des acteurs de terrain par des outils de compréhension et d’analyse de
    leurs pratiques ainsi que des outils méthodologiques de communication écrite et orale,
    • Soutenir l’engagement professionnel et favoriser une dynamique qualifiante des éducateurs.

CONTENU ET MODALITES PEDAGOGIQUES

La formation « Adolescents difficiles, entre créativité et destruction, la place des adultes qui font référence », est une formation en alternance qui propose aux participants un cheminement professionnel qui croise savoirs et expériences de terrain pour mieux comprendre, connaître et accompagner les adolescents difficiles.

La méthodologie de l’alternance induit une articulation entre la théorie et la pratique et permet au stagiaire, à la fois, de penser l’action éducative et de développer de nouvelles compétences professionnelles. Une interaction s’instaure à travers les différents temps et lieux d’apprentissage, s’inscrivant dans la continuité et la progression du parcours de formation de chacun. Chaque intervenant, chaque séquence de formation est l’occasion, pour les stagiaires, de porter un regard différent, voire d’aboutir à une posture professionnelle modifiée, pour l’exercice du métier d’éducateur de rue.

La formation est construite sur un cycle de dix mois de septembre à juin. Elle repose sur l’interaction des différents contenus de ce parcours :

Les conférences font appel à des professionnels universitaires spécialistes de l’adolescent dans des disciplines diverses : psychiatrie, psychologie, sociologie, sciences de l’éducation … Quelques thèmes proposés : Le développement de la personnalité à l’adolescence, Agressivité et violence, Les addictions, La sanction éducative, Le « faire avec » comme médiation, La place des filles, Les prises de risques…

Les ateliers d’analyse de situations éducatives et d’échanges de pratique favorisent la mise en place d'une posture réflexive à partir de l’exposé d’actions menées par les éducateurs dans leur pratique professionnelle. Le cadre proposé veille à soutenir la mise en commun des expériences individuelles, dans un temps d’écoute et de réflexion communes. L’apport et la variété des pratiques, les éclairages théoriques, aident à mieux identifier ce qui se joue pour les professionnels. Se constitue alors dans ces ateliers un socle partagé visant à enrichir pour chacun, les manières d’agir et de penser nécessaires à l’exercice du métier. 

Le travail individuel vise à la production d’un document, le « Récit de formation » qui répond à un double objectif : produire un écrit final et acquérir un outil de professionnalisation.

Le participant formule une problématique, l’analyse avec les apports de la formation et dégage de nouvelles hypothèses d’action. Ecrire l’aide à conceptualiser, prendre du recul, faire du lien théorie-pratique, associer les situations de terrain avec les apports des conférences, à formuler et structurer. Ce travail individuel s’inscrit dans la continuité et la progression du parcours de formation, il est aussi un support à l’assimilation des connaissances et provoque de nouveaux questionnements. La démarche d’écriture est un contenu à part entière de l’action de formation.

Les ateliers collectifs d’écriture ainsi que des guidances individuelles étayent la démarche de production du «Récit de formation ». L’articulation entre temps collectifs et individuels viennent en appui de la réalisation de cette production personnelle pour que chacun construise un récit original, dans lequel apparaissent les thématiques qui préoccupent les stagiaires, leurs pratiques mais aussi leur cheminement personnel lié aux apports de la formation.

Ce travail personnel est notamment essentiel pour ceux qui souhaitent s’engager dans une démarche de Validation des Acquis et de l’Expérience.

La restitution orale, devant un public d’invités institutionnels et associatif est la phase finale de la formation. Préparée en ateliers collectifs, cette séquence est conçue pour être une présentation des écrits ainsi qu’une restitution globale de la formation et un témoignage des parcours de formation des participants. Elle contribue également à l’évaluation de la formation et à son enrichissement par des préconisations d’amélioration du dispositif.

Le suivi, collectif et individuel, renforce ce dispositif et constitue le maillage qui permet au groupe et à chacun des participants de s’approprier la formation. Support indispensable à l’assiduité et à l’investissement des stagiaires, il se révèle essentiel tout au long du parcours de formation.

Au-delà d’une acquisition de connaissances, le temps particulier de la formation, vient bousculer les représentations, remettre en doute ou tout au moins questionner des certitudes pouvant parfois entraîner un remaniement professionnel qui a aussi des effets sur un plan personnel. La prise en compte des effets produits chez les participants, singuliers pour chacun d’entre eux, nécessite dans la permanence un accompagnement tout aussi singulier de la part des formatrices. Le cadre d’accompagnement proposé prend appui sur la pluridisciplinarité de l’équipe pédagogique et se tisse dans la diversité des temps du dispositif.

Le lien entre les participants des différents cycles de formation : conçu et élaboré comme une occasion de transmission entre pairs, un temps de rencontre entre les participants de chaque année est pensé comme un « compagnonnage » qui passe de cycle en cycle. Ce lien se concrétise par la présence d’« anciens » stagiaires lors de la restitution finale.

Le cycle 5 de cette formation débutera le 15 septembre 2017.

 

Anita Remaud,

Responsable de Formation,

Avec le concours de l’équipe pédagogique

 


Trésorerie et budget des associations

Les trésoriers et responsables des budgets des associations de Prévention spécialisée de Paris se réunissent pour faire un état des lieux de la situation des associations et émettre des propositions d’amélioration.

 


Questions/réponses sur la Prév

QU’EST-CE QUE LA PRÉVENTION SPÉCIALISÉE?

La mission des éducateurs de prévention spécialisée est de rencontrer dans l’espace public qu’ils occupent, des jeunes de 12 à 21 ans « en risque ou en voie de marginalisation ». Ils nouent des liens avec eux pour les amener à un cheminement conjoint vers une insertion sociale et professionnelle épanouissante. A Paris, 250 éducateurs mènent cette mission au sein de 11 associations. Cette action est régie par l’article L121-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles.

COMMENT FONT-ILS POUR QUE LES JEUNES LES ACCEPTENT?

Les éducateurs tiennent leur savoir-faire de leur formation (Bac+3), mais aussi de celui transmis par leurs pairs, plus anciens en poste. Ils passent beaucoup de temps dans l’espace public pour que les jeunes les connaissent et les reconnaissent. Ils entrent alors progressivement en lien avec les groupes de jeunes régulièrement présents au sein du territoire qui leur est confié. Ils en arrivent à installer un dialogue, à entendre leurs envies (souvent, dans un premier temps, de loisirs), à leur proposer des projets. Petit-à-petit, une relation de confiance se noue et va permettre une démarche éducative.

QUI DECIDE DES JEUNES CONCERNES ?

Aucun jeune n’est nommément « confié » à un éducateur de Prévention Spécialisée. Le Département (la Prévention Spécialisée relève de la Protection de l’enfance, compétence départementale) missionne une association pour s’occuper de tous les 12/21 ans d’un territoire précis, dès lors que ces jeunes fréquentent l’espace public et sont éloignés des autres institutions (services sociaux, école, mission locale, centre social…). Les éducateurs ont donc pour rôle de créer les conditions de confiance pour que ces jeunes acceptent de travailler avec eux.

QUELLE EST LA DIFFÉRENCE AVEC LES AUTRES ACTEURS : LES ASSOCIATIONS DE QUARTIER, LES CENTRES SOCIAUX, LES CENTRES D’ANIMATION, LES AUTRES SERVICES DE PROTECTION DE L’ENFANCE?

Tout d’abord, les éducateurs, diplômés, vont à la rencontre des jeunes, dans les espaces qu’ils choisissent d’occuper, et donc aussi dans la rue, les squares, les halls d’immeuble, parfois dans des lieux dans lesquels plus aucun acteur institutionnel ne se rend.
Ensuite, ce sont des acteurs de protection de l’enfance. Ils approchent donc les situations de chaque jeune sous l’angle de la protection, qui n’empêche pas d’avoir conscience des responsabilités de chacun, des actes délictuels qui peuvent être commis par ces jeunes. Ils ont à ce titre des obligations (de signalement des situations de danger, de confidentialité des informations confiées par les jeunes) qui sont autant de garanties d’un accompagnement professionnel des jeunes.
Ils sont mobiles, ce qui leur permet de se déplacer, de rencontrer les autres acteurs des situations des jeunes lorsque cela est nécessaire.
Enfin, si les éducateurs utilisent parfois des « outils » de loisirs (ateliers théâtre, fêtes de quartier, aide aux devoirs, séjours et camps…), ils ne le font pas comme une fin, mais bien comme un moyen de travailler sur certains aspects des problématiques rencontrées par les jeunes. Par exemple, un jeune va pouvoir faire partie de l’aide aux devoirs d’une association de prévention spécialisée… seulement jusqu’à ce que son comportement, son niveau lui permette d’intégrer celui de l’association de quartier!

PREVENTION SPECIALISEE ET TRANQUILITE PUBLIQUE

La Prévention Spécialisée n’a pas pour finalité la tranquillité publique. Elle ne remplace ni les médiateurs, ni les forces de l’ordre. En rétablissant du dialogue avec des groupes de jeunes qui parfois n’entrent en lien avec la société que dans la violence et l’opposition, en mettant en place des actions qui renouvellent le lien social autour de la jeunesse, elle peut contribuer à pacifier l’espace public.

PREVENTION SPECIALISEE ET PREVENTION DE LA DELINQUANCE

Une insertion sociale épanouissante est possible lorsque les jeunes se tiennent aussi loin que possible des actions délinquantes. De nombreuses études montrent qu’une prévention de l’entrée dans les réseaux de trafics illicites est plus simple qu’une sortie de ces réseaux. La Prévention Spécialisée se donne donc pour objectif de prévenir chez les jeunes auprès desquels elle intervient l’entrée dans la délinquance. Là encore, ce n’est pas une finalité, mais bien un moyen de concourir à leur développement.

PREVENTION SPECIALISEE ET PREVENTION DE LA RADICALISATION

La Prévention Spécialisée s’est mise à disposition des autorités publiques pour analyser et tenter de répondre aux risques de radicalisation religieuse des jeunes parisiens. Par les actions qu’elle mène au sein des quartiers qui vise à (r)établir le dialogue entre les habitants de toutes générations et de toutes cultures, par les processus d’insertion sociale qu’elle contribue à mettre en œuvre pour les jeunes, elle contribue donc à la prévention de la radicalisation. Elle n’est néanmoins pas en mesure de prendre en charge les jeunes identifiés comme enferrés dans une radicalisation installée.

COMMENT LES ÉDUCATEURS ÉCHANGENT-ILS DES INFORMATIONS SUR LES JEUNES?
En tant qu’acteur de protection de l’enfance, les éducateurs de Prévention Spécialisée ont pour devoir de ne partager, avec les acteurs appropriés, que les informations strictement essentielles à la bonne prise en charge des jeunes concernés… sauf lorsque les jeunes eux-mêmes ont levé cette restriction. C’est le cas lorsque le jeune est accompagné vers la mission locale, s’il demande à son éducateur de faire du lien avec des professionnels de soin, s’il autorise les contacts et échanges avec d’autres professionnels (centres sociaux, centres d’animation…).
La Prévention Spécialisée s’oblige à toujours avertir les jeunes et leurs familles des échanges qui peuvent être prévus avec d’autres professionnels, ou des démarches qui peuvent être faites avec et pour eux.

QUI EST RESPONSABLE DES EQUIPES DE PREVENTION SPECIALISEE?

Aucun éducateur ne travaille seul. Il est salarié d’une association, sous la responsabilité d’un chef de service et/ou d’un directeur et, au-dessus, d’un conseil d’administration représenté par un Président d’association. Cette équipe est garante du professionnalisme de chacun, du respect par tous des obligations liées à l’exercice de ce métier, et sert de garde-fou pour les éducateurs, parfois confrontés à des situations « bouleversantes », et, comme tous, humains, donc faillibles.

LA PRÉVENTION SPÉCIALISÉE ET L’ÉCOLE

L’école est l’un des lieux de vie, de sociabilisation des jeunes. En ce sens, elle fait partie du quotidien des enfants et relève donc des domaines d’action de la Prévention Spécialisée. Les éducateurs, qui ont su se faire leur place au sein des collèges la plupart du temps, sont en lien régulier avec les équipes pédagogiques, accompagnent les élèves et leurs familles lorsque des difficultés se présentent, y compris lors d’éventuels conseils de discipline. Certaines équipes accueillent également les jeunes exclus temporairement. Ces liens sont essentiels pour prévenir les décrochages scolaires.

LA PREVENTION SPECIALISEE ET L'INSERTION PROFESSIONNELLE

Lorsque les jeunes sont plus grands, certains vont s’orienter vers des formations professionnelles. Les éducateurs les accompagnent alors dans la recherche de lieux de stage ou d’apprentissage, font le lien avec leurs centres de formation. Dans certaines situations, plus complexes, il va s’agir de permettre au jeune de faire de nouveau confiance aux institutions, pour l’orienter vers la Mission Locale de Paris. La Prévention Spécialisée a signé une convention de partenariat avec elle. Enfin, lorsque les jeunes sont très éloignés de l’insertion professionnelle, les éducateurs organisent des chantiers éducatif. Ils permettent à quelques grands adolescents ou jeunes adultes, pendant quelques jours, de découvrir ou de redécouvrir les avantages et les contraintes d’une activité salariée (souvent dans le second œuvre, mais d’autres domaines se développent). Cette action, régie par la circulaire DAS/DGEFP 99-27 du 29 juin 1999, est spécifiquement mise en œuvre par les équipes de Prévention Spécialisée.

LA PRÉVENTION SPÉCIALISÉE ET LA SANTÉ

Etre en bonne santé est un préalable nécessaire à une insertion sociale réussie. C’est pourquoi les équipes de Prévention Spécialisée sont amenées à aborder cet aspect de la vie des jeunes. Les principaux sujets touchent aux pathologies psychiques et à la mise en place d’un accompagnement adéquat, mais aussi aux comportements addictifs. Sur ce dernier point, outre des actions ponctuelles à l’égard de groupes, un travail commun est réalisé avec les Consultations Jeunes Consommateurs, formées sur ces sujets.

LA PRÉVENTION SPÉCIALISÉE ET SES PARTENAIRES

La Prévention Spécialisée est un créateur de lien de confiance avec les jeunes, et a pour objectif de rapprocher ces jeunes du « droit commun », des acteurs quotidiens usuels des parisiens. Elle travaille donc en liens étroits avec les acteurs associatifs (assos de quartier), d’éducation populaire (centres sociaux), de loisirs (centres d’animation), de santé (CMPP, CJC), sociaux (services sociaux de secteur, aide sociale à l’enfance…) des territoires qu’elle couvre. La Prévention Spécialisée est donc souvent présente dans les temps de coordination et de mise en lien des arrondissements.

