Le Ministère de la Ville a mené en 2016 une expérimentation pour renforcer la présence des adultes dans les quartiers prioritaires le soir, le week-end et durant le mois d’août. Cette démarche à l’intention des 14/25 ans en risque de rupture ou de marginalisation dans les quartiers politique de la ville a été menée avec le CNLAPS et la CNAPE notamment.

Retrouvez ci-dessous les principales préconisations du guide pour renforcer la présence des adultes dans les quartiers prioritaires (quartiers politique de la ville) le soir, le week-end et au mois d'août. 

  • Etablir un état des lieux au préalable, car les créneaux varient en fonction des équipements, des territoires, des besoins exprimés par les habitants et les associations locales. Le public visé étant les 14/25 ans, il est préconisé de co-construire avec eux l’offre envisagée, ainsi qu’avec l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs. Parmi les acteurs à mobiliser, on trouve les agents des services municipaux, les centres sociaux, les associations locales, les équipes de prévention spécialisée (pour « leur professionnalisme et leur expérience, indispensables en matière d’actions à destination de la jeunesse) et de médiation sociale. Les locaux à mobiliser pour organiser des actions sont les locaux communaux (piscines), les établissements scolaires du premier et du second degré, ainsi que les locaux de pied d’immeuble.
  • Repérer les freins à surmonter, et notamment les questions juridiques et organisationnelles (ne pas mettre en péril des actions déjà efficientes en réaffectant sur d’autres horaires certains agents) de travail en soirée et le dimanche pour les agents municipaux ainsi que les questions financières afférentes. Il s’agit également d’assurer un encadrement pluriel et expérimenté, notamment dans l’accompagnement d’un public jeune, surtout dans un cadre peu formel.
  • Elaborer une stratégie locale : « la mise en œuvre de l’élargissement des horaires constitue, avant tout, un choix politique de la collectivité. La commune doit se donner les moyens d’organiser le pilotage politique et technique de cette action ». Pour répondre à ce choix, il faut déployer sur le terrain des équipes issues de milieux professionnels différents.
  • Créer une offre attractive et adaptée aux différents publics : pour cela, il faut recueillir les attentes et examiner les besoins, proposer des activités auxquelles le public n’aurait pas pensé, en s’appuyant sur les conseils citoyens ou de de quartier, sur les associations qui accompagnent les jeunes. Ensuite, l’information sur l’offre d’activités est essentielle : « l'intérêt des actions réside d’abord dans leur capacité à mobiliser les publics cibles, puis à leur offrir la possibilité d’intégrer une démarche de (re)socialisation, selon les besoins de la personne, allant bien au-delà d’une activité occupationnelle (…) Au-delà de cette offre d’activités en horaires décalés, la présence de professionnels de l’animation et de la prévention spécialisée peut permettre le développement d’un travail d’écoute et de dialogue ».

Cette démarche ne vise pas à « innover pour le plaisir d’innover, mais pour créer plus facilement les conditions d’un dialogue, notamment avec les jeunes (…) Le gage de réussite de telles actions réside dans son caractère pérenne et sa combinaison avec une offre existante ».

D’ores-et-déjà, nous pouvons indiquer, à Paris, la mise en place de médiations nomades par l’association du même nom (voir ici). Leur camping-car va être installé à plusieurs reprises dans le 19ème arrondissement, avec le soutien de l’association OPEJ, acteur de Prévention spécialisée sur le territoire concerné. Les associations intervenant sur les territoires politique de la Ville pourront être amenées à participer à d’autres initiatives de ce type.