L’Universalis définit le michetonnage comme « une pratique de la prostitution pour une non professionnelle ».

Katia Baudry (2017) précise que "La MMPCR actualise la définition du michetonnage en le définissant comme : "le fait pour une personne vulnérable (notamment du fait de sa minorité et/ou d'un contexte de souffrance psychosociale et/ou de précarité sociale) de s'engager dans une conduite à risques, où la mise en danger de soi est liée à des relations sociales et affectives structurées par des transactions économico-sexuelles qui ne prennent pas la forme d'une rémunération d'ates sexuels tarifés, ou pas explicitement, ou encore, qui ne sont pas perçus comme tels (mais, par exemple, comme un "cadeau" valorisant, un "soutien", etc).

Ainsi, la michetonneuse est une adolescente, une mineure ne percevant pas l'acte de michetonner comme une pratique prostitutionnelle mais plutôt comme un moyen facile d'obtenir des biens de luxe (le plus souvent recherchés) et une reconnaissance non acquise auprès de l'entourage proche (famille, pairs). Ce sont des adolescentes fragiles ayant vécu le plus souvent une première relation sexuelle et amoureuse désastreuse voire violente. Leur estime de soi est fragilisée et les amène à vivre leurs expériences loin de leur milieu naturel et de prendre ainsi plus de risques car opérant sur des territoires inconnus avec des personnes inconnues. Dans cette situation particulière du michetonnage, cette mobilité et ces expériences exposent l'adolescente à des risques sanitaires, sociaux pouvant engendrer des ruptures avec la famille, le quartier, les pairs."

Cette pratique, qui semblait relativement circonscrite au sein du territoire parisien, semble s’étendre et toucher des jeunes de plus en plus nombreux dans les quartiers sur lesquels intervient la Prévention Spécialisée.

Ce groupe de travail s'est réuni au cours de l'année 2018/2019 afin de mieux comprendre le phénomène, accompagné Hélène David, Directrice de la Consult'Sexo d'Oppélia Charonne (plus d'infos ici). Il proposera lors du colloque du 12 octobre 2019 de découvrir et d'appréhender des outils éducatifs qui permettent de libérer la parole des jeunes sur la sexualité et la vie affective.