LA PRÉVENTION SPÉCIALISÉE DE PARIS

Le Comité de la Prévention Spécialisée de Paris, qui est à l’origine de ce document, rassemble 10 des 11 associations de Prévention Spécialisée de Paris. Il est un interlocuteur privilégié pour le Département de Paris qui autorise et coordonne l’action de Prévention Spécialisée, pour la DASES qui met en œuvre ces lignes politiques (et notamment pour le Seplex, bureau chargé de la PS), parfois pour les Mairies d’arrondissement. Il apporte également aux associations des espaces-temps pour mettre en commun les pratiques et former les éducateurs. Vous retrouverez toutes ces informations, et d’autres, sur le site www.cpsp-asso.com.


Rapport sur la prévention du décrochage scolaire

Le document proposé ici est un synthèse (disponible en pdf en fin de document). Les éléments complets des rapports sont présentés ici

Définition et chiffres

Le sortant précoce : de 18 à 24 ans, ni scolarisé ni en formation, et n’ayant pas atteint le niveau CAP ou équivalent ni le baccalauréat ou un diplôme équivalent.

 

En Angleterre on parle de NEETs (Not in Education, Employment or Training). Un NEET peut être diplômé, de même qu’un jeune non diplômé peut être en emploi, et n’est donc pas un NEET.

 

Le décrochage scolaire diminue (moins en France qu’en moyenne en Europe). Il se situait à une moyenne annuelle de 125 000 sortants sans diplôme autre que le Brevet entre 2009 et 2011, soit 16% des sortants, pour diminuer à 106 000 sortants par an, soit 14% des sortants, entre 2012 et 2014.

 

Part de non-diplômés en moyenne parmi les 15-24 ans non scolarisés à Paris : 23% en 2006, 18,3% en 2013 (-4,7%). Ces chiffres sont inférieurs à la moyenne nationale. A Paris, l’effort a plus porté ses fruits sur les cantons (ou arrondissements) les moins en difficulté que sur ceux qui le sont davantage.

 

Une estimation consacrée à l’évaluation partenariale de la lutte contre le décrochage scolaire chiffre ce coût à 230 000€ par décrocheur tout au long de sa vie.

 

Effets du décrochage

Les jeunes ayant décroché ont deux fois plus de risque d’être au chômage que ceux qui sont sortis avec un CAP ou un baccalauréat. L’écart de risque de chômage entre diplômés et non-diplômés a tendance à s’accentuer dans le temps. Pour les jeunes non diplômés qui trouvent du travail, les emplois occupés en début de parcours d’insertion se concentrent sur certains secteurs d’activité : construction, industrie, commerce et hébergement-restauration. Par rapport aux autres jeunes, ils occupent plus souvent des emplois précaires (CDD et missions d’intérim) et à temps partiel.

 

D’un côté, selon l’approche du capital humain, le décrochage scolaire peut être considéré comme un manque de compétences normalement acquises dans le système éducatif. D’un autre côté, selon les approches théoriques du signalement, la sortie du système éducatif sans diplôme prive l’individu d’un signal déterminant pour l’accès à l’emploi.

 

Les conséquences du décrochage scolaire sont réellement préoccupantes pour les jeunes concernés, et elles le sont d’autant plus que le décrochage scolaire diminue : moins il y a de décrocheurs, plus le signal qu’ils portent sur le marché du travail est stigmatisant.

 

Facteurs du décrochage scolaire : le genre, le milieu social, la structure familiale recomposée, le redoublement, des établissements où se cumulent les facteurs de risque et un climat de défiance

On retrouve partout la même diversité des expériences du côté des jeunes en situation de décrochage : rejet de l’école, perte de confiance en soi, recherches de solutions alternatives dans le monde du travail, ou repli sur soi ou sur la sphère domestique. On retrouve partout les mêmes caractéristiques individuelles : le décrochage scolaire touche plus souvent des garçons, plus souvent issus de milieux populaires, et est plus fréquent dans les établissements scolaires qui concentrent les difficultés sociales et scolaires.

Facteurs individuels

Parler de facteurs de décrochage scolaire repose sur l’idée qu’on peut identifier des caractéristiques, relevant soit des individus qui décrochent, soit des contextes dans lesquels ces décrochages se situent. Ces facteurs ne constituent pas en eux-mêmes des explications. Ils permettent de montrer qu’une probabilité plus forte peut être associée à une caractéristique. Il ne faut évidemment pas en déduire que le facteur mis en évidence explique la totalité du phénomène étudié.

  • Le genre

Dans le cas de la France, 16% des jeunes hommes sortent de l’école sans avoir obtenu un diplôme de fin d’études secondaires, contre 11% des jeunes femmes.

  • Le milieu social

Le risque de décrochage est plus important pour les familles dont le statut socio-économique est le plus faible. « Indice de risque social » fondé sur cinq attributs (appartenance à une minorité ethnique, appartenance à une minorité linguistique, pauvreté, famille monoparentale, absence de diplôme pour au moins un des deux parents) : la probabilité de décrocher augmente de 66% pour les élèves ayant au moins un des attributs par rapport à ceux n’ayant aucun facteur de risque.

Parmi les indicateurs de milieu social, le niveau de diplôme des parents, et particulièrement celui de la mère, semble être le plus déterminant. Une implication familiale importante (aide aux devoirs, contrôle du travail scolaire), des attentes positives vis-à-vis de l’école, une réactivité des parents aux difficultés scolaires, une attitude encourageante et valorisante diminuent le risque de décrochage. Ces facteurs de différenciation sociale interviennent tôt dans la vie de l’enfant, avant même la scolarité élémentaire.

  • L’origine migratoire

Les jeunes issus des minorités ethniques quittent précocement l’école du fait d’un environnement économique et social défavorable, non du fait de leur appartenance ethnique.

  • La structure familiale

D’une part les enfants issus de familles monoparentales semblent avoir un risque de décrochage plus élevé. Cependant, une fois contrôlé le statut socio-économique, cet effet est relativement faible. D’autre part, l’appartenance à une famille recomposée augmente significativement le risque de décrochage scolaire, tant aux Etats-Unis qu’en France.

  • Le profil psychosocial

Les travaux réalisés dans ce domaine montrent que troubles du comportement, comportements agressifs, conduites délinquantes et états dépressifs sont corrélés au risque de décrochage. Des chercheurs montrent en particulier qu’il s’agit davantage d’un marqueur d’un processus déjà engagé, résultant de facteurs dont la genèse se situe, pour ces auteurs, dans la qualité de l’environnement familial et la qualité des soins dispensés à l’enfant dans les premières années de sa vie.

  • Les caractéristiques scolaires des individus

Dans le cas de la France, les plus forts prédicteurs de la sortie sans qualification du système éducatif sont le redoublement en collège ou les résultats aux évaluations de 6ème et, pour la sortie sans diplôme, le redoublement en primaire, et le niveau de compétences en mathématique et en français mesuré par des tests standardisés. Il existe un effet négatif propre du redoublement.

Les facteurs de contexte

Plus les minorités sont importantes dans l’établissement, plus, toutes choses égales par ailleurs, le risque de décrochage augmente. Plus un établissement comporte d’élèves défavorisés, plus le risque de décrocher augmente, indépendamment des caractéristiques individuelles. Dans les établissements aux publics défavorisés, le risque de décrochage est augmenté par les pratiques inadaptées aux besoins des élèves, par un climat scolaire peu sécurisant, par de mauvaises relations entre enseignants et élèves, par une faible implication des équipes pédagogiques, etc. L’orientation contrainte semble être un facteur de décrochage scolaire.

Des facteurs de risque connus

Au-delà d’un certain niveau de risques sociaux, les facteurs d’inégalités sont tels qu’ils se cumulent « solidairement » les uns les autres. On en revient ici aux effets « masse » des inégalités sociales. Sur le plan des politiques publiques, elles ne peuvent se limiter à une action sectorielle, par domaine ou par ministère. Les collectivités locales sont alors sans doute les mieux placées pour mener des actions intersectorielles (travail social-habitat-éducation par exemple).

 

Parcours-type et pluralité de parcours

Il y a aujourd’hui un consensus de la littérature pour appréhender le décrochage comme un processus.

Le premier temps du décrochage scolaire : la difficulté scolaire précoce

La distance des milieux populaires avec l’école les éloignerait de ce modèle éducatif, non par opposition à ce modèle, mais en le réduisant essentiellement à un système normatif : appliquer des consignes, obéir aux professeurs, bien se tenir, etc. Dans le même ordre d’idées, les codes langagiers, les systèmes de goûts et de préférences placeraient les enfants des milieux populaires dans une position dominée dans le champ scolaire. Les difficultés scolaires de nombreux enfants peuvent être comprises à la lumière de la précarisation et de la dégradation des conditions de vie d’une partie des familles populaires.

Les premières difficultés installent rapidement les élèves dans un statut, celui d’élèves « en difficulté », avec ce que cela comporte de traitements différenciés de la part des enseignants, que ce soit dans les termes positifs du soutien et des exercices spécifiques, ou dans la désignation par le stigmate de la difficulté scolaire. Les regards des parents, des pairs, peuvent aboutir à une véritable dévalorisation de soi et au découragement appris. Cette étape initiale du processus se traduit finalement par une première version du décrochage scolaire : le « décrochage de l’intérieur ».

 

Par ailleurs, la déception occasionnée par la faible reconnaissance par l’école de la simple application des consignes peut se traduire par un sentiment d’injustice, notamment au moment du passage au collège, quand l’évaluation scolaire porte davantage sur l’appropriation de savoirs et moins sur les efforts fournis en termes d’application de consignes.

Le deuxième temps du décrochage : des difficultés aux comportements de rejet de l’école

La dévalorisation de soi qui en résulte est difficilement supportable : soit l’élève reconnait la légitimité du verdict scolaire, et il ne peut vivre alors sa situation que sur le mode de l’infériorité, soit l’élève résiste à ce verdict, et, ce faisant, il s’oppose à l’ordre scolaire. Cette opposition aux enseignants se manifeste par le refus du travail scolaire, les diverses formes de chahut, et l’identification au rôle du « perturbateur ». A ce processus de désaffiliation scolaire peut correspondre une ré-affiliation parascolaire, à travers le groupe de pairs. Ce processus peut constituer un rempart symbolique contre les exigences scolaires, et un univers de protection et de solidarité.

Le troisième temps du décrochage scolaire : « hors les murs »

La combinaison de l’ennui en classe, de la dévalorisation scolaire et de la valorisation du groupe de pairs mène à manquer les cours à s’échapper d’un univers perçu uniquement sur le mode de la contrainte.

La pluralité des parcours de décrochage scolaire

Le schéma en trois parties qu’on a exposé n’est pas nécessairement linéaire.

 

L’importance des décrocheurs discrets (élèves sérieux, conformes aux règles scolaires, mais qui obtiennent des résultats en dessous de la moyenne) et des décrocheurs inadaptés (élèves manifestant à la fois des problèmes de comportement et des problèmes d’apprentissage) représente à eux deux les quatre cinquièmes de l’échantillon.

 

L’absentéisme, prédicteur du décrochage

Rapport complet consacré à ce sujet, et à sa modélisation en fonction des facteurs déjà présentés ici, l’absentéisme étant un prédicteur du décrochage.

 

En France, de plus en plus de prévention, ainsi qu’une intervention et une compensation extériorisée du milieu scolaire (Mission locale)

Le décrochage scolaire doit être considéré comme un processus, compréhensible à partir d’une approche multifactorielle. La grande diversité des actions entreprises en France en la matière relève plutôt des registres de l’intervention, quand les premiers signes du décrochage apparaissent, et de la compensation, une fois la rupture consommée entre le jeune et l’école. Une approche plus préventive semble toutefois se développer ces dernières années, sous l’impulsion des plans de lutte contre le décrochage scolaire mis en œuvre ces dix dernières années.

Prévention

  • Absence d’effets des PRE
  • La mallette des parents améliore assiduité et comportement des élèves

Proposer trois rencontres-débats aux parents d’élèves de sixième, afin de leur présenter le fonctionnement du collège et l’aide qu’on peut apporter à leurs enfants. Les résultats de l’expérience sont probants en ce qui concerne l’assiduité et le comportement des élèves en classe. Les élèves dont les parents ont suivi les rencontres sont moins absentéistes et moins sanctionnés pour raisons disciplinaires que ceux des classes de collège où il n’y avait aucun parent participant à l’expérimentation. L’effet du dispositif est à la fois direct (en impliquant des parents on améliore le comportement de leurs enfants), mais aussi indirect, par effet de pairs (l’amélioration du comportement des enfants des parents ayant participé aux réunions influence positivement leurs camarades de classe).

·        Les établissements expérimentaux peu évalués

Etablissements expérimentaux, où les pratiques pédagogiques innovantes sont particulièrement développées. La vague de création de ce type d’établissements dans les années 2000 (Micro-lycées, Pôle innovant lycéen à Paris, Collège lycée élitaire pour tous à Grenoble, lycées de la nouvel chance) constitue ce qu’on désigne désormais comme les « structures de retour à l’école ». Peu de recul sur leurs usages, et encore moins sur leurs effets en matière de prévention du décrochage scolaire. Ces pratiques ou ces dispositifs sont toujours définis en marge de l’activité ordinaire d’enseignement, qui reste, elle, assez peu interrogée globalement.

  • Attribution de moyens supplémentaires aux établissements situés dans les zones les plus défavorisées.

Les résultats disponibles sont plutôt décevants.

Intervention

DSA positifs, mais retours difficiles. MLDS pas efficace.

 

Au niveau des politiques d’intervention, l’accent est plutôt mis sur le soutien aux élèves en difficulté. Ces politiques peuvent éventuellement s’appuyer sur le repérage des élèves à risque.

Compensation

Très tôt, la gestion des jeunes en rupture scolaire n’a plus été assurée par l’Education nationale, mais par des administrations qui relèvent plutôt du travail et de l’emploi. La création des Missions locales pour l’insertion des jeunes aboutit à institutionnaliser ce nouveau champ d’intervention que constitue la politique d’insertion. Les jeunes accueillis sont alors les « jeunes non qualifiés » : leur caractérisation porte davantage sur les critères du marché du travail que sur leurs caractéristiques scolaires, et les pratiques professionnelles des conseillers de ces Missions locales se sont construites en partie en opposition à une forme scolaire jugée inadéquate pour permettre aux jeunes accueillis d’accéder à la qualification.

 

Parmi les facteurs favorisant l’insertion ou le raccrochage en formation, notons l’importance des expériences de stage de formation et d’emplois non aidés (CDD ou missions d’intérim) au cours de l’accompagnement. Il en résulte des pratiques dites de work first, visant à placer très rapidement les personnes en situation d’emploi, dût-il être précaire.

 

La Garantie jeune montre l’intérêt des pratiques d’accompagnement intensif dans la mobilisation des jeunes en difficulté, et l’apport particulier de l’accompagnement collectif. L’effet positif du programme sur l’accès à l’emploi semble avéré, notamment en début de programme, ce qui montre l’intérêt encore une fois de cet accompagnement intensif. Ce dispositif traduit une logique d’action publique davantage orientée vers l’emploi que vers la qualification scolaire.

