Le conseil départemental de Paris a adopté le 16 décembre 2015 le schéma départemental de prévention et de protection de l'enfance pour 2015 à 2020.

Le bilan de l’action du précédent schéma présente, pour 2014, quelques grands chiffres pour la prévention. Ainsi, 25.2 millions d’euros ont été consacrés à la prévention dans les quartiers, pour 29 centres sociaux, 54 équipes de PS ayant été en lien avec 16.168 jeunes, et 437 jeunes accueillis par Paris ados services.

Ce schéma fixe les grandes lignes de la politique départementale de prévention et de protection de l’enfance pour 2015 à 2020. Il vise à « garantir la construction d’un projet d’insertion sociale et professionnelle pour chacun des mineurs et jeunes majeurs confiés à l’ASE de Paris », à accentuer les actions de prévention, à assurer la continuité des parcours, à renforcer les leviers du soutien à la parentalité. Sont ici présentées les principales orientations impactant la Prévention spécialisée.

Axe 1 : faire de la prévention des difficultés éducatives le premier pilier de la protection à Paris

« Le Département a souhaité, [dans le cadre du renouvellement des conventions,] objectiver (…) les besoins de chaque quartier et redonner lisibilité et sens à la géographie d’intervention des services de PS. »  Dans ce cadre, l’intensification des liens avec l’ensemble des partenaires et notamment les acteurs de l’ASE est attendue pour « sans remettre en cause les pratiques professionnelles, appréhender le plus largement possible les problématiques et éviter l’exclusion sociale et économique, les conduites à risques ou le basculement dans la délinquance des jeunes Parisiens les plus fragiles ».

La Prévention spécialisée est, dans cet axe, identifiée comme un acteur ressource pour renforcer les capacités éducatives des parents, par son « ancrage spécifique sur les quartiers populaires et une relation privilégiée avec les jeunes et leurs familles en risque de désocialisation ». Parmi les objectifs et actions de la fiche N°1, visant à mieux mobiliser les ressources d’un territoire en faveur des familles, on retrouve :

  • Conforter le rôle important des CST pour la bonne inclusion dans la dynamique territoriale des équipes de PS;
  • Valoriser le rôle des équipes de PS pour une plus grande cohérence des réponses en direction des familles et des enfants;
  • Actualiser le maillage territorial et réviser les conventions de la PS pour la période 2016/2019 avec les Mairies d’arrondissements et sur la base de données sociales objectives;
  • Pour des jeunes n’adhérant pas aux mesures ou pour les situations très complexes, systématisation des liens à l’initiative de secteurs ASE avec la PS et invitation aux synthèses chaque fois que nécessaire;
  • Consolider les CPPEF pour des regards croisés sur les situations familiales complexes, coordonner les interventions et généraliser des CPPEF thématiques avec invitation systématique de la PS;
  • Encadrer les échanges nominatifs par application notamment de la Charte spécifique et la définition du « référent pivot/contact » d’une situation familiale en PS et par centre social.

Si la PS n’est pas nommément associée à la Fiche N°5 sur la prévention des conduites à risque des adolescents, un regard attentif sera portée par le CPSP sur la « cellule de veille des phénomènes émergents » qui vise à « mener une réflexion face aux phénomènes émergents, notamment sur l’espace public (rixes, trafics…) ».  Nous serons également vigilants à l’association des équipes aux formations qui seront programmées sur ces sujets.

Au sein de la Fiche N°6 qui cible les actions pour mieux repérer et évaluer les situations de risque de danger dès les premières difficultés, on trouve le maintien des actions préventives des conduites à risques autour des gares, et notamment de l’action de l’équipe Nord Way d’Arc 75 sur la gare du Nord (p.3).

AXE 2 : Individualiser la prise en charge et diversifier l’offre

La fiche N°12 vise à proposer la meilleure orientation possible pour les préadolescents et adolescents de 12 à 15 ans. Dans cette fiche, on retrouve la nécessité de « réaliser des évaluations conjointes de situations de jeunes repérés sur l’espace public par les secteurs de l’ASE, et en particulier la PS ».

La fiche N°14 vise elle à adapter l’offre d’accompagnement de l’ASE aux besoins spécifiques des familles à la rue. Pour élaborer une action socioéducative en termes de prévention et de protection de l’enfance, il s’agira de « mobiliser les équipes de PS intervenant sur le Centre (CASP _ La Clairière) et à la gare du nord (Arc75 _ Nord Way). Il s’agira également d’élaborer un protocole partenarial dédié pour le repérage et la prise en charge dans le dispositif de protection de l’enfance des mineurs sur la voie publique.

AXE 6 : Créer les conditions de la réussite du schéma départemental

Le CPSP veillera à l’association de la PS à l’Observatoire parisien de la protection de l’enfance (ODPE), refondé par la fiche N°27.

La fiche N°28 vise à développer et animer une culture partagée par l’ensemble des professionnels concourant à la protection de l’enfance. Elle précise notamment qu’une vigilance sera maintenue, sur la place, au sein des CPPEF, de la PS. Elle incite également au « développement d’évaluations ou de suivis conjoints avec notamment la PS (concertations, synthèses…) ».

La déclinaison des actions prévues par ce schéma appellera toute notre attention : ce n’est qu’en précisant clairement la place de la PS dans la protection de l’enfance que nous renforcerons la perception de notre professionnalisme par les autres acteurs de cette politique publique. Cette crédibilité des éducateurs de PS est un élément essentiel au maintien de notre action dans les quartiers.