 

E2C peu évaluée.

 

Ce qui fonctionne

Les politiques d’établissement développant un climat sécurisant, des règles de vie scolaire explicites et perçues comme justes par les élèves, des relations de confiance entre enseignants et élèves.

 

Trois programmes de prévention ciblée ayant fait la preuve de leur efficacité :

  • Check and connect

Ce programme, initialement conçu pour les élèves de collèges, s’applique dans les lycées urbains et péri-urbains. Il est constitué d’un accompagnement individuel par un moniteur qui a la charge d’évaluer en continu les performances de l’élève suivi (check), et d’un protocole de coopération entre école, famille et services sociaux (connect) sur une période d’au moins deux ans.

  • Carreer Academies

Trois caractéristiques définissent ce modèle : l’organisation de groupes de petite taille (school-within-a school) dans lesquels les élèves gardent les mêmes enseignants pendant les trois ou quatre années de leur parcours en lycée ; des cours qui intègrent formation académique et formation professionnelle ; des partenariats entre l’établissement et les entreprises locales.

  • Talent Development High Schools

Ce programme est différent des deux précédents au sens où il n’est pas spécifiquement conçu pour lutter contre le décrochage scolaire, mais plutôt pour proposer un modèle de réforme globale du fonctionnement des lycées. Les établissements qui se sont constitués sur la base de ce programme se caractérisent par la mise en place de petites communautés d’élèves, par un programme de haut niveau centré sur l’anglais et les mathématiques, et par l’implication des parents et de la communauté dans son fonctionnement.

 

Les programmes les plus efficaces sont ceux qui répondent à cinq défis :

  • Créer un environnement personnalisé et favorable aux apprentissages

Relation stable entre enseignants et élèves, dans des groupements de petite taille, des pratiques de tutorat entre les élèves ou de mentorat de la part d’adultes travaillant dans l’établissement.

  • Soutenir les élèves dont les acquis scolaires sont faibles
  • Améliorer les pratiques et les contenus d’enseignement

Ceci passe le plus souvent par la question de la formation et le développement professionnel des enseignants.

  • Fournir des opportunités d’apprentissage ancrées dans le monde du travail et préparer les élèves à construire leur orientation future.
  • Favoriser le changement dans les établissements en tension

 

Préconisations

Des actions d’urgence auprès des élèves qui risquent de décrocher

  • Identifier les signes précurseurs du décrochage : logiciel mutualisant les informations, suivi de l’activité de l’élève en classe, questionnaire de recensement précoce, information des établissements sur leur exposition au risque décrochage.
  • Soutenir les établissements dans le développement de programmes alternatifs aux exclusions temporaires des élèves.
  • Créer des liens avec les familles les plus éloignées de l’école : rencontres, actions de médecine préventive, SMS et rendez-vous dès les premiers signes identifiés.

 

Une prévention, sur le long terme, pour tous les élèves

  • Accompagner les parcours des élèves : variation des situations et contextes d’apprentissage, expérimentation d’une seconde indifférenciée, programmes sur l’orientation visant à combattre les perceptions genrées des métiers.
  • Développer la vie et l’identité de l’établissement : sentiment d’appartenance à l’établissement (activités extra-scolaires, salles de réunion, initiatives fédératrices, etc.) ; climat scolaire (compétences psychosociales des élèves).

 

Les retours en formation

  • Identifier en continu et contacter tous les jeunes ayant décroché : identifiant unique, meilleure prise en compte des décrocheurs intégrés dans les formations d’apprentissage.
  • Renforcer l’offre de solutions existantes et en faciliter l’accès (lycées de la seconde chance, etc.).
  • Coordonner et évaluer les dispositifs de raccrochage existants.

 

Projets innovants

Prévenir le décrochage scolaire

Un test pour identifier les élève en situation de décrochage au collège

« Trait d’union », test réalisé chaque début d’année par tous les élèves de l’établissement depuis cinq ans. La première grille a pour objectif d’évaluer régulièrement l’intensité des indicateurs de désengagement scolaire. Suite à ce test, une partie des élèves sont détectés en situation de décrochage ou sur le point de le devenir. Ils sont ensuite jumelés à un accompagnateur (enseignant, infirmière scolaire, agent) qui les aidera, dans une démarche positive et proactive, à identifier leurs difficultés et à mettre en place une série d’actions visant à y répondre.

 

Une transition CM2-6ème pour des élèves ambassadeurs

Une grille d’observation est établie, avec des critères et des indicateurs permettant à l’enseignant de CM2 d’identifier les élèves fragilisés. Les élèves repérés se voient proposer un accompagnement autour d’actions pédagogiques spécifiques sur la connaissance du collège et le repérage de leurs potentialités et fragilités. Un contrat est signé avec les familles pour s’assurer de leur accord, leur stipuler les objectifs et les règles de l’accompagnement. Un regroupement valorisant le travail mené par les jeunes ambassadeurs a lieu en fin de session avec les familles et les partenaires, et un bilan écrit est remis à l’élève et à sa famille pour clôturer cette semaine d’accompagnement.

 

Un « rebond » pour les élèves exclus temporairement de leur établissement

Alternative aux élèves temporairement exclus. Un contrat est signé par les parents et par le jeune. Une première session dure un à quatre jours, durant laquelle de nombreux partenaires interviennent : une éducatrice spécialisée, une animatrice d’une association promouvant la citoyenneté et également assesseure du juge pour enfants, un psychologue de l’Education nationale, un éducateur sportif… Les effets constatés sont positifs puisque moins de conseils de discipline ont lieu dans l’établissement depuis la mise en place du dispositif.

 

Un projet de remise en forme pour prévenir le décrochage scolaire

 

Proposer une solution de « raccrochage »

Un lycée qui offre une nouvelle chance

Pratiques pédagogiques variées. Evaluation basée sur la progression et le droit à l’erreur. Emplois du temps individualisés.

 

Raccrocher avec les études grâce à un lycée des possibles

Professeurs de lycée professionnel, d’une psychologue de l’éducation nationale et d’une équipe médico-sociale. L’idée est de créer une sorte de sas pour qu’ils puissent se réconcilier avec l’école. Les élèves ont cours seulement le matin, du lundi au jeudi, avec deux professeurs. L’objectif est de les remettre dans un rythme de travail, les réarmer pour la suite de leur parcours, leur apprendre à vivre de nouveau en collectivité.

 

 


Evaluation et réflexion autour conventions de prévention spécialisée 2016 / 2018

Les conventions entre les associations de prévention spécialisée et le département en cours couvrent la période 2016 à 2018. En phase de renouvellement, le CPSP a dressé un bilan et émis des propositions autour de ces commandes publiques. 

Ce bilan a été réalisé en s’appuyant sur un questionnaire remis aux directeurs des associations membres du CPSP. Toutes les associations ont répondu. Plusieurs éléments centraux apparaissent. S’ils sont développés plus loin, ils peuvent se résumer ainsi :

  • L’éloignement de la Prévention Spécialisée parisienne du domaine de la protection de l’enfance, et le glissement de la commande publique qui lui est adressée vers la sécurité et la tranquillité publique. Ce rattachement est pourtant garant d’un regard spécifique et d’un professionnalisme qui sont les plus-values de l’action de PS par rapport à l’action d’autres acteurs des quartiers.

  • Une réflexion commune quant à l’évolution des territoires et des publics n’a pas eu lieu, et cela a ouvert des modifications de la commande publique en inadéquation avec les besoins des jeunes.  

  • Des demandes de rapports, d’indicateurs chiffrés, de la part d’interlocuteurs plus nombreux, des contraintes de multiplication des ressources n’ont pas été anticipées et accompagnées des moyens financiers et logistiques pour leur mise en œuvre.


Les filles en prévention spécialisée

Les filles consitituent 1/3 du public de la prévention spécialisée de Paris. 


Programme Adolescentes et prévention spécialisée


La newsletter de septembre 2018

Présentation du Colloque Adolescente et Prévention Spécialisée du 28 septembre 2018, Groupes de travail et Agenda du CPSP


Proportion filles


Mon enfant se radicalise


Briac


Altay Manço


Cybersexisme


Plateforme culture?

Dans vos pratiques éducatives, vous pouvez faire appel aux ressources culturelles de Paris. Vous en connaissez certaines, mais, face au nombre, il est parfois difficile de faire le point sur ce que vous pouvez utiliser et où le trouver. Le CPSP se propose de travailler pour recenser et vous mettre à disposition des offres culturelles adaptées à votre public. Avant de nous y plonger, nous aimerions connaître vos attentes sur ce sujet. Nous vous demandons donc de bien vouloir répondre à quelques questions ici .


Prévention du décrochage scolaire

Les chefs de service, éducatrices et éducateurs sont invité(e)s à s’y inscrire ici.

La Prévention spécialisée accompagne les jeunes dans et avec leur environnement, dans une perspective globale de leur vie quotidienne. A ce titre, elle se préoccupe de leur épanouissement scolaire.

Les initiatives en ce sens sont nombreuses : ateliers de soutien scolaire faisant ou non intervenir des bénévoles, inclusion dans ces ateliers conduits par des partenaires, permanences au sein des collèges, lien avec les communautés éducatives des établissements, participation aux DSA, soutien et accompagnement lors des temps forts de l’orientation des jeunes, aide pour trouver des maîtres d’apprentissage… Elles paraissent toutes plus ou moins efficaces, selon le territoire, la vie de l’établissement, le profil des jeunes. Elles sont parfois un prétexte à la relation, qui va permettre de cibler des problématiques individuelles plus profondes qui révèleront que les difficultés scolaires n’étaient qu’un symptôme.

En décembre 2017, le Conseil National d’Evaluation du système SCOlaire (CNESCO) a publié un rapport scientifique : « Prévention et intervention : comment agir efficacement face au décrochage scolaire? » (disponible ici). Il recense et évalue les politiques de prévention, d’intervention et de compensation, notant d’importantes carences pour les premières.

Le CPSP se donne le temps de l’année scolaire 2018/2019 pour recenser les démarches entreprises en matière de prévention du décrochage scolaire par ses membres. Le groupe de travail constitué se verra, en préambule, présenter le rapport évoqué ci-dessus. Il aura pour mission d’élaborer un outil de promotion des actions réalisées, mais également de proposer ses propres préconisations en la matière.


Travailler en équipe en Prévention Spécialisée

Les éducatrices et éducateurs sont invité(e)s à s’y inscrire ici.

« L’Equipe » revêt pour chacun d’entre nous des définitions, explicites ou implicites, différentes. C’est une notion que nous utilisons quotidiennement, pour « s’y référer », s’y « ressourcer », y « réfléchir », y « prendre des décisions », y « présenter des projets »… Elle peut être également le lieu de tensions, de désaccords, constructifs ou non…

En Prévention Spécialisée, elle se doit particulièrement d’être une valeur ajoutée au travail individuel, parce que le cadre institutionnel est moins présent qu’ailleurs dans la pratique professionnelle quotidienne.

Pour penser cette équipe de manière constructive, s’en saisir comme d’un outil, la démystifier pour n’en attendre que ce qu’elle peut offrir, le CPSP vous propose de participer à ce groupe de travail.

Dans un premier temps, un ou plusieurs intervenant(e)(s) viendra(ont) présenter ce que l’équipe représente, ce qu’elle peut être, ses limites aussi, afin de doter les acteurs présents d’un socle commun de connaissances.

Dans un second temps, il s’agira de rattacher ces notions à l’exercice de la Prévention spécialisée, et plus particulièrement à Paris, dans un contexte multiassociatif, mais également dans un environnement partenarial parfois complexe, en tout cas foisonnant.

Enfin, ce groupe de travail aura pour mission de restituer ce travail aux autres acteurs de la Prévention spécialisée de Paris, en se dotant des outils qu’il jugera les plus appropriés.

 


Le michetonnage

Les chefs de service, éducatrices et éducateurs sont invité(e)s à s’y inscrire ici.

L’Universalis définit le michetonnage comme « une pratique de la prostitution pour une non professionnelle ».

Katia Baudry (2017) précise que "La MMPCR actualise la définition du michetonnage en le définissant comme : "le fait pour une personne vulnérable (notamment du fait de sa minorité et/ou d'un contexte de souffrance psychosociale et/ou de précarité sociale) de s'engager dans une conduite à risques, où la mise en danger de soi est liée à des relations sociales et affectives structurées par des transactions économico-sexuelles qui ne prennent pas la forme d'une rémunération d'ates sexuels tarifés, ou pas explicitement, ou encore, qui ne sont pas perçus comme tels (mais, par exemple, comme un "cadeau" valorisant, un "soutien", etc).

Ainsi, la michetonneuse est une adolescente, une mineure ne percevant pas l'acte de michetonner comme une pratique prostitutionnelle mais plutôt comme un moyen facile d'obtenir des biens de luxe (le plus souvent recherchés) et une reconnaissance non acquise auprès de l'entourage proche (famille, pairs). Ce sont des adolescentes fragiles ayant vécu le plus souvent une première relation sexuelle et amoureuse désastreuse voire violente. Leur estime de soi est fragilisée et les amène à vivre leurs expériences loin de leur milieu naturel et de prendre ainsi plus de risques car opérant sur des territoires inconnus avec des personnes inconnues. Dans cette situation particulière du michetonnage, cette mobilité et ces expériences exposent l'adolescente à des risques sanitaires, sociaux pouvant engendrer des ruptures avec la famille, le quartier, les pairs."

Cette pratique, qui semblait relativement circonscrite au sein du territoire parisien, semble s’étendre et toucher des jeunes de plus en plus nombreux dans les quartiers sur lesquels intervient la Prévention Spécialisée.

Ce groupe de travail vise à mieux comprendre le phénomène, accompagné par des chercheurs et des intervenants spécialisés. Il aura ensuite pour mission de réfléchir à des propositions d’actions préventives ainsi qu’à des réponses situationnelles possibles. En construisant l’outil que le groupe jugera le plus approprié, il aura enfin pour objectif de diffuser ces connaissances et préconisations à l’ensemble des acteurs de la Prévention Spécialisée de Paris.

 


Constats et recensement des actions contre les rixes 2018

Eléments de constats

La présente synthèse est issue d’une concertation des associations de Prévention spécialisée membres du CPSP. Elle est le reflet de la perception des équipes de terrain et de leurs directions. Elle n’a pas vocation à rassembler des éléments objectivés scientifiquement.

Des bandes qui fluctuent

Le phénomène parisien se distingue du phénomène des gangs (pas de signe extérieur d’appartenance au groupe). Les jeunes des groupes impliquées dans les phénomènes de violence rencontrent une problématique relationnelle : il s’agit de penser la vie dans le groupe comme une vie relationnelle. Les jeunes sont beaucoup dans une idée de fluidité, avec peu de structuration verticale qui présenterait des leaders charismatiques. Cela offre aux mineurs un « lieu de replis » par rapport à leur existence ordinaire où ils sont en confrontation avec l’espace scolaire, avec les autres élèves. Les jeunes ont un énorme attachement au territoire (quartier et non arrondissement), ce dernier définissant l’existence du groupe (lieu géographique, lieu de regroupement).

Des jeunes du même âge, au père souvent absent, dans la déscolarisation, génèrent un groupe, à l’origine de problématiques, et qui se déplace du territoire pour des confrontations. Cela peut démarrer par l’agression d’un jeune, une perception de manque de respect et aboutir à une amplification et une pérennisation du conflit. Le groupe d’origine, constitué d’individus en détresse, en souffrance ou en rupture, est rejointe parfois via les réseaux sociaux par des jeunes du territoire qui ne relèvent pas du groupe.

Les sorties du groupe et de délinquance peuvent se produire lorsque le mineur ou le jeune majeur a un groupe de socialisation qui se rétrécit (deux ou trois copains et la copine). Les échanges se transforment. Il y a un gain en maturité par cette réflexivité.

Un degré de violence plus important dans les phénomènes récents

Les jeunes impliqués dans les rixes sont fréquemment armés, avec des armes blanches et, pour les plus jeunes, toujours d’armes de destination. Les groupes qui s’opposent sont également constitués de plus nombreux jeunes.

Sur la plupart des territoires concernés, la violence entre groupes est présente depuis longtemps. Elle n’a émergé qu’au sud du XIème arrondissement de Paris (par des rixes opposants les jeunes habitants de ce secteur à ceux du XIXème ainsi que par des règlements de compte intra-arrondissement) et, de façon ponctuelle au sein du XVIème arrondissement.

Un rajeunissement de la population concernée

Majoritairement, les jeunes impliqués dans les rixes ont entre 13 et 16 ans (avec quelques 17/18 ans, moins nombreux). Certains jeunes adultes, eux, cherchent plutôt à tempérer les plus jeunes, pour préserver leurs activités parallèles. D’autres peuvent être une solide ressource en matière de prévention par les pairs. Ce sont les groupes des plus jeunes (12/14 ans) qui apparaissent incontrôlables et « imperméables à la régulation des plus grands ».

Des équipes signalent également des groupes de filles qui se mettent en danger et peuvent alimenter les rivalités entre les garçons.

Une singularité des rixes selon les territoires

L’ancienneté, le nombre de jeunes impliqués, les tranches d’âges, le genre, la mixité, les raisons qui génèrent cette violence sont autant de critères qui précisent et singularisent chaque rixe.

D’une manière générale, on peut opérer une distinction entre trois cas de figure :

  • Les rivalités ancrées dans les territoires au sein du même arrondissement ou inter-arrondissement, avec des phénomènes de répétitions et de réponses. Parfois les équipes signalent que les jeunes ne connaissent même plus exactement l’origine du conflit, mais par principe, ils y vont ;
  • Il peut s’agir d’un contexte local et ponctuel ;
  • Enfin, se présentent des altercations ponctuelles, liés à des accrochages de natures diverses entre jeunes (mauvais regards, info circulant sur les réseaux sociaux, jalousie, etc.).

Si, dans certains cas, trafic et économie parallèle semblent la toile de fond des rixes, le lien ne peut être systématisé, et semble même être l’explication la moins récurrente des oppositions violentes.

Des rixes qui se différencient des règlements de compte

La distinction entre les deux phénomènes est un préalable nécessaire à l’identification des leviers d’action pour prévenir la survenue des rixes. Ainsi, une rixe, concerne une querelle violente, généralement publique, sous le regard des autres, accompagnée de menaces et de coups. Un règlement de compte est une action qui vise à solder une querelle avec violence, à se faire justice soi-même.

Pour ce qui concerne les rixes :

  • L'appartenance au quartier, l'identité de quartier est forte.
  • Certains conflits sont engagés depuis plusieurs années sans que les jeunes actuels ne se souviennent des causes initiales.
  • Il n'y a généralement pas d'enjeu financier.
  • Il est question d'honneur et de "passage" incontournable.
  • La taille du groupe varie selon les alliances ponctuelles ou durables. Il y a rarement de rixes à moins de 10 jeunes impliqués.
  • On peut se questionner sur l’incarnation de la position de leader du groupe mais jusque-là, l’analyse ne laisse pas transparaître de leader en tant que tel si on retient comme définition du leader « une personne qui, à l’intérieur d’un groupe prend la plupart des initiatives, mène les autres membres du groupe, détient le commandement » (définition du Petit Robert). Par contre, on constate que certains jeunes  sont davantage impliqués, présents dans la plupart des bagarres. Ces jeunes sont bien connus des équipes éducatives, traversent une adolescence mouvementée notamment par un contexte familial et social fragile.

Selon les événements les jeunes changent de rôle. La victime devient auteur et inversement par alternance. Le positionnement éducatif s’en trouve complexifié

Place des réseaux sociaux dans les rixes

Le développement de l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes a des implications directes, de natures différentes, sur les rixes :

  • Ils peuvent servir de média de provocation ;
  • Ils permettent et amplifient des rassemblements de taille importante dans des délais rapides ;
  • Ils échappent au contrôle des adultes ;
  • Ils sont une caisse de résonnance pour les rixes qui se sont déroulées, ont été filmées et sont regardées, y compris par des jeunes qui ne sont pas acteurs. Les moqueries ainsi que les humiliations sur chaque groupe poussent les jeunes à s’inscrire davantage dans les rixes. Les jeunes s’y impliquent soit par envie d’en découdre, de « prendre du galon » auprès du quartier soit par obligation, pour ne pas apparaitre comme faible, fragile et peureux.

Logique de territoire, passage adolescent et symbole de virilité

La prépondérance de la notion d’appartenance à un territoire a déjà été évoquée dans ce document. Elle est à l’œuvre de façon très importante dans la constitution des groupes qui s’opposent.

Dans certaines situations, on retrouve les contours du schéma classique de l’adolescence, avec des rites de passage et initiatiques à travers l’apprentissage et l’utilisation de la violence comme outil d’expérimentation. L’appartenance au groupe et l’effet négatif de celui-ci constituent des éléments de la grille de compréhension de ces phénomènes. Ces situations traduisent le besoin d’exprimer une forme de virilité, de montrer aux rivaux la force, la réputation et le caractère de son territoire d’appartenance.

Une violence qui prend place dans un contexte sociétal violent

Le contexte international est celui de conflits largement médiatisés. La culture moderne véhicule également une « violence banalisée » par des médias diversifiés, dont l’accès est facilité y compris pour les plus jeunes. Le contexte socio-économique des familles des jeunes concernés est souvent difficile. Les structures familiales dans lesquelles le père est souvent absent de l’éducation se retrouvent de façon répétée chez les adolescents pris dans les rixes.

Cependant, les associations interrogent le poids relatif de ces évènements dans les phénomènes qui expliqueraient l’intensification des rixes au sein du territoire parisien.

Les actions menées

Avec les parents

La Prévention spécialisée travaille « dans et avec » le milieu de vie des jeunes qu’elle accompagne. Nécessairement, elle est donc en lien avec les parents des adolescents qui composent son public cible. Pour autant, son premier point d’entrée en relation reste le jeune lui-même. Face à la récurrence des drames engendrés par les rixes, les acteurs de la Prévention spécialisée de Paris ont développé ou renforcé leur travail avec et auprès des familles, pour faciliter la libération de la parole, leur proposer de rompre leur isolement (la liste n’est pas exhaustive) :

  • Accompagnement collectif au tribunal au lendemain d'une rixe ;
  • Temps d'échanges individuels au sein du foyer ;
  • Accompagnement individuel des familles en partenariat avec l’AS scolaire ;
  • Repas partagé "le 13ème prend pas de rixe" le 5 mai 2018 au square René Legall, action coorganisée avec la PJJ ;
  • Marches blanche ;
  • Travail dans le XIXème arrondissement avec la CST, une association qui propose des temps d’échange avec les familles (les mères et les pères de familles) ;
  • Aide à la création d’une association de femmes et habitantes, « Les Mamans du 11 » ;
  • Groupe de parole de parents incluant différents médias comme le théâtre ;
  • Rencontre entre parents du XIIème et du XXème ;
  • Cafés d’été, pot en pied de square entre jeunes et habitants ;
  • Mise à disposition de salles pour favoriser la création des événements collectifs qui réunissent les parents et les enfants.

Des actions pour outiller la réflexion des professionnels

Luc-Henry Choquet, responsable du pôle Recherche de la Direction de la Protection Judiciaire de la jeunesse avec lequel le CPSP a entamé un travail autour de la question des rixes, a présenté la cohérence de l’équipe éducative comme préalable permettant à des jeunes dotés de psychisme chaotique de ne pas fuir la relation éducative. Il est pour lui, donc, essentiel de favoriser le dialogue dans les équipes et entre les équipes.

Toutes les équipes, au sein de l’ensemble des associations concernées, développent des outils pour travailler la question des rixes. A titre d’exemple, dans le XIIIème arrondissement, les Equipes d’Amitié ont mis en place un groupe de travail composé d'éducateurs qui se réunit depuis mars 2017. L’organisation suivante est en place :

  • Une réunion toutes les 3 semaines pour ne plus subir le rythme des rixes ;
  • 2h pour rester pleinement concentré et ne pas rendre la démarche chronophage ;
  • Au départ, la responsable de pôle avait ciblé deux éducateurs par équipe afin de se suppléer en cas d’absence. Rapidement cette règle n’a pas été respectée. Les éducateurs se substituent les uns aux autres selon leur disponibilité. Leur implication démontre leur intérêt pour cette instance et la qualité de leurs échanges. Le changement d’éducateur ne rompt aucunement la dynamique collective ;
  • La réunion se décompose en deux temps : la première partie de la rencontre consiste à mettre à plat les événements et à faire progresser l’analyse, la seconde à concevoir des actions concrètes à mener sur le terrain ;
  • Un compte-rendu est systématiquement réalisé et transmis par courrier électronique avant la réunion suivante afin de capitaliser un maximum.  Les rencontres sont scindées en deux temps : une mise à plat des événements passés avec une recherche d'analyse, la proposition ou le bilan d'actions concrètes de terrain mises en œuvre avec les jeunes concernés ou impliqués dans les rixes.

Ce groupe rencontre les éducateurs du STEMO sud pour croiser les regards et a monté le projet de "pique-nique des parents". Une rencontre entre les éducateurs du XIIIème et ceux du XVème est programmée.

Le groupe a pleinement conscience que les actions impulsées maintenant n’interrompront pas la violence à court terme. L’impact attendu se situe sur le long terme.

Des procédures d’échanges immédiats entre professionnels d’associations travaillant sur les territoires impactés ont été mises en place dans la plupart des associations concernées. Des procédures d’échanges avec les autres acteurs (CST, Seplex, Mairies d’arrondissement, DPSP…) du territoire ont également été mises en place, souvent via les cadres des associations de Prévention spécialisée. 

Des « tours de rue » communs entre éducateurs en charge de territoires qui s’affrontent ont été mis en place, en alternant les territoires. Cela vise à signifier aux jeunes concernés la cohérence entre les équipes éducatives, la communication qui s’établit, et la volonté forte des professionnels de mettre fin aux violences.

Des activités

Ici encore, les équipes des associations concernées développent de nombreux outils pour prévenir les phénomènes de violences rencontrés dans les territoires. La liste proposée ici n’est, une nouvelle fois, pas exhaustive :

  • Des activités de loisirs inter-quartiers avec les enfants et pré-adolescents de 9 à 12 ans. Les jeunes ciblés sont témoins des rixes ou cadets de fratries impliquées dans les rixes. L’objectif est de développer des relations entre les jeunes afin de casser la chaîne de reproduction des rixes (« il est plus difficile de taper sur quelqu’un que l’on connaît ! ») à chaque période de vacances scolaires.
  • Un projet de très courts-métrages préparés avec les pré-adolescents puis diffusés à rythme régulier en mode « rdv » sur les réseaux sociaux. Deux types de courts-métrages : des interviews de « personnalités » (au regard des jeunes) sur la violence et la mise en scène de scenarios joués par les jeunes eux-mêmes.
  • Projet d’éducation à l’image et à la critique avec la DPSP, Abc insertion et la maison des journalistes (MDJ).
  • Les « causeries » : atelier théâtre et théâtre forum.
  • Travail dans les collèges sur les relations filles/garçons, la violence ou les violences, les réseaux sociaux.
  • Ateliers / débats : Aborder la question de la citoyenneté, sensibiliser aux dangers des réseaux sociaux, développer l’autonomie intellectuelle.
  • Chantiers éducatifs mixtes (jeunes du XVIIIème et du XIXème arrondissement, filles et garçons).
  • Projection de films choisis suivie de débats avec les jeunes sur la violence.
  • Dans le XVIIIème, participation systématique d'éducateurs de secteurs différents aux événements festifs de quartier pour favoriser le développement de liens inter-quartiers.
  • Tournoi de foot avec un groupe du XIIème et un groupe du XXème arrondissement.
  • « Un été à la Roquette », projet d’animation du square de la Roquette, lieu d’affrontements, pendant les étés 2016, 2017 et 2018.
  • « J’aime mon quartier » pour développer le sentiment d’appartenance positive.
  • Atelier boxe, mixte (jeunes du XVIIIème et du XIXème arrondissement, filles et garçons) pour transformer la violence en agressivité socialement reconnue.
  • Atelier LSF : langue des signes française pour valoriser l’acquisition de nouvelles compétences pour permettre aux jeunes « décrocheurs » scolaires de renouer avec l’apprentissage.
  • Projet « porte avion » en trois étapes pour découvrir des liens Etat-nation, projet mixte (jeunes du XVIIIème et du XIXème arrondissement).
  • Tournoi de foot et de basket inter quartiers du XVIIIème arrondissement.

Des séjours

Lorsqu’il y a mise en danger pour certains groupes repérés par les équipes, lorsque certains jeunes doivent être écartés de leur lieu de vie, des sorties, des mini-séjours pour les adolescents concernés sont organisés par les éducateurs de rue.

Des séjours peuvent être organisés comme par le passé, sauf que les évènements qui se déroulent sur le territoire sont mis en débat tout au long des séjours. Cela offre des échanges, permet des regards distanciés, interroge l’implication de chacun dans les rixes… 

Certaines associations ont organisé des séjours mixtes entre jeunes de territoires qui s’affrontent : séjours en Province, séjour à l’étranger (Londres pour une maquette musicale par exemple) ou encore séjour de solidarité internationale pour des jeunes de groupes « rivaux »). Les associations ont également organisé des séjours à sensations fortes, où les activités permettent de remplacer les émotions par les sensations (parapente, voile, randonnée).

Des pistes à travailler

La Prévention spécialisée influe la socialisation dans tous les domaines et ses objectifs ne se limitent pas à la prévention des rixes, mais elle en fait partie.

  • La valorisation des jeunes dans des événements au sein du quartier.

L’organisation d’évènement festif par les jeunes, au sein du quartier dans lequel ils habitent, permet de les engager sur le long terme, mais aussi de les montrer sous un aspect positif et constructif. Les chantiers éducatifs sont un autre exemple d’action qui porte dans le même sens.

  • Favoriser le positionnement citoyen, soutenir les habitants prêts à se positionner en cas de conflit.

Ce type d’intervention est encore trop rare mais le positionnement adulte est suffisamment entendu pour mettre (au moins temporairement) fin à un conflit. Malgré les apparences, les jeunes vont au conflit sans toujours grande conviction, l’adulte peut être le prétexte bien venu pour stopper un début de conflit. Cela est relevé par plusieurs équipes, mais l’adulte doit alors être en mesure de proposer le prétexte adéquat, au bon moment. Cela implique une relation éducative de confiance.

  • La prévention spécialisée doit se positionner sur le terrain des jeunes, le terrain de la rue, mais également le terrain du virtuel.

Les associations doivent réfléchir à la place de l’éducateur sur les réseaux sociaux. Au même titre qu’en rue, l’institution doit soutenir la construction d’un cadre non apparent pour soutenir le positionnement du professionnel.

  • Mettre en exergue d’autres formes de solidarité possibles que celle du groupe.

Dans les échanges avec les éducateurs, les jeunes mettent en avant l’importance de la solidarité. Cette solidarité complique l’intervention éducative. Le groupe se transforme en enveloppe impénétrable sous prétexte de la solidarité. Il s’agit donc de mettre en exergue d’autres formes de solidarité possibles pour leur proposer d’autres repères.


Prévention des rixes

Le CPSP, par la voix de son Vice-Président, Jean Rouche, a participé le 23 octobre à l'émission Du Grain à Moudre de France Culture pour présenter la place de la Prévention Spécialisée dans la prévention des rixes. 

Ecoutez l'émission ici

 

Le CPSP, par la voix de sa Déléguée, Sabine Toupet, a été interviewée le 25 octobre par Chloé Cambreling au sujet de la prévention des rixes.

Ecoutez l'émission ici

En savoir plus sur nos constats et actions ici.


La newsletter de novembre 2018

Au programme de notre newsletter ce mois-ci :

  • l'agenda des rencontres à venir:
  • des auto-écoles en prévention spécialisée : parce qu'apprendre à conduire, c'est apprendre à se conduire (également ici);
  • le bilan de la journée d'accueil des nouveaux professionnels (également ici);
  • le bilan du colloque Adolescentes et prévention spécialisée (également ici).

Bonne lecture!


La newsletter d'octobre 2018

Au programme : 

  • la matinée de sensibilisation aux réseaux sociaux du 21 décembre 2018;
  • les groupes de travail 2018/2019;
  • constats et recensement d'actions contre les rixes (également disponible ici);
  • l'agenda du CPSP.

Bonne lecture


Des auto-écoles à Arc-Les équipes d'amitié

Parce qu'apprendre à conduire, c'est apprendre à se conduire

 

 

Franck BLANCHET, enseignant technique à la conduite, CAPP, Licence Professionnelle en Sciences Humaines : formateur d’adultes. 20 années de travail dans le secteur marchand de l’auto-école dont 12 ans en tant que patron d’une auto-école et depuis 11 ans enseignant et éducateur à ARC-EA.

L'équipe Auto-école, composée de Jeunes Auto-École  (18ème) et Michal Auto-École (13ème), travaille depuis plus de 30 ans dans le cadre de la Prévention Spécialisée à Paris et elle est la seule équipe de ce genre dans la capitale. Elle s’adresse à un public défavorisé, désaffilié, parfois en réelle rupture (si ce n’est pas totalement avec la société, c’est le cas avec les normes sociales…).

L'apprentissage de la conduite est un outil historique de la Prévention Spécialisée. Celle-ci s'est très vite rendu compte de la pertinence d'un tel instrument au service des jeunes en difficulté. En effet le phénomène automobile est totalement inscrit dans l’idéal de notre société à la fois individualiste et démocratique.

Individualiste? En ce qui concerne la conduite, observons les véhicules ! Depuis que notre société n'avance plus et que la concurrence entre les personnes s'intensifie, les voitures qui était basses et fines afin de rouler vite ne cessent de devenir de plus en plus hautes (SUV). Leurs conducteurs qui pensent dominer leurs congénères se sentent rassurés derrière leur vitres sur-teintées, au sein d'une société anxiogène.

De plus il n'y a qu'à regarder les aménagements construits dans les centre-villes pour se rendre compte que tous les agencements de sécurité visent à séparer les usagers.

Mais elle est également démocratique parce que les règles du code de la route sont basées sur un principe d’égalité : il suffit d'arriver à droite, quel que soit l'usager, pour avoir la priorité, et de plus, elles protègent les plus faibles, les usagers fragiles face aux usagers carrossés.

Les principales règles du code de la route visent à diviser l’espace et le temps afin que chacun puisse trouver sa place dans la société des automobilistes. Cela fait écho au fonctionnement de toute société.

Cette formation, plus que d'autres, visite toute la personnalité du jeune en devenir : la relation au corps, la relation à la loi, la relation à autrui, la relation aux institutions, la relation au bien faire et bien agir… aimer.

La relation au corps

Une des caractéristiques du public de Prévention Spécialisée est sa grande difficulté à renoncer aux réponses automatiques. Devant un problème nouveau à résoudre, le jeune, comme beaucoup, cherche dans un premier temps à y plaquer ses propres connaissances : des réponses automatiques qui sont souvent inadaptées.

En leçon de conduite le jeune produit le plus souvent des gestes totalement désordonnés et se dit « complétement stressé ». Jean Piaget parlait de déstructuration cognitive, nous pouvons ajouter qu'il y a aussi une déstructuration affective (les émotions).

Il est vrai que lorsque les émotions le submergent, le jeune n’est plus à l’écoute des informations que lui renvoie son corps. Au volant de la voiture, le jeune ne peut pas doser ses mouvements, ne sent plus ses mains, ne sent plus ses pieds. Tous ses gestes démarrent de manière simultanée et rendent impossible le traitement des informations car chacune des actions génère des informations contradictoires qui interfèrent. Il devient impossible de distinguer la véritable information du « bruit informationnel » et rend très compliqué l’apprentissage. Certains ne sortent jamais de cet état et doivent faire avec. Ils sont toujours en tension et cela accapare une grande partie de leur attention au détriment de la suite de l'apprentissage.

Un des « quatre piliers de l'apprentissage (Demain, l'école, les innovations dans le monde, ARTE) », comme les ont mis en évidence les expériences des sciences cognitives les plus récentes, est la capacité à inhiber ces réponses automatiques. Un jeune accompagné par la Prévention Spécialisée, qui a vécu dans un environnement affectif peu contenant voire toxique, ressent un tel niveau de stress qu'il n'y parvient pas ou très lentement.

Le temps est un atout indispensable afin d’instaurer un climat de confiance et ainsi créer une relation de qualité entre l'éducateur technique et le jeune. Elle permet à celui-ci de diminuer son niveau de stress. L’auto-école associative au sein d'un club de Prévention Spécialisé le lui autorise grâce à un patient travail installé dans la durée.

Cette relation de confiance va lui permettre d'accepter ses émotions. Il ne sait pas que les émotions sont constitutives de la relation au monde. La peur, émotion essentielle à la survie, est perçue comme négative alors qu’elle permet de réguler quantité de comportements.

« L’amitié » avec cette émotion, qui, en voiture, va lui permettre, entre autres possibilités, de faire le choix serein d'aller plus ou moins vite selon les circonstances, sera pour lui la démonstration que les réponses agressives vis-à-vis de son environnement, conséquence directe de la peur et surtout de son déni, sont peu pertinentes.

Lors de l'apprentissage de la conduite, le jeune va devoir apprendre et appliquer des procédures. Une procédure est une succession de tâches imposées à réaliser. Elle suppose un « espace-temps ».

Le jeune en difficulté avec le temps, généralement dans l'instantanéité, amène, à titre éducatif, l'enseignant de la conduite à installer son enseignement dans la (parfois longue) durée.

Le jeune est incité à maintenir durablement son attention (2ème pilier de l'apprentissage). Les éducateurs techniques, de même que tous les professionnels de la Prévention Spécialisée, connaissent bien le déficit attentionnel des jeunes qu'ils accompagnent.

De plus, savoir conduire c'est connaître et mettre en œuvre des schèmes d’action. Apprendre ne se résume pas à savoir dérouler une procédure. D’ailleurs, il s’agit de l'aspect le plus simple à mettre en place (malgré les obstacles cités précédemment). Les difficultés principales résident dans la convocation des connaissances nécessaires à la mise en action de la procédure et le traitement pertinent des informations liées à cette procédure.

Être capable de convoquer les connaissances et les informations pertinentes dans un système ouvert (telle qu’est la conduite automobile) demande des qualités d'ouverture que le système de défense du jeune, construit et consolidé tout le long de sa jeune existence, n'autorise pas. Ce système de défense amène le jeune à conduire avec un regard fixe et fermé... défensif.

Seules les stratégies éducatives de la Prévention Spécialisée donne ce temps nécessaire au jeune.

La relation avec la loi

Afin de pouvoir respecter des règles de vie commune avec les autres usagers de la route il faut avoir un minimum « automatisé » les tâches nouvellement acquises de la manipulation du véhicule en remplacement des connaissances inadaptées et anciennement automatisées. Le jeune va maîtriser son corps pour commander à l’outil et ainsi quitter la toute-puissance. Il va passer de la maîtrise du véhicule, comme si celui-ci avait une volonté, à l'autorité qu'il a sur son premier cercle environnemental (la voiture) et par la suite les autres.

Il va, dans un premier temps, rencontrer l'autre au travers de la règle. Les éducateurs connaissent bien les difficultés de leur public à respecter les lois. L'apprentissage de la conduite interroge les jeunes sur leur relation à la loi et aux règles.

Le jeune, orienté à l’auto-école par nos collègues éducateurs, va souvent adopter un mode de fonctionnement individualiste et souvent « hors la loi ». C'est-à-dire un comportement à l'exemple de toutes les valeurs que lui suggèrent l'ultra-libéralisme, les élites qui le cautionnent et qui fascinent le jeune.

Exemple : un jeune accompagné par JAE entraînait les jeunes enfants du quartier au football. Il avait pour habitude de leur dire d'être malin sur le terrain. Il y a des règles mais... il faut être malin. Il y a là un comportement tout à fait en phase avec les procédés de défiscalisation des bilans des grandes entreprises. L'éducateur a essayé de lui faire comprendre que c'était néanmoins tricher et donc un comportement plutôt immoral mais cette proposition lui était inécoutable.

Dans le véhicule il ne se préoccupe pas des autres usagers qu'il gène copieusement. Il peut, à contrario, se montrer soucieux de l'autre et respectueux des règles mais dans une interprétation étroite de la loi. Il roule, enfermé sur la voie de droite, sans oser prendre la moindre initiative.

La réalité est que les éducateurs, enseignants de la conduite, constatent que le jeune passe rapidement et successivement d’un comportement d’interprétation étroite de la loi à un comportement « hors la loi » par méconnaissance de celle-ci ou par imitation de l'autre.

L’imitation de l’autre est ce qui permet au jeune de s’affranchir de la confrontation aux règles. Le travail de l'éducateur à l’auto-école va consister (étonnamment puisqu’il les a apprises) à lui rappeler dans un premier temps que des règles existent. En effet nombre de jeunes font, en toute innocence, comme si elles n'existaient pas alors qu'ils les ont apprises au cours de code.

Ils n'ont pas intégré l'idée que les relations entre les personnes doivent se faire par le truchement des règles. Ils privilégient le lien direct entre conducteurs avec comme corollaire la loi du plus fort. Ils laissent passer le camion et forcent le passage au cycliste. Le travail d’inhibition de cette réponse automatique, inscrite dans un rapport de force, va lui permettre de choisir la règle pertinente afin qu'il s'autorise à occuper tout l’espace légal.

Les jeunes, fortement inscrits dans cette logique par culture familiale ou du fait de conditions sociales l'inscrivant dans la survie, mettent beaucoup de temps à inverser ce paradigme.

Dans cette première partie, a été mise en évidence l'importance du temps dans le travail de déconstruction de ces logiques.

Les « renforcements synaptiques » (3ème pilier de l'apprentissage ; le 4ème étant la nécessité de bien dormir) sont là pour consolider les nouveaux acquis. Ils sont d’autant plus solides que les actions sont multipliées. Il est important de comprendre qu’une connaissance, une information, sont toujours enregistrées avec tout le contexte dans lequel elles ont été vécues, notamment le contexte affectif c’est-à-dire avec toutes les émotions ressenties à ce moment-là.

C’est malheureusement aussi vrai pour les anciennes connaissances, les fameuses réponses automatiques, inadaptées aux problèmes d’autant plus difficiles à faire taire qu’elles ont été durablement installées et renforcées en mémoire.

Pour corriger cela, nos deux auto-écoles éducatives ont mis en place des dispositifs où la parole du jeune est mise en avant.

Une leçon standard de 2 heures dure bien plus que 2 heures (2h30, voire 3h). La loi nous impose 5 minutes de paroles au début et à la fin de la leçon pour entamer et « débriefer » la leçon. Nous prenons beaucoup plus de temps afin de nous assurer du bien-être physique et psychique du jeune. Nous n'hésitons pas à nous arrêter un long moment en milieu de leçon pour nous asseoir sur un banc ou à une terrasse de café, marcher dans le jardin du château de Versailles ou le parc départemental du Sausset en Seine-Saint-Denis. Sortir le jeune du quartier, de la voiture : tels sont les outils à notre disposition.

L'inscription dans la durée est le levier indispensable à la construction du jeune. Les écoles de conduite commerciales ont des impératifs commerciaux et financiers incompatibles avec cette nécessité. Elles se doivent d'être rentables pour assurer leur pérennité et le temps perdu pour elles est de l'argent perdu alors que le temps est "le sang et l’oxygène" de la Prévention Spécialisée.

Dans une logique économique, pour réussir le permis de conduire, il faudrait mettre en place une pratique totalement bannie de nos auto-écoles éducatives : le bachotage de l'examen. Cette pratique entraîne le jeune à s'enfermer dans des conduites stéréotypées qui vont le rendre incapable de résoudre les situations nouvelles qu'il va rencontrer les premières années de sa vie de jeune conducteur, une fois le permis obtenu.

Nous savons tous la surreprésentation des jeunes dans les accidents et des études montrent également que les pauvres ont plus d'accidents que les riches.

Nous ne pouvons pas entrer dans cette logique. Celle-ci nous conduirait à sélectionner nos élèves afin de mieux atteindre nos objectifs. Nous créerions une élite parmi les plus en difficulté et son corollaire : des désaffiliés parmi les désaffiliés. Si cette logique s’appliquait à toute notre société (mais n’est-ce pas déjà le cas ?), cela aboutirait à une concentration de la misère sur quelques-uns. C’est, à nos yeux, une monstruosité.

Ce qu’il est possible de faire grâce à l’outil « prévention spécialisée » : permettre à un jeune défavorisé de réussir son examen de conduite dans un lieu physique et symbolique inconnu, celui de l'épreuve pratique.

Au titre de l’éducation, il est fondamental de comprendre que le jeune doit réussir l'examen de conduite grâce à ses propres connaissances, ses propres compétences, ses propres forces.

Sa réussite ne doit pas dépendre de la connaissance du parcours de l'inspecteur mais de ses propres savoir-faire. Le jeune pourra ainsi s'attribuer la totalité de sa réussite et cela peut lui permettre de soigner ses blessures narcissiques et renforcer son estime de soi ; ce dont a grand besoin notre public.

La relation a autrui, la naissance d’une volonté, l’autonomie

L'éducateur technique explique au jeune qu'un conducteur qui entretient de bonnes relations avec ses pairs est un conducteur dont on va observer qu'il arrive à équilibrer les diverses distances inter-véhiculaires (devant, derrière, à gauche, à droite). Ce dernier va savoir refréner ses pulsions agressives et ne pas « coller » le véhicule qui le précède. De même il va chercher à rouler aussi vite que les autres afin de ne pas être « collé » par le véhicule suiveur. Il va donc chercher à se mettre en harmonie avec le flot de circulation. Sur les espaces latéraux il ne va pas réguler son comportement par des coups de volant mais dans un premier temps ralentir pour laisser passer celui qui empiète sur sa voie.

Rien ne fait dévier le conducteur de son projet (aller quelque-part), il temporise seulement celui-ci (toujours le temps) mais ne l'abandonne pas.

« Quand dire c'est faire » (John Austin). Pour accéder à cette harmonie il est nécessaire de comprendre et de se faire comprendre des autres. Pour communiquer les êtres humains ont la parole, le conducteur possède (livrés avec la voiture) des accessoires lui permettant de s'entretenir avec les autres (clignotant, feux stop...). Il doit apprendre à utiliser ceux-ci, non pas parce que c'est obligatoire, mais parce que c'est nécessaire à la relation.

Concrètement, un événement agi ou subi se produit, il cherche à savoir ce que les autres conducteurs, les autres usagers ainsi que tout le système (Homme, voiture, environnement) lui disent. Il en tient compte et, à son tour, leur répond puis regarde si ce qu'il dit est compris avant d'engager sa manœuvre. Le clignotant, qui n'est qu'une lumière qui s'allume et s'éteint, devient performatif de par son influence sur les autres conducteurs.

Lorsque faire c'est dire. Entrer en relation ne se fait pas que par la parole. Il y a un langage non verbal qui accompagne les mots. Selon qu'ils sont en concordance ou dissonance avec ce langage ils vont conforter le propos ou au contraire amener de la confusion. C'est pareil en voiture. Quand un clignotant est mis, celui qui le voit ne lui donne du sens que parce que cela s'inscrit dans un contexte. Le comportement du conducteur qui a mis son clignotant, selon sa vitesse et sa position, va se faire comprendre ou pas.

Lorsque que la règle cesse d'être une contrainte pour devenir un langage commun. Lorsque le jeune apprend à conduire il ne perçoit que la dimension contraignante du respect de la loi.

Le jeune doit apprendre à jouer le bon texte, celui qui va permettre au théâtre de la vie de se poursuivre. Exemple : à une intersection, lorsque 2 véhicules y pénètrent, une même règle de priorité est convoquée par les 2 protagonistes. Si l’un d’entre eux ne s’y réfère pas, ne joue pas le rôle de celui qui a la priorité ou de celui qui ne l’a pas, il amène de la confusion et l’accident peut survenir. C’est encore plus dangereux quand il s’agit d’une voie d’insertion et que les 2 conducteurs ralentissent parce que le conducteur prioritaire ne prend pas sa priorité.

Comprendre les règles tacites de circulation. Il est fondamental de saisir les codes de vie d'une communauté fussent-ils ceux de la société des automobilistes afin de s'y intégrer.

La première fois qu'il entre sur un carrefour à sens giratoire encombré, le jeune ne comprend pas le comportement des autres conducteurs. Il essaye de lire la situation en faisant référence aux règles qu'il a apprises alors que les autres automobilistes ne les respectent pas. Exemple : lorsque le clignotant n'est pas ou mal utilisé. L’éducateur va aider le jeune à comprendre des comportements (vitesse, trajectoires) qui se sont instaurés dans les habitudes de bon nombre d'automobilistes, au fil des années.

Apprendre à faire des choix. Dans l'attente de la possibilité d'entrer sur le giratoire, le jeune apprend à tenter sa chance, renoncer dans la seconde qui suit pour retenter à nouveau sans penser que cette succession d'états n'est pas une erreur mais simplement l'adaptation à une situation qui évolue.

Le statut de l'erreur auprès de ces jeunes, amalgamée à une faute, est terrible et les paralyse souvent dans leur progression. La faute mérite une punition alors que l’erreur suggère la réparation. La faute suscite des émotions extrêmement négatives alors que celles-ci sont la condition même de la possibilité du choix (l'erreur de Descartes d'Antonio Damasio) alors que la réparation de l’erreur, lors de l’apprentissage, c’est apprendre.

Le giratoire est un thème intéressant. En effet s'il nous a été présenté comme un aménagement facilitant la fluidité de la circulation, on s'est vite rendu compte qu'il favorisait la sécurité des usagers de la route. La raison à tout cela en est l'homogénéisation des attentes des conducteurs qui ont tous le même travail à faire en s'insérant sur le rond-point : Y accéder en cédant le passage à gauche et être prioritaire une fois entrés. Cette harmonie des attentes facilite la compréhension avec autrui et ainsi réduit le nombre d'accidents. Exemple : lorsque 2 véhicules se percutent, au moins un des 2 conducteurs n'a pas compris à temps la réalité de la situation. Ainsi la première cause d'accident n'est ni l'alcool, ni le cannabis, ni la vitesse, ni la fatigue... mais l’incompréhension entre conducteurs (l'alcool, le cannabis, la vitesse et la fatigue favorisant celle-ci).

Travailler sur la propension de certains jeunes tenant un discours à tendance paranoïaque : « Il a fait exprès de me gêner »

L'enseignant technique va attirer l'attention du ou de la jeune sur la réalité de la situation. « Tu es une jeune femme, c'est un homme plus âgé. Tu n'as pas encore ton permis, lui il l'a depuis longtemps. Il rentre chez lui, toi tu apprends à conduire » et de poursuivre : « Il est très différent de toi et même s'il est dans une voiture comme toi, il fait des choses différentes de toi. Il n'a donc pas les mêmes attentes que toi et il n'a tout simplement pas imaginé qu'il pouvait te gêner en s’arrêtant si prêt de ton véhicule. »

Autre discours tenu par le jeune : « Il ne veut pas me laisser passer ».

Lorsque la chaussée se rétrécit et que de nombreux véhicules se retrouvent coincés dans le goulot d'étranglement, des comportements agressifs se mettent en place. L'enseignant technique va montrer au jeune que c’est « l'affirmation de soi » qui lui sera bénéfique. C’est-à-dire une volonté affirmée sans agressivité va être le comportement le plus favorable à lui et aux autres : gérer la bonne distance avec celui qui précède ; ne pas rouler trop près pour ne pas montrer une agressivité qui va déclencher celle du voisin ; ne pas se laisser distancer mais au contraire, montrer sa volonté de poursuivre son projet, son chemin.

L'éducateur va aussi inciter le jeune à chercher à recueillir le regard de celui avec lequel il pourrait être en conflit. En effet, un regard échangé permet à l'humanité de reprendre sa place dans cet univers mécanique.

La fragilité du jeune, générée par sa condition d'apprenant, aggravée par les problématiques de sa condition de vie, lui fait voir le monde beaucoup plus hostile qu'il ne l'est réellement. Des expériences de conduite automobile positives sont des clefs qui vont lui permettre de s'ouvrir plus facilement aux autres.

Travailler à l'affirmation de soi par le biais de la parole. En prévention spécialisée, la parole du jeune est toujours recherchée et mise en valeur lors des leçons de code et de conduite mais aussi en dehors de la leçon.

Au cours de code les enseignants techniques se rendent compte des difficultés dues à la pauvreté du langage. La leçon de code utilise beaucoup de termes techniques mais nous remarquons également que des mots simples ne sont pas toujours compris. Au sein de nos auto-écoles nous n’hésitons pas à proposer des cours individuels à ceux qui sont le plus en difficulté. C’est un outil supplémentaire qui permet la construction de la relation éducative.

De plus, l’équipe des éducateurs a remarqué que les jeunes entretiennent la confusion des ordres.

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » (Pascal). De même que l’ordre du cœur n’est pas celui de la raison, il est « tyrannique » de vouloir prendre l’un pour l’autre. Mais ici, il ne s'agit pas de cantonner cet adage philosophique du génial Pascal dans une dialectique raison/passion mais au contraire de l'ouvrir à tous les ordres que nous côtoyons journellement. Ainsi l’ordre de la technique n’est pas celui de la loi, qui n’est pas non plus celui de la morale, qui n'est pas celui de l'éthique et qui n'est celui de l'amour (André Comte Sponville ; Le capitalisme est-il moral ?)

Il est très compliqué pour un jeune de savoir choisir une réponse selon un ordre ou un autre. Par exemple : Une jeune, gênée par des véhicules en stationnement roule sur une ligne séparant les voies de circulation. Elle se sent tellement en tension à rouler sur cette ligne qu’elle frôle les voitures stationnées. Entre respect de la loi et la sécurité elle ne sait pas choisir et ensuite ne saura pas mettre de mot sur cette situation. Exemple 2 : Cette même jeune à qui l’enseignant reproche l’oubli de son livret d’apprentissage, alors qu’il est obligatoire dans la voiture école, elle lui objectera que celui-ci ne rentrait pas dans le sac à main qu’elle avait choisi ce jour-là (confusion de ordres entre esthétique et légalité).

Nous commençons à travailler cette difficulté dès les cours de code. En effet les situations très concrètes posées sur les séries de test nous permettent d'aborder ces sujets. Malheureusement, du fait des dernières réformes du passage de l'examen de code, ces questions se font de plus en plus rares au profit de questions de connaissances de type encyclopédique sans raisonnement à mettre en place : de même que les aménagements sur les chaussées séparent les usagers, les nouveaux cours de code visant, soi-disant, à améliorer la sécurité routière suppriment la pensée.

Cette complexité génère chez beaucoup de jeunes une difficulté à s'exprimer oralement, surtout en compagnie de leurs pairs. Exemple : Un jeune qui osait à peine venir à l'auto-école parce qu’il redoutait d’être interrogé, a mis 4 ans pour se permettre de s'exprimer auprès d'un nouvel arrivant, l'aider et le conseiller : situation pour laquelle la Prévention Spécialisée l’a autorisé à prendre ce temps qui lui était utile.

En conduite, l’éducateur attache une importance particulière à ce que le jeune apprenne à mettre des mots sur ses actions. Lorsque le jeune vit sa vie en termes de manques : sans travail ; sans diplôme ; sans domicile ; sans ressources, la honte l’envahit. Très vite apparaît pour lui une grande difficulté à faire la différence entre ce qu’il est et ce qu’il fait. Cette confusion est terrible parce que chaque échec détruit le peu d’estime qu’il a de lui-même. Il faut lui apprendre qu’on peut être un « quelqu'un de bien » même si on ne réussit pas du premier coup.

C’est fondamental car le jeune ne s’engagera pas dans l’apprentissage s’il confond erreur et faute.

Dans sa façon de s’exprimer nous remarquons également la difficulté à exprimer le réel. Sous la pression du jugement de l’autre, le jeune ne s’exprime que sur ce qu’il devrait faire ou avait envie de faire et en aucun cas sur la réalité de la chose vécue. Il va aussi avoir du mal à restituer ce qu’il a fait dans sa chronologie quelques minutes auparavant, ne se souvenant que des propos de l’éducateur pendant la phase d’évaluation. Il est important que le jeune engrange des souvenirs mais il est également important qu’il se les remémore. C’est la condition nécessaire afin qu’il puisse se projeter dans l’avenir en réassociant de manière différente ses souvenirs. Nous prenons le temps de le lui apprendre.

Parallèlement, lors de sorties, de week-ends, de séjours mais aussi pendant la leçon, le jeune nous dit le plaisir qu’il a eu à aller loin du quartier. Ça lui change les idées, il se sent détendu.

Certains jeunes sont en grand danger. La leçon à l’auto-école leur permet aussi de sortir de chez eux, c’est la leçon « soupape de sécurité » parce qu'elle permet de s’échapper. Elle est souvent propice à se confier à l’éducateur, la leçon de conduite devient prétexte.

L’équipe croit énormément au fait que la consolidation de l’estime de soi est le moteur qui va permettre au jeune de réussir son permis de conduire et lui permettre de croire en ses capacités en l'avenir pour par exemple : décrocher un emploi stable.

S’engager sans avoir fait cette démarche au préalable est l’assurance d’une insertion peu pérenne et installe le jeune dans le « provisoire permanent ».

La relation aux institutions

La relation aux institutions se fait par l’intermédiaire de l’inspecteur du permis de conduire qui est le représentant de l’Administration.

Ce n‘est pas facile pour un jeune qui a échoué à l’école, qui ne possède aucun diplôme, qui sera peut-être le seul membre de la famille à posséder ce permis, d’affronter le regard de l’inspecteur. Nous lui apprenons lors de notre préparation à l’examen à mobiliser ses forces pour obtenir, au minimum, les 20 sur 31 points nécessaires à sa réussite. Il devra faire la part des choses, hiérarchiser les erreurs afin de se concentrer sur l’essentiel. L’erreur bénigne ne devra pas le déstabiliser au risque d’en faire une autre éliminatoire. Si ce travail et tout ce qui précède a bien été accompli, il saura s’il a réussi ou non son examen et surtout pourquoi. Ce sera un indicateur fort de notre réussite en tant qu’éducateur.

La gestion de l’argent est aussi un outil de la prévention. S’il est très important que le jeune paye sa leçon, il est non moins important que le prix soit très modéré. En effet, si celui-ci devait augmenter, cela changerait assez fondamentalement la relation entre l’adulte et le jeune. Celle-ci se transformerait en une relation commerciale. La position de client est une position qui installe la personne dans ce que les analystes transactionnels appellent « son enfant » également surnommé « le petit fasciste ». Cela fait ressurgir la toute-puissance de l’enfance alors que le travail de l’éducateur est d’accompagner le jeune vers l’âge adulte.

Aimer, ou la relation à bien faire, bien agir

« ARC- Les Équipes d’Amitié » est une association créée en 1949. Ses membres proposent leur amitié aux jeunes qu’ils rencontrent et leurs offrent une relation qui a pour vocation de les aider à grandir.

Il y a l’amitié des moments de plaisir ou de joie partagée, celle qui peut naître lors d’un séjour ou d’une sortie. Les enseignants techniques en proposent régulièrement comme toutes équipes de Prévention Spécialisée.

Il y a également l’amitié des « services rendus ». Les auto-écoles s’inscrivent dans cette logique mais font attention à permettre au jeune de rembourser sa dette vis-à-vis de l’association notamment en venant fêter sa réussite afin d’encourager les autres, ainsi ils rendent aussi service à l’Association.

Et puis, il y a celle de Montaigne et La Boétie : « « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Cette amitié pourrait s’appliquer à la « belle conduite », celle ou on fait les choses sans autre cause qu’elles-mêmes. Mais, peut-être faudrait-il encore plus de temps que nous en disposons actuellement ?

Comme toute équipe de Prévention Spécialisée, notre outil principal est la relation, relation au service de la construction du jeune. Et cet outil a la particularité, contrairement à l'outil industriel qui s'amortit en haut d'un bilan, d'être toujours en construction comme des dieux auxquels il faut faire, sans cesse, des offrandes pour qu'ils puissent exercer leur puissance. La construction et le maintien de la relation s'inscrit donc dans la longue durée.

Pour reprendre l'analogie industrielle, la relation est plutôt la "machine-outil" sur laquelle l'éducateur va « monter des outils » que sont les accompagnements, les sorties, les séjours, les chantiers, l'hébergement et d'autres qu'il faut savoir inventer en fonction des situations. L'apprentissage de la conduite est l'un de ses outils les plus puissants.

Le financement se porte donc sur l'outil de la construction de la relation, elle-même outil de tous les objectifs de construction de la personnalité du jeune. C'est là une particularité qui rend très compliquée son évaluation en termes d'objectif à atteindre. L'objectif à atteindre est par ailleurs une idée bien saugrenue quand il s'agit d'êtres humains.

Nous lui préférons une analyse par objectif qui privilégie la qualité du chemin au but à atteindre. Nous pouvons ainsi, comme le recommande le REMC (Référentiel à l'éducation pour une mobilité citoyenne), nous poser la question du pourquoi, du comment, des risques encourus, des influences ainsi que des pressions subies et permettre au jeune de s'autoévaluer.

Tout ce questionnement ne peut pas être produit par un simple bavardage avec le jeune. Il ne peut être mis en place que si on fait une activité avec lui, si « on fait avec » …

Franck Blanchet

 

 

 


Contact auto école


Journée d'accueil des nouveaux professionnels de la PS de Paris 2018

Quelques mots sur les retours (l'intégralité est en fichier pdf ci-dessous).

23 personnes étaient présentes (95% d’éducateurs, 5% de chef de service) le 12 octobre, parmi lesquelles 19 ont répondu au questionnaire d’évaluation. Nous avons accueilli un peu plus de femmes (53%) que d’hommes, 68% n’ont pas d’expérience antérieure en prévention spécialisée.

88% des répondants sont « tout à fait » ou « plutôt » satisfaits du contenu de la journée. Le déroulé de cette journée un vendredi, a majoritairement convenu, et les prochains accueils se feront ce même jour.

Parmi les propositions d’amélioration de l’organisation, celle qui ressort régulièrement est le besoin de plus de temps d’échanges entre les nouveaux professionnels, sur leurs pratiques, sur les fondamentaux de la prévention spécialisée (conforté par les 68% de « primo-arrivants »). Ce temps pourrait se substituer à celui de la présentation des associations, dont il a été relevé qu’elle est accessible sur internet (sur le site du CPSP notamment). De plus, une articulation des présentations des acteurs autour de cas pratiques, suggérée à plusieurs reprises, sera envisagée à l’avenir pour permettre plus d’interactions.

Parmi les thèmes non abordés, nous relevons principalement ceux du travail de rue, des principes fondamentaux de la PS et du travail avec les groupes.

Un grand merci à chacun pour vos contributions, qui permettront à cette journée d’accueil d’évoluer pour répondre mieux aux attentes des nouveaux professionnels de la prévention spécialisée de Paris.

 


Colloque adolescentes et prévention spécialisée 2018

Quelques éléments de vos retours (l'intégralité en fichier pdf ci-dessous).

Tout d’abord, un grand merci aux 138 participants au Colloque. Votre présence, votre participation montre, s’il en était besoin, la force d’implication des acteurs de la prévention spécialisée de Paris dans leur mission.

Parmi vous, 72 personnes ont pris le temps de remplir le questionnaire de satisfaction que nous vous avons distribué : 96% d’acteurs de prévention spécialisée, 62% de femmes, 59% d’éducatrices et éducateurs, 23% d’encadrantes et encadrants.

Côté organisation, les dates et horaires vous ont très majoritairement convenus (même si, de l’avis général, la journée comportait une intervention de trop). Nous renouvellerons donc nos évènements les vendredis autant que possible. Vous avez été informés par mail et/ou par un encadrant de votre service. La communication du CPSP à votre égard est encore très descendante, et nous tenterons de travailler sur ce point. A ce sujet, seulement 31 personnes ont suggéré des thèmes pour de prochaines journées et 17 des thèmes pour des groupes de travail. Le CPSP peut être un espace de renforcement de vos connaissances, de construction de vos pratiques, d’échanges, de propositions seulement si vous vous en saisissez. La Déléguée est disponible pour vos propositions, alors n’hésitez pas.

Majoritairement, le contenu comme les animations des interventions vous ont convenu « tout à fait » ou « plutôt ». La présentation de la construction identitaire des jeunes femmes issues de l’immigration a été plébiscitée à 85%. Par contre, la conférence inversée autour des stéréotype de genre dans nos pratiques n’a reçu « que » 64% d’avis favorables (de nombreux répondants auraient souhaité plus d’apports du conférencier pour faire évoluer leurs pratiques).

Vous jugez, majoritairement autour de 70%, ces interventions « utiles dans vos pratiques » « tout à fait » ou « plutôt ».

 


La newsletter décembre 2018

Ce mois-ci dans notre newsletter : 

  • les axes prioritaires des conventions de Prévention Spécialisée 2019/2022 (ici);
  • Nouvelles sociabilités, nouvelles socialisations : vers un travail de rue numérique (ici);
  • Ce qu'il s'est passé d'autre au CNLAPS (ici).

 

Bonne lecture!

 


Les axes prioritaires 2019/2022

Les nouvelles conventions liant les associations au Département de Paris pour la mission de Prévention  Spécialisée ont été approuvées par le conseil de Paris en novembre (vous trouverez la vidéo ici, à 3h46). Elles dureront 4 ans, et non plus 3. Cela laissera plus de temps à chaque équipe entre deux renouvellements.

Ces conventions doivent encore être signées par les associations, aussi nous ne vous proposons ici qu’un retour sur les nouveaux axes prioritaires définis par le Département. Voici donc la nouvelle liste :

1. contribuer par sa mission éducative à la protection de l’enfance ;

2. assurer une présence éducative et de référence d’adulte dans l’espace public ;

3. agir à l’encontre des différents processus de marginalisation et des points de ruptures tels que le
décrochage scolaire ;

4. développer des actions destinées à favoriser l’insertion et la réinsertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté ;

5. développer des supports et des espaces qui permettent de favoriser l’égalité homme/femme ;

6. interroger les transmissions identitaires et participer à une dynamique sur l’inter culturalité dans
les quartiers;

7. engager des relations avec les familles, favoriser et conforter l’autorité parentale ;

8. faciliter l’accès aux soins des jeunes et notamment porter une attention particulière aux risques d’addiction ;

9. concourir, par son action auprès des jeunes en grande difficulté et par des liens partenariaux, à la prévention de la délinquance et notamment aux manifestations violentes des jeunes sur la voie publique ;

10. alerter sur les évolutions sociales et sociétales de leurs territoires d’implantation ;

11. être vigilant aux évolutions des relations entre les jeunes notamment via l’usage des réseaux
sociaux.

Les points 2 et 11 sont nouveaux, tout comme l’attention particulière à porter aux risques d’addiction ainsi qu’aux manifestations violentes des jeunes sur la voie publique. Concernant ce dernier point, ainsi que sur le sujet des réseaux sociaux, les associations ont décidé de travailler conjointement, au sein du CPSP, sur un socle commun, qui sera décliné dans chaque structure.

 


Nouvelles sociabilités, nouvelles socialisations : vers un travail de rue numérique

Les 8 et 9 novembre se sont tenues les journées du Comité National de Liaison des Acteurs de la Prévention Spécialisée (CNLAPS). Elles ont, notamment, accueilli un atelier autour du « travail de rue numérique ». Avec l’accord des participants de cette table ronde, nous vous en proposons ici les grandes lignes.

Albert, dessinateur, nous a donné l’aimable autorisation de publier ses illustrations de ses journées.

La Moselle

Daniel Dose, directeur AIPS ; Anne-Laure Steyer, éducatrice AIPS ; Habib Bitat, coordinateur équipe de nuit APSIS-Emergence

Daniel Dose : qu’est-ce qui a amené ce besoin de travailler sur le numérique ? Une frange de notre public cible que nous n’arrivions plus à rencontrer. Le diagnostic nous a amené à penser que les plateformes numériques pourraient permettre de recréer le lien. Comment s’intéresser à ces nouveaux usages ? Ces usages viennent bousculer les éducateurs : vous appelez un jeune, il ne répond pas ; vous lui envoyez un mail, il ne répond pas ; vous le contactez sur Snap, il répond. Les jeunes ont peu de recul : ils utilisent les réseaux de façon naturelle. Comment on y va, la PS ? Certaines associations n’avancent pas à la même vitesse. APSIS-Emergence a avancé en premier en Moselle, mais les directeurs ont souhaité mettre le Département autour de la table. Lors de notre participation au schéma départemental, nous avons fait remonter ces observations. C’est inscrit comme axe de travail en Moselle, sur demande des associations.

L’organisation avec les équipes est encore en question : de droit, d’organisation… on a prévu un temps de « rue virtuelle » ou de « rue numérique » sur les plannings (en volume horaire, sur la base d’un volontariat). Très rapidement, il y a eu des questionnements de la part des équipes : on touche à une matière qu’on connaît peu en termes de relation éducative. Il a fallu préciser au Département qu’on avait besoin d’aller dans cette réflexion, mais pas seuls. Il existe un groupe départemental sur la virtualité, un directeur de PS étant co-animateur de ce groupe avec l’Aide Sociale à l’Enfance. On est au début de ce groupe de travail : une première réunion a permis de définir un cahier des charges / une nomenclature / une bonne pratique. Les réalités de la PJJ, d’une MECS… ne sont pas celles de la PS, mais on essaie de trouver des règles qui conviennent à tout le monde.

Quand on est sur les réseaux, quand est-ce qu’on réagit ? A quelle heure ? Nous avons choisi une règle : « Si vous êtes sur un temps de travail, vous répondez, sinon, vous ne répondez pas ». En interne, les professionnels ont un téléphone et un PC professionnel. On ne peut pas demander à un salarié d’avoir un compte personnel, même si quelques éducateurs ont du mal à passer de leur compte personnel au compte professionnel. Les questionnements qui sont vite arrivés sont comment faire évoluer des échanges très fonctionnels (like ou pas…) qui privent de l’échange vers des échanges avec un peu de recul. Comment les éducateurs vont reprendre ce qu’ils voient sur les réseaux ? On entre dans un espace un peu intime : les jeunes sont un peu chez eux, mais ils donnent à voir de cette intimité.

Il y a une nécessité à ce que la PS, qui de toute façon a investi cet axe partout sans trop définir de règles, fasse entendre aux conseils départementaux qu’elle doit y aller.

Habib Bitat : la rue virtuelle à APSIS-Emergence (Metz et Thionville). En 2010, je fais partie d’un club de PS qui décide de créer une page facebook du Club de prévention, sans nommer l’éducateur qui est derrière (juste l’équipe). Avec la fracture numérique, certains jeunes viennent voir notre page via le PC de la maison (pas encore de smartphone). Cette page a été lâchée en 2012 : les éducateurs étaient en relation avec les jeunes via leurs comptes privés. Les jeunes ont des smartphones, mais pas de numéro, et utilisent le WIFI public. En 2014, il apparaît clairement qu’il faut travailler cet espace. Certains jeunes n’étaient plus touchés par la PS : des jeunes dans leurs chambres, présumés en sécurité par leurs parents, mais ouverts au monde, livrés à eux-mêmes. Le rôle de sentinelle de protection de l’enfance de la PS est alors en jeu. Les réseaux, via des algorithmes, proposent des jeunes amis d’amis.

La posture éducative virtuelle a été discutée dans notre association. Certains éducateurs utilisaient leur profil privé, et étaient interpellés sur leur temps personnel. Avec l’AIPS, une fiche technique d’intervention sur les réseaux sociaux a été créée, basée sur les compromis entre les pratiques différentes des éducateurs. Certains éducateurs âgés, résistants au changement, ont eu du mal à entendre que ces espaces mettent les jeunes en danger.

Sur ces réseaux sociaux, on fait de l’investigation sociale : quand des partenaires recherchent des jeunes, cela nous facilite la communication. Certains jeunes montrent plus par l’image ce qu’ils sont que par le dialogue dans la rue. Certains parents attendent un accompagnement sur la question du numérique.

Anne-Laure Steyer : les jeunes sont en avance sur les réseaux. Facebook est devenu obsolète, sauf sur le fil d’actualité. On a dû se pencher sur Snapchat et Instagram. On peut avoir un Snap pro, qui facilite la communication avec les jeunes.

Daniel Dose : les règles sont une page professionnelle par éducateur, avec le nom, le prénom et l’association. Le téléphone professionnel est utilisé sur les horaires de travail. Tout n’est pas réglé vis-à-vis du droit. Nous travaillons avec un sociologue pour étayer le contenu (parentalité éducative avec le numérique, aider à l’inclusion sociale avec le numérique… quel impact de la présence d’un éducateur sur le numérique). L’AIPS a son siège dans un immeuble où existe une association de gaming. Il y a aussi des communautés sur les plateformes de jeux, utilisées par beaucoup de jeunes que la PS accompagne (10/15 ans majoritairement).

Conclusions : l’usage par les jeunes se transforme et il faut mettre en œuvre des démarches d’observation. Le travail avec le sociologue. La notion de posture éducative virtuelle : on peut s’inscrire dans une tradition de la PS, mais il faut redéfinir les règles de l’intervention. Importance de s’inscrire dans les schémas départementaux.

L’Hérault

Eva, éducatrice APS34 (Sète) ; Djamel, éducateur APS34 (Lunel)

L’association date de 2007. Elle a 10 équipes sur l’Hérault. Toutes les équipes sont dans le numérique avec les promeneurs du net. L’équipe de Sète avait pris l’initiative de mettre une page Facebook en place. L’hiver, il n’y avait pas un jeune sur le territoire et il fallait aller chercher les jeunes là où ils étaient. Les jeunes demandaient cette création aussi. L’une des particularités de Sète est que, à APS34, les éducateurs travaillent en binôme en rue. Il en va de même sur la rue numérique. En 2017, la CAF a demandé des promeneurs du net. On a pris le plus réticent des TS sur ce travail (l’intervenant -sic). Dès le début, un très grand engouement de ma part sur cet espace : j’y ai vu un réel prolongement du travail de PS. La démarche instaurait des permanences, mais j’ai préféré les faire « sauter ». On nous a demandé d’attendre les jeunes, je suis allé vers.

Les thèmes abordés avec les jeunes sont les mêmes que ceux abordés en rue (sauf la dimension justice qui n’est pas abordée sur les réseaux). On a évalué le public rencontré. Il y a une différence entre Lunel et Sète : à Lunel, plus du 17/25 ans alors qu’à Sète les contacts se font avec les plus jeunes. Il a fallu changer de réseaux pour toucher les plus jeunes à Lunel. WhatsApp est une communauté d’accès restreint. Snap est éphémère : dans les 24h après le post, on n’a plus de trace. Sur Lunel, de 2017 à 2018, on est allé de plus dans plus vers les algorithmes qui nous proposent des jeunes « amis d’amis » comme relation et permettent d’étendre notre réseau. Trois exemples concrets : un conseiller de pôle emploi avec lequel nous travaillons a un lien avec les jeunes sur Facebook. Je suis en discussion individuelle via Messenger avec un jeune qui n’ose pas retourner à pôle emploi puisqu’il a raté plusieurs rdv. En même temps, je parle du jeune sur Messenger au conseiller, qui accepte qu’il revienne en rdv. A la suite, je crée une conversation de groupe qui leur permet de prendre directement rdv. Autre exemple : la valorisation des chantiers éducatifs (chantier botanique avec l’ONF). Par notre profil Facebook, on publie souvent des photos du chantier, ce qui valorise le travail des jeunes et informe nos partenaires de ce que les jeunes font, et permet à des jeunes du territoire de découvrir cette modalité de travail. Dernier exemple : création d’un groupe « secret » Facebook avec des jeunes filles pour partir en séjour à l’étranger. Les situations de chacune (maman, étudiante, sans emploi…) ne permettaient pas de se voir. On est passé par Facebook, ce qui a permis à chacune de faire des recherches pendant son temps libre, de partager avec tous. On a pu le reproduire ensuite pour le bilan.

Commission numérique au sein de l’APS34 pour partager et échanger entre les territoires, évaluer la nécessite de développer autre chose. Tuilage avec les promeneurs du net : tous les mois, les promeneurs du net se réunissent, en temps pluridisciplinaire, avec des analyses de pratiques professionnelles. Points de vigilance : exigence de sureté et de sécurité dans l’espace numérique, comment se présenter sur Facebook, avoir une labellisation pour être repéré et reconnu (en Finlande, ils ont leurs propres réseaux sociaux), sur quelles plateformes et logiciel le travailleur social s’appuie ?

Conclusions : ce n’est pas un individu, mais une équipe qui investit un réseau. Partenariat numérique (pôle emploi…). Accompagnements collectifs vers des projets.

Et ailleurs ?

Bourges, ADSEA28, APSER (37) : groupe de travail sur les pratiques numériques à partir des Promeneurs Du Net. Bourges est coordinateur du dispositif après avoir été expérimentateur.

Sur la PS de Bourges, on est parti des pratiques des jeunes. On a toujours un regard négatif sur les réseaux sociaux, les jeux vidéos, les smartphones. Nous, nous avons proposé aux jeunes de parler de leurs pratiques et de leurs intérêts (via une pièce de théâtre et une vidéo). A la présentation du DVD, présentation des Promeneurs Du Net et demande de notre département d’installer cela dans le Cher, en s’appuyant sur la Prévention spécialisée. La CAF a voulu travailler avec tous les acteurs jeunesse. Un groupe de travail a ouvert avant de créer des profils : qu’est-ce qu’être présents ? au niveau juridique ? au niveau de la pratique professionnelle ? on a ouvert les profils professionnels ensuite. En 2014, sur Facebook (référence), puis vers les nouvelles pratiques numériques des jeunes. Engagement non pas des professionnels seuls, mais bien avec leurs institutions.

ADSEA28 : on a commencé par créer un profil Facebook en 2014, mais on s’est aperçu que cela ne suffisait pas. On a créé une chaîne YouTube pour valoriser les gens du quartier (recettes réalisées par les mamans filmées). On a créé une page twitter, mais pas dans un objectif de rencontre (plutôt de rayonnement, de visibilité). On a créé des profils Snapchat quand on a eu nos smartphones à Noël dernier. On s’adapte. Aujourd’hui, c’est beaucoup Snapchat. 85% des moins de 13 ans sont sur Snapchat. Facebook arrive en 4ème position des réseaux sociaux sur ces tranches d’âge.

APSER : on est dans l’apprentissage. La première question que nous nous sommes posée était liée aux principes de la PS. 4 questions :  quel type de rencontre à travers les réseaux sociaux (échange avec des jeunes sans les connaître : combien de temps rester « aveugle », comment transformer cette relation numérique en réel) ? quel principe de la PS dans cette relation (anonymat et libre adhésion) ? Quel mode d’évaluation à l’épreuve des réseaux sociaux ? quel enjeu pour la PS à travers le numérique ? A Bourges, avec les Promeneurs Du Net, l’association a eu une reconnaissance importante du politique. C’est un défi pour la PS !


Images réseaux sociaux


Les journées 2018 du CNLAPS

M. Noblecourt, Délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté a annoncé de nombreuses mesures pour lutter contre la pauvreté des jeunes. Notamment, il a annoncé 5 millions d’euros pour créer 1000 postes en prévention spécialisée… Calculatrice à l’appui, la salle lui a demandé des précisions… il s’avère que ce seront bien 5 millions (et non 50), mais pour créer 100 postes… Du soutien à la PS, donc, mais pas autant que nous l’aurions espéré…

 

Une table ronde sur la gouvernance de la Prévention Spécialisée nous a permis d’avoir la présentation des Groupements d’Intérêt Public (GIP) ainsi que des équipes en « régie directe » des Départements. Ces deux modalités sont intéressantes, mais une Présidente d’association nous a rappelé l’importance des administrateurs « issus du civil » dans l’histoire et l’inventivité de la Prévention Spécialisée.

Les collègues de Genève sont venus nous expliquer en quoi la Prévention Spécialisée française et la notion de cohésion sociale ont largement influencé la création des Travailleurs Sociaux Hors les Murs. En effet, malgré la forte croissance économique de Genève, on voit des tensions sociales liées à la cohabitation dans un contexte de mixité sociale. On assiste à des replis sur soi. Les jeunes en rupture de formation sont visiblement présents. Les TSHM se sont réunis au niveau professionnel pour essayer de construire leur fonction par le bas, autour d’une plateforme de TSHM. Ils ont commencé par adopter les principes de la PS de France. Cette plateforme a rédigé une charte pour mettre en avant ses missions de travail social et refuser la mission de surveillance .

 


Culture

Titre


Culture


Sensibilisation aux réseaux sociaux

70% des 12/15 ans et 90% des 15 ans et plus déclarent utiliser un ou plusieurs réseaux sociaux, d’après l’étude réalisée en 2016 par le centre Hubertine Auclert.   Le cyber-espace devient, en quelque sorte, un nouvel espace public sur lequel les jeunes (mais pas seulement!) se mettent en scène, exposent certains éléments de leur vie qui contribuent à renforcer ou modifier l’image qu’ils souhaitent être la leur auprès de leurs « amis » ou « relations ».

Les jeunes s’appuient sur les réseaux sociaux pour construire leur identité et élargir leur cercle de connaissances. Mais ces formidables outils de développement peuvent devenir la source d’ennuis rencontrés par les jeunes auprès desquels intervient la Prévention spécialisée : photo intime, gênante, rumeurs, usurpation d’identité, cyberharcèlement, ou, plus simplement, inconscience des conséquences d’une mise en lumière de sa vie privée sont autant de risque auxquels il est important de sensibiliser les adolescents et jeunes adultes.

E-enfance est une association, créée en 2005, reconnue d’utilité publique et agréée par l’éducation nationale. Ses acteurs interviennent dans les environnements des jeunes pour les sensibiliser aux risques liés à l’utilisation des réseaux sociaux. Ils informent et forment également les professionnels qui travaillent auprès de ces jeunes.

Quelques mots sur les retours des questionnaires de satisfaction. 59 personnes ont été recensées comme présentes (mais le pointage n'a pas pris en compte tout le monde), dont 59% d'éducateurs et 33% d'encadrants. L'assistance était composée à 63% de femmes. 

85% des personnes présentes ont été plutôt ou tout à fait satisfaites de cette intervention. Parmi les attendus, plus de débats ainsi que plus d'outils concrets de prévention des risques encourus par les adolescents utilisateurs de réseaux sociaux.

Pour la suite, vous êtes nombreux à attendre un groupe d'échange des pratiques avec des éducateurs travaillant déjà sur la rue numérique, mais aussi un groupe de partage d'expériences entre éducateurs parisiens mettant en oeuvre des projets en ce sens. 


E-enfance


Violence(s) à l'adolescence le 22 mars 2019

Les équipes de prévention spécialisée de Paris accompagnent environ 18.000 jeunes par an. Au sein de 10 associations (dont 9 sont adhérentes au Comité de la Prévention Spécialisée de Paris), ces équipes sont mandatées pour aller, au cœur de certains territoires, à la rencontre des 12/21 ans « en risque ou en voie de marginalisation ». Il revient à ces éducateurs de nouer avec eux des liens qui permettent d’entamer le travail éducatif pouvant les accompagner vers l’insertion sociale et professionnelle.

Parmi les problématiques rencontrées par ces jeunes, et particulièrement depuis trois ans, la violence entre groupes de jeunes est devenue prégnante. Certains sont décédés dans ces rixes. Elles sont source d’un sentiment d’insécurité pour la population (comme pour les protagonistes, bien souvent). Elles impactent les pratiques tant des jeunes (mobilité restreinte, expression dévoyée d’une certaine forme de virilité…) que des éducateurs (place à tenir lorsqu’on est informé, travail à faire pour accompagner les quartiers touchés, pratiques interterritoriales dans une mission territorialisée…).

Le Département de Paris a ouvert le 3 octobre des « Etats généraux des rixes » réunissant l’ensemble des acteurs, professionnels comme familiaux qui peuvent intervenir dans la vie des jeunes concernés. Les éducateurs de prévention spécialisée en ont fait partie et en sont toujours partie prenante. Le Département conduit des ateliers pour préparer une stratégie de prévention des rixes à Paris. Il a été demandé aux associations de prévention spécialisée de présenter, pour septembre 2019, un plan d’action visant à prévenir les rixes au sein des territoires sur lesquelles elles sont missionnées. 

Afin d’étayer le travail réalisé dans chaque association, le CPSP organise le 22 mars 2019, à l’Hôtel de Ville de Paris, pour les acteurs de la prévention spécialisée de Paris, un colloque autour de la violence à l’adolescence.

Parmi les intervenants présumés :

  • Laurent Mucchielli, au titre de ses recherches sur le sujet des bandes de jeunes,
  • Isabelle Rome, pour apporter aux éducateurs parisiens de prévention spécialisée le regard d’une juge des enfants, au titre de la protection de l’enfance comme au titre de la répression des actes délictueux commis,
  • Jean Chambry, pour apporter son regard sur la place de la violence dans le développement psychique des adolescents,
  • Une intervention reste encore à définir.


Formation à l'utilisation du FAJP le 15 février 2019

Carole Benveniste viendra présenter les objectifs du Fonds d'Aide aux Jeunes Parisiens, les dossiers à remplir avec les jeunes pour une demande, et échangera avec vous sur vos questions générales ou vos cas pratiques . Le lieu de la formation vous sera communiqué par mail (aussi veuillez indiquer une adresse mail que vous consultez régulièrement). Afin de permettre une fluidité des échanges, cette formation sera limitée aux 15 premiers inscrits. Pour toute question, vous pouvez vous adresser à moi (cpsp.deleguee@gmail.com). Sabine Toupet, Déléguée Générale du CPSP


La Nouvelle Rotisserie


Participation aux schémas parisiens

Basé sur une enquête mené auprès de ses membres en 2017, le Comité de la Prévention Spécialisée de Paris recense dans le document ci-après la contributaiton de la Prévention spécialisée aux schéma de protection de l'enfance, contrat de ville, contrat jeunesse (plan d'autonomie) et contrat de prévention et de sécurité. 


Violence(s) à l'adolescence 22 mars 2019

Le contexte parisien actuel de la recrudescence des rixes entre groupes de jeunes vient interroger les équipes de Prévention spécialisée dans leurs pratiques. Cette journée leur proposera des étayages sur le processus de l’adolescence et, lorsque c’est le cas, l’émergence de la violence pendant cette période. Programme complet ici

Marie-Rose Moro, Psychiatre, Psychanalyste, Directrice de la Maison de Solenn : Aimer les adolescents pour bien les accompagner et les soigner

Laurent Mucchielli, Sociologue : Violences et délinquances à l’adolescence : Evolution historique et caractéristiques actuelles

Isabelle Rome, Haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes au Ministère de la Justice, Magistrate : Juges et éducateurs à l’épreuve de la violence des jeunes 

Jean Chambry, Pédopsychiatre : Quand la violence émerge à l’adolescence

Inscriptions ICI.


La newsletter de mars 2019

Ce mois-ci la newsletter présente pincipalement les interventions qui auront lieu lors du colloque Violence(s) à l'adolescence de 22 mars 2019 : 

Marie-Rose Moro, Psychiatre, Psychanalyste, Directrice de la Maison de Solenn : 

Aimer les adolescents pour bien les accompagner et les soigner

Laurent Mucchielli, Sociologue : Violences et délinquances à l’adolescence :

Evolution historique et caractéristiques actuelles

Isabelle Rome, Haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes au Ministère de la Justice, Magistrate :  Juges et éducateurs à l’épreuve de la violence des jeunes 

Jean Chambry, Pédopsychiatre : Quand la violence émerge à l’adolescence

 

Bonne lecture!